Joseph., Ant. jud., xu, 1, 2; cont. Apion
les Romains leur conservèrent cette autonomie qu’ils tenaient des Ptolémées et des Séleucides 1 .
Telle était la condition des peuples de race araméenne compris dans l’empire.
L’Égypte, comme au temps des Pharaons, se partageait en trente-six nomes ou départements, subdivisés eux-mêmes en toparchies *. Malgré les révolutions qui avaient bouleversé le pays depuis des siècles , malgré la conquête étrangère, le mélange des Grecs et l’administration éclairée des rois Lagides, peu de choses avaient changé dans la langue, dans le caractère, dans la vie de ces populations, dont la religion réglait toutes les habitudes, et que leur organisation par castes avait enchaînées sous une hiérarchie puissante de prêtres. L’Égyptien, travaillé par un esprit de superstition, ardent jusqua la férocité, et assez indifférent, il est vrai, au sort de ses maîtres 3 , s’occupait surtout de ses querelles religieuses, qui, dégénérant en émeutes, ensanglantaient fréquemment la contrée. Les Romains redoutaient ce fanatisme et cette indifférence plus encore que l’opiniâtreté du Juif ou l’humeur âcre et railleuse du Syrien, devant qui rien ne trouvait grâce, ni gouverneur, ni empereur, ni loi.