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CHAPITRE IV

SUITE DU PRÉCÉDENT

Guerre de César et de Pompée. — Les provinces prennent parti pour César. Lois du dictateur; il projette une réorganisation du monde romain.

Enfin commença, dans l’hiver de l’année 705 de Rome, quarante-neuvième avant J. C-, cette guerre civile qui contenait le germe d’une si grande révolution politique et sociale. César y recueillit ce qu’il avait semé. II vit tout aussitôt la Cisalpine se déclarer pour lui; une partie de i’Illyrie en fit autant 1 2 * ; l’Épire, l’Ëtolie, et successivement la Thessalie et la Macédoine, travaillées par des amis ardents, passèrent à sa cause 4 , sous les yeux mêmes de Pompée, qui occupait la Grèce. L’Asie et la Syrie, entraînées un instant dans le parti contraire, l’accueillirent bientôt comme un libérateur. C’est qu’il pouvait dire à la plupart de ces

1. Cæs., Bell. cte.,in. — Cicer., ad. Atl ., vin, 16. — Dion., xli Appian., Bell, civ., il.

2. Menedcmus, princeps earum regionum, omnium suorum excellons

studium profitebatur. Cæs., Bell, cw ., ni, 34. — Petreius, summæ

nobilitatis adolescens, suis ac suorum opibus Cæsarem enixe juvabat. Id. 35. — Appian., Bell, civ., 11 , 70,71, 88.

nations ce qu’il dit un jour aux Espagnols : « Je vous « ai rendu tous les services que j’ai pu; mon patro- « nage ne vous a jamais manqué; je me suis fait « votre avocat devant le sénat ; j’ai soulevé contre moi « bien des haines en défendant vos intérêts publics et « privés; et vous me combattez '!...»

Sa conduite, dans tout le cours de cette guerre, fut habile autant qu’humaine ; il adopta envers les provinciaux et les rois alliés un système de ménagement et de douceur qui ne se démentit que rarement, et qui contrastait avec l’insolence et les rigueurs gratuites dont le parti pompéien semblait au contraire se faire une règle et une gloire 1 2 * * 5 . Il tenait la main à ce que ses officiers réprimassent la licence du soldat; luimême se montrait impitoyable envers tout chef dont les excès eussent compromis sa cause : « Tu n’as pas « fait moins de mal à moi qu’à la république, » disaitil à un de ses tribuns qui, sous le prétexte d’enlever des blés, avait pillé la côte de Sicile; et il le cassa ignominieusement, en présence des légions rassera-

1 . Concione advocata, commémorât : quæ potuisset bénéficia largitum esse... patrocinio snscepto, multis legationibus in senatum inductis; simul pnblicas privatasque causas multorum inimicit'is susceptis défendisse. Cœs., Bell, hisp., 42.

2. Cæs., Bell, civ., m, 32, 33. — Bell, afr., 20. — Sermones mi-

naces, inimicos optimatium, municipiorum hostes, meras proscrip-

tiones, meros Sullas. — Cicer., ad Alt-, ix, 11 ; Cf., vm, 10; îx, 9,

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