CHAPITRE III
SUITE DU PRÉCÉDENT
Césars espagnols : Trajan ; il recule les frontières de l’empire. — Adrien ; ses institutions ; il fait Védit perpétuel. — Marc-Aurèle Antonin; il fait Védit provincial. — Césars africains : Septime Sévère; sa prédilection pour l’Orient; il prépare le nivellement général des provinces. — Antonin Caracalla. — Constitution qui porte son nom. — Unité politique du monde romain.
Le Crétois Nerva ne fit que passer sur le trône des césars, où le hasard tout autant que son mérite personnel l’avait porté. Pour s’y fortifier, il s’empressa d’adopter Trajan, que ne rapprochaient de lui ni liens de parenté, ni vieille affection 1 , mais que la voix publique proclamait le plus capable et le plus digne.
Trajan, né à Italica en Bétique, de parents espagnols 2 , était effectivement, à cette époque, le personnage le plus considérable de l’empire. Absent au moment de son adoption, il exerçait, de loin comme de près, une autorité morale tellement incontestée que son nom suffit pour réduire à l’obéissance les