‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 48 sur 229 · Dio., U · texte numérisé non relu

Dio., U

de villes, principalement dans la grande et magnifique Alexandrie, qui renfermait trois cent mille personnes libres et peut-être autant d’esclaves. Depuis qu’ Athènes avait cessé d’être le siège principal des lettres et des arts, la nouvelle capitale de l’Égypte, placée dans une situation admirable qui la rendait dépositaire du commerce du monde, devint le rendez-vous des littérateurs et des savants de la Grèce. Les Ptolémées, protecteurs des lettres, y fondèrent la bibliothèque la plus fameuse de l’antiquité 1 2 3 ; et cet immense dépôt, détruit en partie pendant la guerre de Jules César contre les Alexandrins’, venait d’être restauré par Antoine au moyen de deux cent mille volumes enlevés à la bibliothèque de Pergame *.

Ces individualités orientales, si prononcées, avaient donc un lien commun qu’elles devaient aux conquêtes d’Alexandre ; ce lien, c’était la langue et la littérature des Hellènes. Le grec était là l’idiome des classes élevées, celui de l’intelligence et des besoins moraux. On n’y apprenait guère le latin que par nécessité, comme la langue officielle du gouvernement, dans laquelle les actes de l’autorité publique étaient rédigés, et qu’un citoyen romain ne pouvait point ignorer, sous peine

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