‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 55 sur 229 · Strab , ni · texte numérisé non relu

Strab , ni

2. Qui præsertim (Q. Metellus Pius) nsque eo de suis rebus scribi cuperet, ut etiam Cordubæ natis poetis, pingue quidd&m sonantibus atque peregrinuin, tamen aures suas dederet. (Cic., pro Arch., 10.)

de génie cet homme vraiment grand transporta en Espagne le gouvernement, l’administration, les lois de sa patrie : pendant cinq ans, tout fut romain au midi des Pyrénées, et librement romain : magistratures, tribunaux, armée. Des professeurs de toutes les sciences, appelés par lui d’Italie et de Grèce, fondèrent à Osca un vaste gymnase où la jeunesse espagnole vint se presser, attentive et studieuse, vêtue de la robe prétexte, portant au cou la bulle d’or, au doigt l’anneau, modelée en tout sur la jeunesse romaine. Sertorius assistait souvent lui-même aux leçons, encourageant les élèves et distribuant des récompenses 1 . Les autres branches de l’administration étaient appliquées et reproduites avec la même intelligence et pour le même résultat. Cinq ans de ce régime remuèrent profondément les nations ibériennes, et quand Auguste voulut les visiter et les organiser par lui-même, il les trouva habituées à la domination de Rome, et déjà presque assimilées, à l’exception des Cantabres et des Astures, qui durent pourtant se soumettre enfin comme les autres.

Du temps de Néron, la Tarraconaise comptait cent soixante-dix-neuf villes, dont douze colonies, treize municipes de citoyens romains , dix-huit du droit latin, une ville fédérée et cent trente-cinq tributaires.

J. Plut., inSertor,

Celles de la Bétique étaient au nombre de cent soixante-quinze, savoir : neuf colonies, huit municipes du droit romain, vingt-neuf du droit latin, neuf villes libres ou fédérées, et cent vingt tributaires.

La Lusitanie en renfermait quarante-cinq, composées comme il suit : cinq colonies, un municipe romain, trois municipes latins, et trente-six villes tributaires *.

Yespasien accorda à tout le pays le privilège latin *: c’était proclamer ses progrès sociaux; les empereurs qui suivirent eurent peu de chose à faire pour compléter l’œuvre.

Voilà ce qu’était l’Espagne au temps d’Auguste; quant à la Gaule, j’en ai parlé ailleurs avec trop de détail pour y revenir ici. Je dois rappeler seulement à mes lecteurs que si le travail d’assimilation ne faisait que commencer dans les provinces chevelues, conquises par César, il était tout aussi avancé dans la province Narbonnaise qu’en Espagne, et que cette situation favorable était due à trois causes réunies : le long exercice de la puissance romaine dans le midi de la Transalpine; l’action de colonies nombreuses fixées dans le voisinage de la Méditerranée; enfin l’influence de Massalie, ou Marseille, an-

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