‹ Tableaux de l'Empire romainChapitre 98 sur 229 · Duriorem... Vopisc. Car · texte numérisé non relu

Duriorem... Vopisc. Car

3. Millier Druias diiisse fertur : « Diocietiane, jocari noli, nam Imperator eris quùm aprum occideris. » Vopisc. Numeriun. ap. Script. Hist. August éd. Salm. io-fol , p. 252.

stance, Galérius et Maximin Daza, tous Illyriens, ses anciens compagnons dans les légions gallicanes et pannoniennes, et les exécuteurs intelligents de ses plans d’administration.

Le nom de Dioclétien, grand dans l’histoire, le serait bien plus encore, si la persécution, dont on lui arracha l’ordre et qu'il désavoua bientôt avec douleur, n’eût jeté sur sa gloire une ombre sinistre. L’Empire lui dut sa dernière forme politique et administrative. Adrien, au second siècle de notre ère, avait coordonné, aussi bien qu’on le pouvait alors, les éléments administratifs, incomplets et- confus, légués par les princes qui s’étaient succédés depuis Auguste : venu à une époque où les pouvoirs publics étaient plus nettement déterminés, où les bases du droit civil universel avaient été posées dans d’admirables travaux juridiques par les princes de la maison de Sévère, Dioclétien reprit l’œuvre au point où l’avait laissée Adrien; il coordonna à son tour et développa les nouveaux éléments accumulés dans la législation. Son vaste travail embrassa tout : organisation des pouvoirs politiques, organisation des pouvoirs administratifs, organisation de la société elle-même, dans la condition que lui avait créée l’unité.

Ce qui faisait en politique la faiblesse du gouvernement romain, c’était l’étendue même de l’Empire et la puissance de ses armées, cantonnées loin des re-

Marche vers l'unité administrative. 193

gards du prince, aux extrémités du territoire. Les meurtres continuels d’empereurs et les incessantes révoltes des légions démontraient assez l’insuffisance d’un seul homme quel qu’il fût devant une pareille masse de besoius, de travaux, de dangers. C’était là en effet le vice du gouvernement impérial ; et pour l’asseoir sur une base plus solide, le problème à résoudre était celui-ci : multiplier l’action de la souveraineté, sans détuire son unité, et sans porter atteinte à celle de l’Empire. On avait vu, dans les siècles précédents, et tout récemment encore, les empereurs s’associer, sous le nom de césar et même d’auguste, des collègues sans attributions fixes et sans département déterminé; mais ces collègues, simples lieutenants, ne possédant le pouvoir suprême que par délégation, et manquant de l’action directe, ne gouvernaient réellement pas : leur présence n’avait point empêché les usurpations violentes des préfets du prétoire. Dioclétien conçut l’idéal d’un empereur en deux personnes, dont l’une tiendrait sous sa main l’Orient, l’autre l’Occident, et qui, souveraines au même titre dans leurs départements , les régiraient d’après une pensée commune, des règles et des lois communes. Dans ce système, nulle grande mesure affectant la totalité de l’Empire ne devait être prise que de concert ; et des entrevues fréquentes assuraient entre les deux

augustes cette unanimité , garantie de la paix pubh-

que. C’est ce qu’on appela le gouvernement dyarchique. L’Auguste d’Orient fixa sa résidence à Nicomédie, celui d’Occident à Milan ; et ils s’entourèrent d’un appareil monarchique emprunté aux royautés de l’Asie. Une hiérarchie de fonctionnaires, échelonnés comme une barrière autour du pouvoir impérial, isola le prince, soit du contact des soldats, soit de la rivalité des chefs. Moins exposé aux regards, il put être plus respecté ; et la religion cimentant l’obéissance, une consécration solennelle en fit un dieu vivant.

C’était peu de deux augustes pour la stabilité du gouvernement, si ces augustes restaient sous la main de préfets du prétoire, et si leur succession n’était pas réglée à l’avance. Comme complément de son établissemment dyarchique, Dioclétien attacha à chaque auguste un césar ayant son département particulier dans celui de l’auguste, et y exerçant une action déterminée et directe. Il y eut alors sur la surface du monde romain quatre centres d’administration, quatre empereurs unis ensemble par la parenté naturelle ou adoptive, et par la religion. Cette seconde forme de la nouvelle institution politique prit le nom de tétrarchie'. Sagement combinée et répondant aux principales nécessités de l’empire, la tétrarchie lui

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