Dionys. Hal., Ant. rom., v, 20. — Plut., Public
3. Tit. Liv., i, kl). — Denys d'Halicarnasse, Ant., iv, 22, en compte 84,700 d’après les tables des censeurs, et Eutrope i, 71, 83,000.
bissait la loi qui pèse sur toute société : ses membres se divisaient en classes; il se créait au milieu d’elle une aristocratie qui devint par l’hérédité le premiei pouvoir politique. Le gouvernement s’y modela d’abord sur celui de la plupart des États voisins : il fut monarchique, avec un sénat et une assemblée du peuple dont l’action était reconnue nécessaire dans certains cas. La royauté, investie d’une autorité modératrice, maintint quelque temps l’équilibre entre le peuple et la noblesse; mais affaiblie par les attaques du patriciat, qui grandissait chaque jour en puissance, et enfin devenue odieuse à tous par les crimes des derniers Tarquins, elle tomba, laissant le gouvernement tout entier entre les mains des patriciens.
La révolution consulaire ne fut point favorable aux progrès de l’association romaine, qui marchait jusqu’alors si rapidement et si largement. Tandis que les rois avaient travaillé, à l’envi l’un de l’autre, à multiplier le nombre des citoyens, la république aristocratique sembla tendre tout d’abord à le restreindre. C’était son intérêt sans doute, dans une vue de domination sur le peuple, dans la vue de réduire, par exemple, le plébéien romain à la condition du client étrusque. Pour cela, il fallait arrêter l’agrandissement indéfini de l’État, maintenir la ville dans des limites médiocres, principe observé par toutes les oligarchies
anciennes ; il fallait surtout prévenir les perturbations, toujours vives, qu’apportait dans le balancement des forces politiques l’introduction soudaine d’une foule de nouveaux citoyens *.
On vit donc, dès les premiers jours du gouvernement consulaire, les adjonctions collectives de citoyens cesser tout à coup, et ne se reproduire plus qu’à de longs intervalles, dans des circonstances rares et en quelque sorte exceptionnelles. Le témoignage des faits historiques est confirmé en cela par les chiffres mêmes des dénombrements. Ainsi le cens qui avait suivi l’expulsion des rois, celui de Valérius Publicola, en 246, avait donné cent trente mille citoyens en âge de puberté*, non compris les pères sans enfants, les pupilles, tous ceux enfin qui, suivant l’institution de Servius, ne devaient point figurer au rôle censorial 1 2 3 : le rôle de l’année 278 ne présenta plus qu’un chiffre de cent dix mille citoyens 4 , que le recensement de l’année 288 réduisit encore à cent quatre mille deux cent quatorze, et qui ne remonta en 295 qu’à un peu plus
1. Par exemple, l’admission de bandes de Véiens, de Capénates et de Falisques, après le sac de Rome par les Gaulois. Tit. Liv., vi, 4.