‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 87 sur 229 · Tacit., Ann., il · texte numérisé non relu

Tacit., Ann., il

pour la plupart, étrangères à l’Italie , et le sénat, entretenu et renouvelé par les provinces, formait, suivant une expression que j’ai déjà employée, une haute représentation du monde romain. Quiconque sc distinguait aux armées, au barreau, dans les lettres, quelles que fussent sa race et sa patrie d’origine, y trouvait bientôt une place. De là, pour désigner l’assemblée suprême, ces formules qu’on ne rencontre que dans les écrivains de l’époque impériale : «tête de l’Empire « et orgueil des provinces 1 ; fleur du genre humain 2 ; élite de l’humanité 3 . »

L’indigne fils de Marc-Aurèle, Commode, termina, en l’année 192, la série des césars de race espagnole. Depuis quatre-vingt-quinze ans qu’elle avait commencé, etdepuis plus de deux siècles que l’Espagne produisait des hommes remarquables dans tous les genres, le reste du monde avait marché. Une autre province atteignait à son apogée de développement, une autre race imposait sa suprématie à la communauté de l’Empire : c’était le tour de la province d’Afrique et de la race liby-phénicienne.

L’Afrique, en effet, reposée de ses longs désastres, avait repris dans la paix une vie nouvelle. Stimulée

1. Caput imperii et décora omnium provinciarum. Tac., Hist.,t, 84.

2. Flos totius orbis. Nai., Paneg. Constantin. — Flos humani generis. Cassiod., Epist., i, 46.

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