‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 83 sur 229 · Dio, lxvii. — Spart., Adrian., h, 19. — Veget., i · texte numérisé non relu

Dio, lxvii. — Spart., Adrian., h, 19. — Veget., i

3. Gaius, t, Comm ., 7. — Pornp., l. u, n. de Orig.jur., v, 12.

Mais le plus beau travail auquel Adrien ait attaché son nom est certainement l 'édit perpétuel. Dans le principe, rien n’égalait l’instabilité du droit prétorien ; l’édit rendu par le préteur, lors de son entrée en charge, ne durait même pas autant que ses fonctions, quoiqu’elles fussent, comme on sait, annales. La loi Cornélia, en l’année 686 de Rome, obligea le préteur à conserver sans changement, pendant toute la durée de sa magistrature, l’édit qu’il avait publié : c’était un grand pas vers la stabilité, un pas aussi vers la science, car il n’avait pu se créer jusque là ni science, ni théorie du droit. L’édit prétorien avait donc une durée annale, lorsque Adrien résolut de lui imprimer le caractère d’immutabilité que l’équité et la science réclamaient également : il le rendit perpétuel *. Celui que le grand jurisconsulte du siècle, Salvius Julianus, avait promulgué pendant sa préture, fut choisi, à ce que l’on croit, pour devenir ainsi la loi constante de Rome et de l’Italie. A partir de l’édit perpétuel, le droit prétorien n’apparaît plus dans la législation comme une source de dispositions nouvelles. Un pas restait encore à faire; il restait à doter aussi les provinces d’une loi uniforme et stable : Marc-Aurèle

1. Edictum perpptuum. — Cf. Bouchaud, Mtm. sur les édits de. magist. Académ. des Inscrip., xixu, xli, et Dissert, sur l’édit per pétuel. — Hugo, Hist. du Droit rom., trad. fr., u, 78, 89. — Heineccius, Ant. rom. — Biener., Comm. de Salv. Jul. Lips., 1809 .

se hâta de promulguer l’édit provincial 1 , qui parait n’avoir guère été que l’édit perpétuel lui-même, généralisé et appliqué hors de l’Italie.

Ce fut Nîmes, dans la province narbonnaise, qui fournit à l’Empire le successeur d’Adrien, Titus Aurelius Fui vus Boionius Antoninus. La Gaule méridionale participait alors au mouvement civilisateur qui se faisait sentir si vivement de l’autre côté des Pyrénées ; d’ailleurs la famille d’Antonin le Pieux se rattachait à l’Espagne par scs alliances avec celle de Trajan 2 . A la mort d’Antonin, la pourpre impériale rentra dans des mains ibériennes, par la famille des Annius, originaire de Succubis, en Bétique, établie à Rome vers le temps de Claude 3 , et à laquelle appartenait le grand Marc-Aurèle.

Sous ces deux hommes vénérables, la philosophie, comme on l’a dit, s’assit vraiment sur le trône, non pas seulement la connaissance, mais la pratique du bien, mais la philosophie active, efficace, en pouvoir de réaliser du moins une partie de ses vœux. Le stoïcisme avait fait un beau chemin depuis deux siècles : deBrutus il était arrivé à César, d’instrument d’opposition il

1. Edictum provinciale. — Cf. les auteurs cités plus haut et Spanheim., Orb. rom. ex.. H, 8.

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