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nière de voir , la terre dont la surface était oxidée a pu , dans les temps primitifs, par la communication de Fatmosphère avec son intérieur fortement ébranlé et entr^ouvwt sur un grand nombre de points, se donner sa température , indépendamment de sa position relatirement au soleil. Quelle influence n'exercerait pas sur le climat de la France durant des siècles, une fente ouverte, profonde de a,ooo toi* ses, qui s'étendrait des rives de la Méditerranée jusqu'aux c6tes du Nord?
" CcUf i de U partie U plus mcridioiMle du Mexique , p* 2a.
La roche conique de diabase à couches concentriques observée dans les montagnes de Guanaxuato, est entièrement semblable à celle du Fichtelberg en Franconie. Tontes deus forment des masses d'un
pect bizarres posées , sur des roches primitives/ De même la pierre perlée , le schiste phonoliti(}ae, le tracfayte et le por« pfayre à base de ré^dnite présentent la même forme dans les royanmes de la Non^ velte-Espagne pores de GinapecuaiY) et de Moran, en Hongrie, en Bohénne, et dans le nord dé F Asie.
■* Le dragonier «fOrotawa , p. a6.
Cet arbre gigantesque {dracœna draco) est aujourd'hui dans le jardin de M. Franchi, dans la petite ville d^Orotawa, appelée jadis Taoro , l'un des endroits les plus dé-* Hcieax du monde cultiré. En juin 179(9^, lar8({ue néus gravîmes le pic de Ténérifie, nous trouvâmes que ce végétal énorme avait quarante-cinq pieds de circonférence un peu au-dessus de la racine. Sir 6. Staun-
JOO PHYSIONOMIE
ton prétend qu'à dix pieds de hauteur, il a douze pieds de diamètre. La tradition rapporte que ce dragonier était révéré par les Guanches , comme Forme d'Ephèse par les Grecs ; et qu'en 1 4oa , époque de la première expédition de Bethencourt , il était aussi gros et aussi creux qu'aujourd'hui. En se rappelant que le dragonier a partout une croissance très lente, on peut conclure que celui d'Orotava est extrêmement âgé. Cest sans contredit, avec le baobab, un des plus anciens habitans de notre planète. Il est singulier que le dragonier ait été cultivé depuis les temps les plus reculés dans les îles Canaries , dans celles de Madère et de Porto*-Santo , quoiqu'il vienne originairement des Inde^. Ce fait contredit l'assertion de ceux qui représentent les Guanches comme une race d'hommes atlantes , entièrement isolée et n'ayant aucune relation
avec les autres peuples de l'Asie et de l'Afrique. La fonne des dragoniers est répétée à la pointe méridionale de l'Afrique , dans 111e Bourbon ^ en Chine et à la Nouvelle-Zélande. Dans ces contrées si distantes, on trouve des espèces de cette famille , mais on n'en voit aucune dans le nouveau continent, où celte forme est remplacée par l'yucca; car le dracœna borealis d^Aiton est un Téritable convallaria , et il a entièrement le port de ce dernier genre* ( Humboldt , Relation historique y T. l, p. ii8. 639.)
^' Lu difFérentes espèces de plantes qui sonldcja connues, p. 37.
Il y a trois questions qu'il faut séparer avec soin : i"^ G>mbien d'espèces de plan* tes a-t-on déjà décrites dans les ouvrages imprimés? 2** G)mbien y en a-t-il de dé^
i»9 VHISIOlfOailE
cnavcrtet ?^ -3^ Canliîeii rpeut-oo sappeeer 9i';H'«ii texîfte fliur. la terre? L'édition du
jourparMurray, n^ oontieiii, avec ies oryptoganiM , que 10,042 espèces^^ Wildenow f dans '«on excellente édition da SpedeB Pkmiarum ^ publiée de 1997 à 1607, ena d^a décrit 1 7,4^7 eH>èc^ <^n8 U» TÎngt-trois premières classes ^ qui <xMn* pManent seulement les phanérogames on plantes dont les parties de la fructifiGation sont visibles à l'œil no.* Si l'on ajoute à ce nombre celui de 3,6oo espèces cryptogames , le total sera de so^ooo. De nouvelles recherches ont montré combien ces estimations des plantes, décrites et conservées dans les herbi^v , étaient restées au - dessmis de la -véinté.- Robert Brown , dans ses Genenal BemarJks^ <m the Boiany of Terra australis (p. 4)^ compta plus de 87,000
DES VÉGÉTAUX lo3
phanérogames. J'ai renda très Traisem* blable Topinion qu'il existe 449<>oo plantes» tant phanérogames' que cryptogames, dans les diverses contrées déjà visitées^. Le ca-talogue des phanérogames décrites, donné par Steudel , comprend 39,684 espèces.
Après aToir comparé son Système universel desVégétaux, en dou:^ familles, avec VEnchiridium de Persoon , M. DecandoUe pense que l'on trouverait au-delà de 56,o6o espèces de plantes^^.Quand on £aitréflexion que dans tous les jardins botaniques réunis on cultive certainement plus de 16,000 phanérogames, ou est porté à j:egarder même le calcul de M. Decàndolle comme trop
* Humboldt , de Distributione Geographica Plantarum , p, ^5.
^ Essai élémentaire de Géographie Botanique , p. 6a.
faible. En effet y si Ton considère que nous ne connaissons pas , dans l'Amérique du sud , la province de Montc^^rosso au Brésil , le Paraguay, Buenos-Ayres , le versant oriental des Andes y Santa-Gruz de la Sierra , et toute la contrée comprise entre, l'Orénoque , le Rio-Negro , le fleuve des Amazones et Pnrnz ; dans le centre et dans l'estde l'Asie, le Tibet , la Boukharie , la Chine et Malacca ; que nous savons à peine quelque chose de l'Afrique , de Madagascar, de Bomeo et des îles voisines^ enfin de la Nouvelle*Hollande , on est involontairement porté à croire que nous ne connaissons pas encore le tiers , ni même probablement le cinquième des plantes qui existent sur la terre* Qu'on fasse seule* ment attention aux nouveaux genres, qui, la plupart , sont de grands arbres, et qu'on a découverts depuis 3oo ans près des gran-
DES VÉGÉTAUX. lo5
des yiUes de commerce dans les petites Antilles, fréquentées par les Européens.
Ces considérations trouvent en quelque sorte leur conlîraiation dans l'ancien mythe du Zend- Avesta , a comme si la force <i créatrice primitive avait tiré 130,000 « formes de plantes du sang du taureau ce sacré. »
*^ La hauteur de l'ocëan aérien et sa preMÎon n^ont-clles pas toujours été les mêmes? p. 3a.
La pression de l'atmosphère a une influence frappante sur la configuration et la vie des' végétaux. Chez eux , la vie , comme chez les lithoph3rtes qui enveloppent des pierres mortes , se porte aunlehors. Les végétaux vivent principalement par leur surface ; de là leur grande dépendance, du milieu qui les entoure. Les ani-
lo6 PHYSIONOMIE
maux obéissent plutôt à des stimulus intérieurs y et se donnent la température qui leur oonvient. La respiration par l'^iderme est la plus imp(»rtante fonction Titale des plantes , et cette fonction , en tant qu'elle sert à évaporer et à sécréter des fluides, dépend de la pression de l'atmosphère. Cest pourquoi les plantes des Alpes sont très aromatiques, très garnies de poils et couvertes de nombreux vaisseaux secrétoires ; car, d'après les expériences zoonomiques , les organes sont d'autant plus multipliés et plus parfaits , qu'ils peuvent plus aisément remplir leurs fonctions 3 c'est ce que j'ai développé dans mes Recherches sur l* Irritation des Muscles, tom. 11. Aussi
les plantes des Alpes croissent -elles avec difficulté dans les plaines où leur respiration par l'épiderme est dérangée , parce que la pression de l'air y est plus forte»
DES TÉGÉTAUX. IO7
' On ne sait si Focéan aérien qoi entoure notre planète a toujours exercé la même pression. Nous ne savons même pas si depus- oent ans, la hauteur moyenne du baromètre a toujous ,été la même dans le nÉéne f ndroit. Les expériences de Poleni et'de Toaldo donneraient sujet de penser ^e cette .^Mtesnon éj»x>UTe des changemens« On a long-temps révoqué en doute (a justesse de ces observations ; mais les teeiierches récentes dé l'astronome Carlini ont'démoptré que la hauteur moyenne du bairomètre décroît à Milan.
' • > • - ^ Les paiflkiers , p. Qm
Kf « I < < »
. . Jfi vais insérer ici des remarques que jf'écrivdis en mars i3oi , à bord du navire qui nous transporta de l'embouchure du Rio**Sinu à Carthagena de Yndias. Nous
Tenions de quitter cette contrée si féconde en palmiers.
a Depuis deux ans, nous avons vu dans l'Amérique du sud plus de 217 espèces différentes de palmiers. Quelle quantité Thunbergy Banks, Solander^ les deux Forster, Adanson, Sonnera^ Jacquin et Kœnig n'en auront-ib pas observé dans leurs voyages lointains ! Cependant nos systèmes botaniques connaissent à peine quatorze ou dix-huit genres de palmiers , décrits complètement. La difficulté est ici beaucoup plus grande qu'on ne pourrait l'imaginer. PTous nous en sommes aperçus d'autant plus aisément, que nous avons dirigé principalement notre attention sur les palmiers , les graminées , les scitaminées et les autres familles les plus négligées. Les premiers ne fleurissent
cja'nne fois l'an , et près de Técpiatear , dans les mois de janvier et de février. Tons les voyageurs ont^ils la possibilité de se trouver précisément à cette époque dans leÉ contrées où les palmiers sont communs ? Dans cjnelques espèces , la durée de la floraison est limitée à un si petit nombre de jours, cpie l'on arrive presque toujours trop tard , et que l'on voit les palmiers avec leur germe gonflé , mais sans fleurs mâles. Dans des espaces de 2000 lieues carrées , on ne trouve souvent que trois à quatre espèces de palmiers. Qui peut , à l'époque de la floraison , se trouver à la fois dans tous les cantons où ils abondent^ dans les missions du Rio-Carony, e^dans les morichalès* , à l'em-
* Dans rAmërique du Sud ^ on appelle moricha-^ Us un lieu humide , garni de groupe de mauritid.
bouchure de l'Orénoqoc y dans la vallée de Ganra et d'Erevato , sur les bords de l'Atabapo et dn Rio^Negro , on sur les flancs da Dnida. Ajoutez la difBctillé de poavoir atteindre anx fleurs Me palmier , lorsque' dans des forêts épaisses ou sur les bords fangeux des rivières, comiïie sur ceux du Terni et du Tuamini * , on les voit pendre de soixante pieds de hauteur , et que le tronc de l'arbre est armé d'aiguillons redoutables. L'Européen , qui se prépare à faire un voyage pour étM* dier l'histoire natui^le, se fait des illu* sions sur des instrumens tranchans et re-^ courbés, qui, fixés à l'extrémité d'une perche , abattent tout ce qui iaijf obstacle ;
rr
* Deux petites rivières qui se jettent dans l'Atabapo , et par lesquelles on Ta de VOrénoque aur missioiis de Rîo-Negro. ^' t
DBS VÉGÉTAUX. 111
OU s'imagine que des nègres , les denx pieds fixés par une corde, pourront grimper aux arbres les plus éler/^. Malheureusement toutes ces espérances sont dér çues. Dans la Guyane , on se trouve au milieu d'hommes que leur pauvreté rend si riches et si au - dessus de tous les be* soins 9 que 'ni argent , ni offre de présens ne peut les engager à s'écarter de trois pas de ftar chemin. Cette apathie indomptable des naturels irrite d'autant plus les Européens y qu'on les voit gravir avec une légèreté incroyable partout où les pousse leur penchant ; par exemple, pour saisir un singe qui , blessé d'une flèche, se soutient encore par l'extrémité de s^ queue roulée autour d'une branche. Nous vîmes au mois de janvier , dans les promenades publiques , près de la Havane , et dans les campagnes voisines , toutes
les cimes du palmier , appelé palma-réal , couTertes de flenrs blanches comme la neige. Plusieurs jours de suite nous offrîmes , à tous les petits nègres que nous rencontrions dans les rues de Régla ou de Cuanavaooa , deux piastres pour chaque rameau de fleurs mâles qu'ils nous rapporteraient ; ce fut en vain. Sous les tropiques, un hommelibre se soustrait à toute espèce d'ouvrage pénible, à nains qu'il ne soit réduit à l'extrême nécessité. Les botanistes et les peintres de la commission royale d'histoire naturelle du comte de Monpox^MM. Ëstevez , Boldo , Guio et Echeviria , nous ont avoué que durant plusieurs années iK leur avait été impossible d'examiner ces fleurs , n'ayant pu y atteindre. Quand on aura bien pesé ces difficultés , on comprendra aisément ce qui m'aurait toujours paru incompréhensible
DES YÉGÉTAVX. Il3
en Europe, comment, dans l'espace de deux ans, nous n'avons pu décrire systématiquement que douze espèces de palmiers» Qu'il serait intéressant l'ouvrage qu'un bota* niste publierait sur ces végétaux , si , pendant son séjour dans l'Amérique du sud y il s'occupait exclusivement de.leUr étude, et représentait le spathe , le spadi:#, les parties de la fructification et les fruits dans leur grandeur naturelle ! Les feuilles, il «t vrai , aflfecteat en général une forme
assez constante j elles sont ou pinnées (pinnata) , ou en éventail ( palmato-digi* tata); le pétiole est tantôt sans piquans , tantôt épineux et dentelé en scie. La fi* gure d^ feuilles du caryota urens est presque unique parmi les palmiers, comme celle des feuilles du gingko biloba l'est parmi les autres arbres» Le port et la physionomie des palmiers offrent un grand ca- 11. 8
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ractère très difficile à exprimer par le langage. La tige est taûtAt difforme el très épaisse (coifOKO del sinu) , tantôt elle est faible et n'a qae la consistance da roseau (piritu) ; OQ bien elle est renflée par le bas ( C0Û03 ) , ou li»e , ou écaillease ( palma de (hidja o de Sombrero dans les Uaruh ) , on garnie de piquans ( corozo de Cumana ). Des difiérences caractéristiqaes sont placées dans les racines qui , très saillantes hors de terre comme dans le figuier, élèvent la tige sur une espèce d'échafaudage y ou l'entourent en bourrelets multipliés. Quelquefois la tige est renflée dans le milieu , et plus mince en dessus et en dessous , comme dans le palma-réai de l'île de Cuba. Les feuilles sont d'un vert foncé luisant ( Mauiitia , Cocos ) ; ou d'un blanc argenté en dessous ; par exemple, dans le miraguama ou palmier en éven^
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tail si grêle y que nous trouvâmes y prèsT de Puerto de la Tnnidad de Cuba. QuelqjMÙMy le milieu de la feuille en éventail est orné de raies concentriqnea jaunes et bleuâtres, disposées comme les yeux de la queue d'un paon. Cest ce qu'on voit dans le mauritiâ> épineux y qw M» Bon-pland a découvert sur les bords du Rio* Atabapo.
a Un caractère non moins important est la direction des feuilles. Les folioles sont ou placées comme les dents d'un peigne , très serrées les unes contre les autres et couvertes d'un parenchyme très roide ; c'est ainsi qn^elles sont dans le cocotier et le dattier, et c'est ce qui produit ces beaux r^ets de lumière sur la surface supérienre des feuilles , qui est d'un vert plus frais danii le cocotier , plus mat et comme cèn»
'drédans le dattier; ou bien le feuillage ressemble à celoi des roseaux par son tissu composé de fibres minces et souples, et se recourbant sur lui-même. {Jagua , palnia-real del Sinu, palma-real de Cuba, piritu del Orinoco.) Dans les palmiers, c'est nonnseulement la tige élancée qui a de la majesté , mais encore la direction des feuilles. Plus elles sont redressées , plus l'angle intérieur qu'elles forment par le bas avec l'extrémité supérieure du tronc est aigu, plus la figure de l'arbre a un caractère imposant. Quelle différence d'asr. pect entre les feuilles pendantes du paliioa de Covija de lX)rénoque, même entre celles du dattier et du cocotier , et entre les branches du jagua et du pirijao qui pointent vers le ciel ! La nature a prodigué toutes les beautés de formes au palmier jagua qui couronne les rochers gra-
nitiques des cataractes d' Aturès et de Maypnrès. Leurs tiges élancées et lisses atteignent une hauteur de soixante à soixante. -dix pieds ,. de sorte que, suivant l'expression de M. Bernardin de Saint -Pierre , elles s'élèvent «x portique au-dessus des forêts. Cette cime aérienne contraste d'une manière surprenante avec le feuillage épais des ceiba , avec les forêts de lanrinées , de. calophyllum et d^amyris qui l'entourent. Les feuilles peu nombreuses de ces palmiers (quelques-uns n'en ont que sept à huit) ont quatorze à seize pieds de longueur, et s'é^ lèvent presque verticalement ; leurs extrémités sont frisées en panache^ couver-
tes d'un parenchyme mince et herbacé ; les folioles légères et aériennes voltigent autour des pétioles qui se balancent len^ tement«
iid PitvsioiroiiiiB
a Cest au *• dessous de la naissance des feuilles t|ue , dans tous les palmiers , les parties de la fractifioatioa naissent de la tige^ La manière dont elles paraissent modifie'aussi ta ferme dettes arbtes* Dans un petit nombre ^ le spathe est perpendiculaire , et les fruits redressés sont disposés en une espèce de thyrse ressemblant au fruit des ananas; tel est le ooroao du Sinu. Dans la plupart, les spathes , lantAt lisses, tantdt très rudes^ sont pendans ; dans <[iiel<^ cpies^uns, la fleur mile est d'un blanc éblouissant (pulma^ rëal de la Ha>pana). Le spadix développé brille au loin ; tnaia la plus grande partie des fleurs mâles sont jaunâtres , très sensées les mies contre les autres , et presques flasques , lorsqu'elles se dégagent du spathe. Dans les palmiers à feuilles pinnées , les pétioles sortent de la partie sèche 9 rude et ligneuse du tronc
DBS VÉGÉTAUX. IIQ
( comme dans le cocotier , le dattier et le palma-real del Sinu), ou bie» celai-d porte une espace de tige UsM» mince et d'un vert tendre, qui donne naissance aux feuilles {palma^real de la Ha^.
pana ). Dans les palmiers à feuilles pal* mées, le feuillage toufiu est souvent posé sur une couche de feuilles dessédbées y ce qui donne à ces végétaux uu caMctère mé* lancoUque {moriohe, pointa de Sombrero de la Havana. ) Dans quelques palmiers en forme de parasol , le feuillage ne oon- , sÎBte qu'en quelques feuilles peu oombreu* ses qui s'élèvent à l'extrémité des pétioles grêles ( ndraguama). La confonnation et la couleur des fimits offiient plus de din versité qu'on ne le croit en Europe. Le mauriftia porte des fruits avifonues^ dont l'enveloppe écaxUeuse , brune et lisse leur donne de la ressemblance avec les jeunes
laO PHYSIONOMIE
poiuraesdepin. Quelle difl^rence entre Pénorme cooo tnan^laire , la datte , et le petit fruit dur du corozo ! Mais aucun fruit de palmier n'égale en beauté celui du pirija de San -Fernando de Atabapo et de San-Baltazar. Il est ovale et , comme les pèches y coloré, moitié en jaune doré , moitié en rouge foncé ; on voit des grappes de ces fruits ffendre du haut de la tige d'un palmier majestueux. »
Trois formes d'une beauté remarquable sont propres aux pays de la eone torride y dans toutes les parties du monde : les palmiers , les bananiers et les fougères arborescentes. Cest lorsque la chaleur et l'humidité agissent en même tmips, que la végétation est la plus vigoureuse , et que lea formes sont les plus variées. Cest pourquoi l'Amérique du sud est la patrie
DES VÉGÉTAUX. mi
des plus beaux palmiers. En Asie , eette forme est plus rare , parce que la partie de ce continent qui était sous Péq[nateiir , paraît avoir péri dans les anciennes révolutions de notre planète. Nous ne savons rien des palmiers d'Afrique depuis la baie de Bénin jusqu'à la côte d'Ajan. En général nous' ne connaissons qu'un très petit nombre de palmiers de cette partie du monde. Parmi tses v^étaux y les dattiers , les mauritia et le pal mite croissent en société ; les cocos de Guinée^ le martinezda et l'iriartea vivent soUtaires.
Les palmiers fournissent les exemples de la plus grande hauteur à laquelle^ parviennent les végétaux. Le palmier à d»/ que nous avons découvert sur les Andes y dans la montagne de Quindiu entre Ibagnè et Carthâgo , atteint la hauteur énorme de
122 PQYSIOJiOMIE
160 à 180 pieds. Les troncs giganteeqûea d'e«calypt«i8 , qve M. la fiLUardière a m^ sués, dans Hle de Yau - Dieme**, n'ont que i5o pieds de haut. Ordinairement les palmiers cessent y sur la pente des Andes 9 entre 600 et 700 toîsea d'élôvatiini. Cependant un petit groupe de palœien alpins (l»sKiÂfUhia montana, Oreodo^m frigida et c&weylon andioola) , monte jua* qu'à 1 )5oo toises* ( Toyes Plantes équi-noxialess x^ fascicole^ P* ^ ; Humboldt, cle IHstrUfuUone ^ographka plantarum y p. 216-240 , où je donne la liste de 137 espèces de palmiers). Les cpiarante- cinq espèces ^ que M. Bonpland et moi nous aToq3 wesy ont été prodigieusement aug«mentées par deux voyageurs, MM. Mar« tins et Spix.
AJ^
DES YioiTAVX. 123
*C Dèft l'cnCanc^ «le «a tirilisiliDD , f • 36. .
On trouve 9 dans tons les pays de la zone torride, la Gullnre dn bananier établie depuis les temps les plus anciens y dont parlent les traditions et les histoires. Il est fBktain que les esclaves africains ont porté-^ en Amérique quelques variétés de la banane , et il lîe t'est pas moins qu'elle était iimltivée dans le Nouveau^ Monde , avant Famvée de . Gol<»id>. *A Gumana ^ les Indiens Guaikeri nous ont raconté que sur la côte de Paria , près du golfe Triste , lorsqu'on laissait mtxit lé fruit du bananier , il portait quelquefotÀ des semences qui germaient* Cest popiv quai^ nous dirent-ils ^ on trouve dans l'é^ paisseur des forêts de Paria, des bananiers sauvages, pro venus de semences mûres
1^4 FHYSIOnOMIB
que les oiseaux y oat répandues. Dans la piovinoe deCunana aussi, ona quelquefois trouvé dans les bananes des semences bien formées. «— Voyez mon Essai sur la géographie des Plantes y p* 29, eiBelaûion his-torique^ T. I, p. 104} T. 11, p. 355-357*
->'' 17 Im fonne des mâlTaoéet , f . 3^^ \
Adanson exprime sa surprise de ce qu'aucun des anciens voyageurs n'a fait mention du .gigantesque baobab. Cependant Aloysio Gadamosto a parlé, dès i44^> du grand âge de ces arbres, dont la hauteur , ditr-il , n'esit pas en proportion avec la grosseur. <c Quarum eminerUia aUiturdims non quadrat magnitudim * ». Adan-
* Cadamosti nâTigatîo, ch. 45. Bowdich, On MoiUira, p. 9a.
3on a trouTé des boabab , dont le tronc était haut de lo à la pieds, et qui avaient 77 pieds de circonférence. Leurs racines étaient longues de 1 1 o ^ pieds. D'autres écrivains parlent encore de dimensions plus grandes. Sir Georges Staunton a vu aussi des baoba1> aux îles duCap-Yerlj^ leur circonférence était de 56 pieds. Il faut se rappeler que le baobab , ainsi que la famille du bombax et de Xochronuiy croît beaucoup plus promptement que le dragonier; la végétation de celui-ci est très lente. Les platanes que M. Michaux a trouvés près de Marietta sur les rives de rOhio , ont à peu prés le même diamè* tre que le dëlèbre dragonier d'Orotava ^. A 10 pieds d'élévation , leur tronc a 47
* Voyage à l'oiqnf des monta AlUghanys, Paris, i8o4,p. 95.
1^6 PHYSIOnOMIE
piads de ciFconféreiice. Mais probablement ces platanes sont par venus à cette grosseur en dix fois moins de temps qu'il en aurait fallu au dragonier pour y atteindre *.
Les végétaux qui , dans toutes les parties du monde, acquièrent la dimension la plus grande , sont Tif , le châtaignier, plusieurs espèces de bamboux , les mimosa , les csesalpinia , les figuiers , les acajous , les courbarils , le cjrprès à feuilles d'acacia et le platane occidental* Voyez le troisième chapitre de la deuxième partie de mon J^oyaga aux pays du Tropique. Dans L'tle de Cuba , on a tu dp superbes planches d'acajou de 35 pieds de long et de 9 pieds de large.
Ranth , Malvaceœ et Bu^fimtceœ (i8aa).
iB La foimc des miaioM , p. 38.
Les feuilles finement pinoées des mimosa > des tLcacia ^ des desmanthus et des êchrankia, sont une forme Que les végétaux affectent particulièrement entre les tropi^es. Cependant on trouve ailleurs que dans la zone torride quelques repré* sentans de citte forme. Dans l'hémisphère septentrional de l'ancien oontlk^nt, ce n'est qu'en Asie que j'en puis indiquer un seul ; c'est un petit arbuste , décrit par M. Marschal de Biberstein , sous le nom ^acacia 3tephanian§. D'après les recher^* ches récentes de M» ILunth , c'est une espèce du genre prosopis. Cette plante , qui vit en société , couvre les plaines arides de la province de Chirvan , le long du Kour ( Çyrus ) , près du nouveau Cha-
laS PHYSIONOMIE
inakie , jusqu'à l'Arass {Araxes). Olivier l'a rencontré près de Bagdad. Cet acacia à. feuilles bipinnées y dont Buxbaum a fait mention^ croit dans le nord jusque «ous le 4^'' parallèle *. En Afrique y le gommier (dcacia gummi/èra) remonte jusqu'à Mogador, c'est-à-dire jusqu'au 3^* parallèle nord. Au Japon, Pacada jnemu couvre les environs de Nangasaki* D^xis le Nouveau-G>ntinent y Vacaci^ glandalosa, de M. Michaux , et Vacctcia brachyloba , de Wildenow, ornent les rives du Mississipi et du Ténessée y ainsi que les savanes des Illinois. M. Michaux vit le schrankia uncinata, depuis la Floride jusqu'en Virginie, c'est^-dire jusqu'au Z']^ degré de
^ TahUàu dlea Provinces êituéêê sur la côte occl" derUaU de la mer Caspienne, entre les fleuves Tersk et Kour, 1798, p. SB, lao.
latitude boréale. Suivant Barton , le gle^ ditaia triacanthos se trouve à l'est des monts AUéghanys jus<{u'au 38*" parallèle y et à l'ouest jusqu'au 4i** hegleditsia monosperma cesse à deux degrés plus au sud. Voilà la limite où s'arrête la forme des mimosa dans la partie septentrionale du globe ; quant à la partie méridionale, nous trouvons au-delà du tropique du capricorne , des acacia à feuilles simples jusque dans Itle Yan^Diemen ; et même le min mosa Catien de Molina , assez imparfaite-ment décrit , croît au Oiili , entre les a4'' et 37* parallèles sud ^. L'espèce de mimosa qui a les feuilles le plus finement découpées y est V acacia microphyUa indigène de la province de Caracas. Jusqu'à présent
* Molina , Histoire naturelle du Chili , pag. i48.