Dio, u
le nom grec de Cœranus, et fut bientôt promu au consulat
Caracalla partagea les prédilections de son père pour l’Afrique et pour le héros de l’Afrique. Il multiplia à l’infini, dit un historien, les statues d’Annibal 1 2 3 ; il les fit placer partout; et l’image du vainqueur de Cannes alla peut-être primer au Capitole les statues de Fabius et des Scipions. Son enthousiasme pour Alexandre ne fut pas moins vif. Par un mot assez juste, et qui faisait allusion à l’unité que le conquérant macédonien avait voulu créer parmi les nations de l’Orient, qu’il avait même créée en partie, il l’appelait l’Auguste ou Y Empereur oriental. Il prit son nom, et écrivit au sénat avec l’emphase des métaphores asiatiques 3 : « Que « l’âme d’Alexandre était passée dans le corps d’Au- « guste. » Non content d’exalter en toute circonstance le fils de Philippe , il organisa un corps de troupes sur le modèle de la célèbre phalange dont la gloire se confondait avec celle du héros 4 . Les Occidentaux purent rire tout à leur aise de ces exagérations ; ils purent n’apercevoir dans tout cela qu’un amusement puéril ou une réminiscence pédantesque,