‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 93 sur 229 · Lamprid., Alex. Sev · texte numérisé non relu

Lamprid., Alex. Sev

le droit de cité *. Il y avait deux cent soixante ans environ que Jules César avait projeté l'émancipation régulière et successive des provinces, et la centralisation était devenue assez forte pour que l’État n’eût plus à redouter d’un nivellement général ni dislocation ni troubles. D’ailleurs il ne s’agissait guère que de la reconnaissance solennelle et de la légalisation d’un fait en réalité presque accompli. Les jurisconsultes qui conseillaient le fils de Sévère purent donc provoquer de lui, sans aucune crainte, la grande et humaine constitution qui porte son nom.

Il semble bizarre, au premier coup d’œil, que l’acte le plus libéral et le plus juste qui ait honoré un empereur romain appartienne à un de ceux dont Rome eut le plus à rougir; aussi quelques écrivains des temps postérieurs, mus par une sorte de répugnance morale, ont tenté de reverser la gloire du bienfait sur un plus digne, en l’attribuant tantôt à Antonin le Pieux 1 2 , tantôt à Antonin le Philosophe 3 , tantôt même à Adrien 4 . Des contemporains, au contraire, en reconnaissant qu’il appartenait bien légitimement à Antonin , fils de Sévère, s’efforcèrent d’en rabaisser le mérite,

1. In orbfl romano qui sunt, ex constitutione imperatoris Antonin), cives romani effecti sunt. Ulp., l. xvu, d. de Stul. hom.

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