Hispanus, non Italus erat, nec Italicus. Dio, ibid
prétoriens en pleine révolte 1 . Mais sans considérer même la beauté du caractère ou la grandeur du génie, qui légitimaient assez le choix du nouveau César, sa haute fortune ne surprit personne : ce n’était pas un fait isolé et accidentel que l’apparition d’un Espagnol aux affaires, que son élévation aux premières dignités de l’État.
Il y avait alors trois cent vingt ans que Rome s’était établie au midi des Pyrénées; et, par des causes déjà exposées dans un chapitre précédent*, la civilisation qu’elle amenait avec elle s’y était naturalisée promptement. La race ibérienne, remuée à fond, pour ainsi dire, et mûrie par les guerres civiles de ses maîtres, se jeta, depuis l’époque d’Auguste, avec une ardeur infatigable, dans la vie romaine. Accourus de tous les points de leur presqu’île pour chercher fortune en Italie, les Espagnols entrèrent partout, furent heureux partout. Ils brillèrent dans le sénat, dans les magistratures publiques, dans les armées, dans les conseils du prince ; ils brillèrent aussi dans les lettres. Ces écoles de Cordoue qui avaient excité le sourire dédaigneux de Cicéron, moins d’un siècle après fournissaient à la prose latine un rival de ce même Cicéron , et à la poésie un successeur, sinon un rival de Virgile. Bien plus, le goût ibérien, avec ses qualités et ses défauts également