Tillem., Hist. des emp., u
3. Proavus paternus Annius Verus prætorius, ex Succubilano mnnicipio, ex Hispania, factus scnator... Jul. Capit., Al. Aurel., 22. — Cf. Tillem., Hist. des emp., n, 369.
était devenu un salutaire instrument de gouvernement ; après avoir combattu vainement le pouvoir absolu, il l’épurait, et dirigeait dans un but d’humanité la force redoutable que les nécessités du monde avaient créée. La reconnaissance publique honora le premier Anlonin du titre de père des hommes 1 2 ; elle donna au second celui de philosophe i , qui comprenait davantage. On ne peut lire sans attendrissement ce livre où le sage, devenu César, déposait sa plus secrète pensée. On y voit l’effort d’une âme impatiente du mal, mais arrêtée à chaque pas par l’infirmité de la nature humaine. Elle veut trop; elle veut plus que Dieu même, qui met le temps à son œuvre, qui fait naître le germe avant la fleur, la fleur avant le fruit. C’est peut-être dans une de ces luttes intérieures entre le bien désirable et le bien possible que le philosophe, roi de tant de peuples, s’écriait amèrement : « O mon âme , pourquoi donc <t suis-je si tourmenté 3 ! »
De tels princes devaient faire avancer libéralement l’association romaine et la stimuler partout où elle restait en retard. C’est en effet ce que témoigne l’histoire. A cette époque, il suffit d’entrer dans les légions pour acquérir la cité 4 . Antonin prenait sur ses mé-