‹ Tableaux de la nature (volume 2)Chapitre 9 sur 26 · IL · texte numérisé non relu

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mière phosphorique assez faible , et généralement d'ane couleur bleuâtre j c'est ce qu'on observe dans le nereis noctUuca , le médusa pelagiça variété |3 * et le monophora fioctUuca , découvert dans l'expédition du capitaine Baudin ^*. De ce nombre sont aussi les animaux microscopiques qui , jusqu'à présent , n'ont pas été déterminés , et que Forster vit nager en multitudes innombrables sur la mer , près du cap de Bonne-Espérance. La lueur de l'eau de la mer est quelquefois occasionée par ces portes-lumières vivans ; je dis quelquefob , car le plus souvent , malgré tous les verres grossissans , on n'aperçoit aucun animal dans l'eau lumineuse y et cepen-

* Forskol^ Fauna œgyptiaco-arablca y p. 109. ** Bory St-Vincent, Voyage aux Ues d* Afrique^ T. I, p. 107 , pi. 6.

dant , toutes les fois que la Isune vient frapper un corps dur et se brise en écumant , partout où. Teau est fortement agi^ tée , on voit briller une lumière sembla* ble à celle de l'éclair. Ce phénomène a probablement pour principe les fibrilles décomposées des mollusques morts qui sont en quantité infinie dans la profondeur des eaux : lorsque l'on fait passer cette eau lumineuse à travers un tissu serré , ces fibrilles en sont quelquefois détachées sous la forme de points lumineux. Quand nous nous baignions le soir , dans le golfe de CariacOy près de Cumana^ quelques parties de notre corps restaient lumineuses au sortir de l'eau. Les fibrilles lumi-

neuses s'attachent à la peau, ly après l'immense quantité de mollusques dispei*a^ dajBs toutes les mers de la zone torride ^ ou ne doit pas s'étonner que Teau de la

mer soit lumineuse ^ lors même qu'on n'en peut p(Mnt détacher de matière organique. La division à l'infini de tous les corps morts des dagyses et des méduses peut faire considérer la mer entière comme un fluide gélatineux , et qui par conséquent est lumineux, a un goût nauséabonde , ne peut être bu par l'homme , mais est nourrissant pour plusieurs poissons. Si Von a ftx>tté une planche avec une partie du corps de la Ibédnse hysocelle , l'endroit frotté redevient lumineux toutes les fois qu'on passe dessus le doigt bien sec. Durant ma traversée pour aller à l'Amérique du sud, je mettais quelquefois une méduse sur une assiette d'étain. Si je frappais l'assiette avec un autre métal, les i^indres vilnrationB de l'toin sirfBsaient pour iaire luire ranimai. Ciomment:, dans ce cas , le choc et la vibration agissent**

ils ? Ëlève-t-on instantaaéfflient la tempe* rature? déoouvre-t-on de noavelles surfaces, ou bien le dx^c failnil sortir le gas hydrogène phosphore, de sorte que se troavant en contact avec l'oxigène de l'at* inosphère on de l'eau de la mer , il vienne à farAler? Cet «fièt du dioc qui excite la lumière est surtout étonnant dans une mer clapoteuse, lorsque les lames s'entredioquent en tous sens. Entre les tri^iques, j'ai TU U mer lumineuse à l»»les les températuies^ mais elle l'était davantage aux approches des ' tempêtes ^ ou lorsque le del était bas, nuageux et très couvert. Le firaid et la chaleur pasaisaenft avcûr peu dHnflnence sur ce phénomène ; car sur le hanc de Terre-Neuve , la pho8ph<»rescence est souvent très forte dans le mo* ment le plus rigoureux de l'hiver, (^elquefois toutes les circonstances étant d'ail*

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leurs égales , au moins en apparence , la phosphorescence est considërahie , pendant une nuit ^ et la nait suivante elle est presque nulle. L'atmosphère £aivorise-t*elle ce dégagement de lumière , cette combustion de l'hydrogène phosphore? ou ces dififérences ne dépendent-«lles que du hasard qui conduit le navigateur dans upe mw plus ou moins remplie de gélatine de mollusques? Peutétre aussi les animalcules luisans ne viennent-ils à la surface de la mer que lorsque l'atmosphère est dans un certain état? M. Bory St^-Vincent demande avec raison pourquoi nos eaux douces marécageuses remplies de polypes ne sont pas lumineuses ? Il paraîtraH en effet qu'il faut un mélange particulier de particules organiques pour favoriser ce dégagement de Imuière; aussi le bois du saule est-il plus fréquemment phospho-

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rescent qae celui du chêne. En Angleterre on a réofisi à rendre de l'eau salée Inmi^ nenae en y jetant de la saunnre de hareng. On peut au reste se coniraincre par les expériences galvanignes , que l'état lumineux des animaux vivans dépend d'une irritation des nerfs. JPai vu un tf&i-r ter noctilucus qui se mourait, répandre une forte lueur lorsque je touclâds arec de l'étain et de l'aident ses extrémités antérieures. Quelquefois aussi les médules répandent une lueur plus forte à l'instant où l'on termine la chaîne galvanique.

( Humboldt. Relation historique , t. 1 , p. 76. 533.)

^ Vît fl&Ds \u poumons da serpent à sonnelles des tropiques, p. 7.

L'animal que j'ai nommé autrefois échynorynckus , ou même porocephalus m'a

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paru y aqpvës un examen pl«8 exact , et suivant l'opînîouniâODnée de M» Rodolphi *, appartenir à la divùion des pentbtomes.

il hahiÉe les intestinB et les vastoB cellules pubtKMiaires du crùtahu durissus , qu'on teouve qudquefois à Gumaoa , même dans l'intérieur des maisons, et qui attrape les soiiris. L'ascaride da loonbrio *^ vit ordinairement sous la peau du ver de terre; c'est la pbis petite espèce de ce genre. Le ieiêeophix^ nodubua , on l'animal perié de Gkîafaen, a été observé par Miller dans l'intériieur du Jsdw littçraUs ^^*. Il est vraisemblable que ces êtres mioiuscopiques

* Rudolphi , Entozoorum Synoplis ^ p. 1 24-434.

** Goez^ vers iniestinanx (en allemand), partie ÏV,fig. lO.

*** MuUerl Zoologia Danica , T. XI , pi. 80 , fig. a -*- c.

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servent à leur tour de demeure à d'êtres. Tous sont entourés de couches d'air presque dépourvues d'oxigéne y mais contenant des mélanges d'hydrogène et d'acide carbonique. Il est très douteux qu'un animal vive dans l'azote pur; jadis on le croyait du cistidicolajbrionis de Fischer , v

parce que, d'après les expériences de Fonrcroy , la vessie natatoire des poissons paraissait contenir un air entièrement dépouillé d'oxigène. Les expériences d'Erman et les miennes prouvent que la vessie des poissons d'eau douce ne renferme pas d'azote pur '^.

Dans les poissons de mer on trouve jus-

* Hamboldt et Proyençal sur la respiration des poissons , dans le Recueil d'observations de zoologie^ T. II, p. 194-316.

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qu'à 0,80 d'oxigëne ; et suivant M. Biot y la pureté de l'air dépend de la profondeur à laquelle les poissons vivent *.

.V/. 7 I>et NéréVdes ironies 1 p* 1 1>

Suivant Linné et EUis, les zoophytes calcaires, tels que les tubipores, les millepores et les madrépores sont habités par des animalcules qui ont quelque affinité avec les nérâdes , les méduses , et les hydres; mais des recherches plus récentes ont fiiit voir que tous les coraux qui forment des rochers, autrement les lithophytessaxigénes des zoologistes français , et même le paponia cariophyllea et le nulli pora de M. Lamarck , servent d'habitation — - I — - ^

* Mémoires de la Société d*Arcueil ^ T. I , p. a5a-^a8i.

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à des mollusques gélatineux d'une espèce particulière, ou s'en trouvent entourés.

Depuis le voyage de Gook, les observations de Forster ont fait naître l'idée aux géo^ gnostes que plusieurs îles et des pays entiers devaient leur origine au corail produit par ces animalcules. JPai vu de ces îles de corail couvertes d'une végétation ché* tive, et je ne doute pas qu'une grande partie de celles du grand Océan , n'aient été formées de cette manière. Cependant il me parait qu'on a donné trop d'extension à cette hypothèse sur laquelle M. Adelbert de Ghamisso, excellent observateur, a répandu un grand jour. Dans les Antilles, par exemple , des rochers calcaires de formation tertiaire, qui contiennent des madrépores et des tubipores pétrifiés , ont été pris pour des ouvrages récens des animalcules du corail, uniquement parce qu'ils

setrouventdansdesparagesoùl'onobaerve encore des vers semblables. Mais qoand on pénètre dans Vintérienr des grandes Antilles , on rencontre des montagnes de formation primitive qai , à une grande hauteur , sont entourées de oes mêmes roches à madrépores. Par conséquent oes rochers sont sortis du chaos du monde primitif. Entre les tropiques , sur les rivages du golfe du Mexique , le voyageur court le risque de confondre avec d'anciens bancs de corail , des couches de calcaire tertiaire qui sont posées au-dessus de la craie , et remplies de pétrifications de oorail.

' X ^ Les tnditionft 4e la Samothnice , p. i6.

nous a conservé, cette tradidition mémorable dont la vraiflerablance se change en ceititudo historique pour le

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géo^aste . Llle deSamothrace était habitée par le reste d'an peuple primitif qui avait . sa langue particulière , dont les mots furent encore long -temps après en usage dans les cérémonies des sacrifices. La situation de cette lie proche dès Dardanelles, fait concevoir aisément comment la tradition plus circontanciée de la grande catastrophe de l'irruption des eaux s'y était précisément conservée. Les Samothraciens racontaient que la mer Noire avait été un iac, qui , gonflé par l'amas des eaux qu'il recevait , s'était fait jour à travers le Bosphore y puis à travers lllellespont, longtemps avant les inondations dont il est question chez les autres peuples *.M. Dureau de la Malle, dans son ouvrage intitulé:

* Diod. de Sicile^ lib. V, chap. 47, p. 366, éd. de Wesseling.

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Géographie physique de Ja mer Ndre, de Fintérieur de r Afrique et de la Méditer^ ranée *, a réuni avec beaucoup de sagacité , tout ce que Ton sait sur ces anciennes révolutions de la nature. Depuis il a paru, en allemand y deax ouvrages sur cette matière , l'un de M. Hoff ^* qui est vrai* ment classique, l'autre de M* Greuzer

« 9 La prëcipiuûon de» nuages , p* 19.

Le courant d'air ascendant est une des causes principales des phénomènes météorologiques les plus importans. Quand une

plaine sablonneuse dénuée de plantes est

* Paris, 1807.

^ Geschiefite der NaturcUichen Pêrœnderungen der Erdoherflache (iSaa), T.I, p. io5— 162. *** Symbolik, 2' éAxi. , T. H , p. 283, 3i8, 36i.

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bornée par ane chaîne de montagnes élevées y on voit le vent de mer pousser par dessus ce désert , des nuages épais qui ne se dissolrent que lorsqu'ib sont arrivés aux montagnes. Jadis on expliquait ce phénoiyène d'une manière peu exacte , en disant que les chaînes de montagnes attiraient les nuages. La véritable cause paraît en être dans cette colonne d'air chaud ascendant qui Relève de la surface de la plaine sablonneuse, et qui empêche les vapeurs de se dissoudre. Plus une surface est dépourvue de végétation y plus le sable s'échauffe , plus les nuées s'élèvent, moins par conséquent la dissolution doit s'opérer. Toutes cesi^uses cessent d'agir sur le penchant des montagnes. Le jeu du courant d'air perpendiculaire y est plus faible. Les nuées s'abaissent et se résolvent en pluie dans les couches d'air plus £raîches. Ainsi ,

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le manque de pluie et le déSsiiit de plantes Téagisaent réciproquement l'un sur Pautre . U ne pleut pas parce que la surface sablonneuse nue et privée de T^pëtation , s'échauffe davantage , et réfléchit plus de chaleur ^ et le désert ne devient p^s une steppe ou une savane , parce que sans eau il ne peut y avoir de développaient organique.

>o La masse de la terre en se durcissant et dégageant de la

chaleur , pt aa.

Lorsque, suivant l'hypothèse des géognostes neptuniens ^ toutes les roches primi* tives tenues en dissoluticm dans un fluide , se précipitèrent ; ce passage de l'enveloppe de la terre y d'un état fluide à un état solide y dut dégager une quantité énorme de calorique qui occasiona une nouvelle éva-

poration et de nouveaux précipités. Ceuxci durent se faire plus promptement , plus confusément et afiecter des formes moins crystallines , à mesure qu'ils eurent lieu plus tard. Un pareil dégagement soudain de calorique , provenant de l'enveloppe de la terre, à mesure qu'elle se durcissait, indépendamment de la position de son axe et indépendamment de la hauteur du pôle , pour chaque point de la surEsice, pouvait oc* casioner une élévation de la température de l'atmosphère que plusieurs phénomènes géognostiques mystérieux , dans les roches à couches, semblent indiquer. J'ai développé en détail mes conjectures sur cet objet dans un petit mémoire sur la porosité primitive^* D'après ma nouvelle ma-

* Voyez mon ouvrage sur Patmosphère et le Journal minèralogique de M. MoH (en allemand).

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