Dionys. Hal., Ant. rom., ix
de cent dix-sept mille*; et pourtant Rome, pendant ces cinquante années, fut livrée à des guerres continuelles avec ses voisins. Évidemment le système politique avait changé ; ce que cherchait le gouverne ment consulaire, ce n’était plus l’accroissement de la cité, mais sa domination au dehors. Les guerres même? prirent un caractère plus marqué d’injustice et d’acharnement. Tout paraissait avoir été habilemen* calculé pour détourner le peuple romain des voies de sa véritable grandeur, pour élever autour de lui une sanglante, une infranchissable barrière de ressentiments et d’inimitiés.
Mais le bon sens plébéien aperçut le piège et sut en partie l’éviter. Malgré les haines que durent provoquer à la longue, de part et d’autre, ces guerres sans fin, la masse du peuple romain ne renia jamais sa vieille sympathie pour l’étranger vaincu ou devenu ami. L’histoire nous la montre réclamant sans cesse en faveur de ses alliés des traitements plus doux et des droits plus étendus, ou protégeant contre l’avarice et la dureté des magistrats les nations soumises par ses armes a . Toutes les fois que dans les luttes intérieures de la république l’esprit plébéien devient prédominant, la condition des étrangers s’améliore