Niai simul cogaationis jura iiupetrassent. (Id. ibid
donc à l’insfant même se briser autour de lui tous les liens de famille ; ses parents naturels cessaient d’être ses parents aux yeux de la loi*, et il fallait qu’un privilège vint à son secours pour le rendre capable, ou de recueillir leur succession, ou de leur transmettre la sienne.
Trajan abolit cette distinction; il voulut que la condition des nouveaux citoyens devînt, en toute chose, identique à celle des anciens 8 . Il y avait là assurément humanité et justice; mais il y avait aussi infraction à la loi civile, atteinte grave à la constitution de la famille quiritaire. Cinquante ans plus tôt, du temps de Claude, par exemple, on eût sans doute crié beaucoup; le vieux patriciat encore debout eût réclamé au nom des règles inflexibles et des fictions du droit national ; mais le patriciat avait à peu près disparu ; et, quant au droit national, il s’effaçait chaque jour, en ce qu’il avait de trop exceptionnel ou de trop rigoureux , devant le progrès des doctrines d’équité et les conquêtes de la raison universelle.
Trajan aimait la guerre ; en Occident et en Orient, il recula les bornes de l’empire. En Occident, il conquit la vaste province de Dacie, bâtit des forts, ouvrit des routes militaires au delà du Danube, et y trans-
1. Civitasque romans instar erat odii, et discord i® et orbitatis, Plin., Panegyr., 37.
S. Ibid., 38, 39, 50.
l'AHLE ü DE L’EMPIRE ROMAIN.
planta une telle multitude de colons romains que le latin y resta la langue usuelle. En Orient, il resserra les anciennes alliances avec les royaumes du Bosphore et du Caucase; il réduisit en provinces l’Arménie, qui s’était laissée dominer par les Parthes, et l’Arabie , qu’il traversa, les armes à la main, jusqu’aux rivages de l’océan Indien. La Mésopotamie et l’Assyrie, démembrées de la monarchie parthique, furent également réunies au territoire romain. Enfin les Parthes euxmêmes, après avoir vu leurs principales villes ravagées, subirent la loi du vainqueur et reçurent un roi de son choix’. Le trône d’or où siégeait le monarque superbe de l’Asie fut transporté à Rome et conservé comme une curiosité glorieuse 1 2 . Ce fut l’apogée de la grandeur de l’empire ; et il fallait remonter au premier césar pour rencontrer un nom qui ne pâlit point à côté du nom de Trajan. Rome alors ne dut pas se repentir d’avoir fait de l’Espagne une terre romaine , puisque ce fut une main espagnole qui posa le dernier terme de sa puissance, et qui effaça, par une réparation plus réelle que celles d’Auguste et de Tibère, les souvenirs encore vivants de Crassus et de Yarus.
Trajan prit pour successeur Adrien, son parent, né comme lui à Italica, et comme lui de souche ibé-
1. Dio, lxvii, 30. — Spart., Adrian.,3 . — Voy. les médailles du règne de Trajan.