‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 43 sur 229 · Spanh., ex · texte numérisé non relu

Spanh., ex

2. Consulter Heeren : De la politique et du commerce des peuples de l’antiquité , I , i'« sect., ch. i, 2, et le traité du même auteur, De linguarum asiaticarum in Persarum imperio cognatione et varietate. Comment. Societ. Gott., Kl.

l'agriculture et les demeures fixes; en Babylonie, elle fonda la ville la plus magnifique de l’antiquité ; sur les côtes de la Phénicie, elle construisit les premiers ports, et équipa des flottes qui lui assurèrent le commerce du monde. Un peu au delà du Tigre finissaient la langue et la race d’Àram ; à partir de là, vers l’orient, s’étendaient les langues et les nations de la Perse, qui appartenaient à une tout autre branche de l’espèce humaine.

L’empire romain ne posséda jamais en entier le territoire araméen. A l’époque d’Auguste, il s’arrêtait au cours de l’Euphrate, et ne s’avança que plus tard, et encore temporairement, jusqu’au Tigre. LesParthes occupaient la Babylonie et la Chaldée. L’Arabie se maintenait indépendante : ce fut Trajan qui en soumit une partie à la domination de Rome.

La Syrie, réduite en province, était réputée la plus riche contrée de l’empire. Les descendants des Séleucides, relégués à Samosate, ne régnaient plus que sur le petit mais fertile canton de la Comagène ; Tibère supprima bientôt ce royaume, toléré par pitié pour une race antique et illustre. Antioche, métropole de la province et résidence des gouverneurs, était la Rome de l’Orient; ses théâtres, son cirque, ses initiations mystérieuses et les fêtes voluptueuses de Daphné y attiraient un immense concours d’étrangers, et pourtant elle n’avait point encore atteint son plus haut de-

gré de splendeur. Emèse, située près de l’Oronte, renfermait un temple fameux où l’on adorait le soleil sous l’emblème d’une pierre noire 1 2 et sous le nom d’Elagabal, le Dieu de la Montagne; ce temple devait fournir un jour un empereur au monde romain*. D’autres Césars 3 devaient sortir de Tadmor, la ville des palmes, que les Romains appelaient Palmyre, et dont les Orientaux attribuaient la fondation au roi hébreu Salomon 4 5 . Du temps d’Auguste, Palmyre, située dans le grand désert de Syrie, au milieu d’une oasis plantée de palmiers, servait de station aux caravanes qui commerçaient avec l’Asie centrale, et passait déjà pour une ville riche®, bien que l’époque de sa plus grande prospérité ne soit arrivée que deux siècles plus tard. Elle était alors à peine romaine 6 , mais ménagée par les Romains, à cause des Parthes. Du reste, elle conserva assez longtemps sa constitution intérieure, où dominait une aristocratie à la fois marchande et militaire, et où la religion protégeait le commerce 7 . Telles étaient la ferveur religieuse des Sy-

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