Tacit., Hist., m, 47. — Strab., xt
6. Plin., vi, 5. — Cf. Heeren, De la politique et du commerce des nations de l'antiquité , trad. fr., Paris, 1830.
5. Ingens naturæ opus, montibus interruptis repente, ubi fores obditæ ferratis trabibus... ibi loci, terrarum orbe portis discluso. Plin., VI, 12.
L’Arménie, située au midi du Caucase, recevait ses rois de la main des Romains*. Ménagée par les premiers empereurs, la fragile couronne fut brisée par Trajan, qui réduisit le pays en province ; mais Adrien la restaura. Pressés entre l’empire des Césars et celui des Arsacides, et entraînés souvent dans leur conduite politique par la nécessité d’un voisinage doublement redoutable, les Arméniens se faisaient accuser à Rome de perfidie et d’inconstance*. Néanmoins, les habitudes romaines se propageaient rapidement parmi eux. Tigranocerte, grande cité peuplée de Grecs et d’Occidentaux de toute province, et rivale d’Àrtaxata pour l’importance, représentait au sein de ce royaume l’esprit cosmopolite de l’empire, et servait de centre d’assimilation politique.
En quittant l’Arménie du côté de l’ouest, on entrait dans l’Asie Mineure. Rien n’était moins homogène que la population de cette grande presqu’île. Aussi haut qu’on puisse remonter dans l’histoire, on la trouve occupée par deux races puissantes qui s’en disputent la domination : la race phrygienne, qui, répandue sur tout le plateau central, se prolonge aussi vers le nord, et la race carienne, qui tient le littoral