Dio, Ibid. — Spart., Adrian ., 9. — Aurel. Vict., Epit
de lui, un petit monde romain. On le voyait aussi rechercher curieusement les souvenirs historiques des peuples, et revendiquer les témoignages de leur gloire passée comme une sorte de propriété publique dont la conservation intéressait la société romaine tout entière. Ce sentiment lui fit restaurer avec soin, à Mantinée, le sépulcre d’Épaminondas. Laissant aussi de côté des préjugés injustes qu’aucune raison d’État ne légitimait plus, il amnistia les cendres du grand Pompée et leur donna enfin un tombeau.
La prodigieuse expérience que le prince retira de ses courses porta bonheur à l’Empire ; et Adrien reçut à bon droit le titre d'enrichisseur du monde 1 2 . Mais son génie éminemment organisateur ne saisissait pas seulement le détail ; il embrassait puissamment l’ensemble, et les institutions qu’il laissa perfectionnèrent presque toutes les parties de l’administration impériale.
La souveraineté des césars, encore républicaine sous Auguste, sénatoriale sous Tibère, avait fini par n’être plus qu’une pure monarchie, quoique cette monarchie, sous des hommes tels que Nerva, Trajan et leurs successeurs, renfermât, suivant le mot de Tacite, « une « heureuse combinaison du pouvoir et de la liberté 1 . »