‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 79 sur 229 · Spart., Adrian., 7. — Bist., August. éd. Salm · texte numérisé non relu

Spart., Adrian., 7. — Bist., August. éd. Salm

rienne 1 . Le jeune Espagnol avaitapporté à Rome l’accent de sa province si fortement marqué, que le sénat ne put s’empêcher de rire la première fois qu’il l’entendit lire, en qualité de questeur impérial, un discours du prince*; Adrien se vengea bien de ses moqueries, en devenant un des orateurs les plus distingués et un des meilleurs écrivains de son temps. Si Trajan, type de l’héroïsme hispano-romain, peut occuper une place à côté de César, celle de son successeur se trouvera près d’Auguste, dont il n’eut point d’ailleurs la cruauté, et qu’il surpassa en lumières.

Porté à la paix, quoiqu’il connût parfaitement la guerre 3 et qu’il fût aimé du soldat, Adrien ne conserva des provinces conquises par Trajan que la Dacie et une portion de l’Arabie, renonçant aux territoires enlevés sur les Parlhes, comme trop difficiles à garder, et rendant aux Arméniens leur demi-indépendance sous leurs rois. Cet abandon qui faisait reculer le dieu Terme, contrairement à la politique constamment suivie par le gouvernement romain et sanctionnée par la religion, on l’attribua à un secret sentiment de jalousie contre son prédécesseur, accusation vraie en partie ; mais, indépendamment des intentions ca-

1. Eutrop., Adrian. — Spart., Adrian., 2. — Dio, lïix. — Aurel. Vict., Epit.

2. Quum orationem Imperatoris in senatu agrestius pronuntians risus esset. Spart., Adrian., 2.

8. Dio, lui. — Spart., Adrian., 3, 5, 7. — Aurel. Vict., Epit.

chées, la mesure s’expliquait aussi d’elle-même par le caractère prudent d’Adrien et par son désir que les soins de la guerre ne le troublassent point dans les travaux admiuistratifs, qu’il aimait avec passion, et pour lesquels il se sentait né. C’est de ce côté, en effet, que se dirigea sa vaste intelligence, servie par une mémoire qui ne lui manquait jamais, et par une curiosité toujours en éveil : ses contemporains lui rendirent ce témoignage, qu’il apprit tout et sut tout 1 .

Sur un règne de vingt et un ans, Adrien en passa au moins quinze en voyages. Il parcourut successivement tous les points de l’Orient et de l’Occident; et souvent plusieurs fois la même contrée, examinant tout de ses yeux, pourvoyant à tout; là creusant un port, ici contruisant des écoles, des temples, des aqueducs, des cirques 2 , élevant ailleurs une muraille qui devait servir de rempart à toute une province 3 ; étudiant les mœurs et les religions et, afin de mieux connaître les unes et les autres, se faisant admettre aux initiations les plus secrètes; tour à tour Grec, Syrien, Africain, Gaulois, Espagnol, et persuadé qu’un bon

1. Ea omnia, quaj pace belloque gerantur quæquo ad regem pariter ac privatum pertineant, se proiitebatur scire. üio, uix, 3. — Cf. Spart., Adrian,, 7, 8, 10. — Aurel. Vict., Epit.

Page 1