DE LA TERRE
' Quand on réfléchit à l'influence que y depuis des siècles, les progrès de la géographie et les voyages scientifiques entrepris dans des régions lointaines, ont exercé sur Fétude de la nature , on ne tarde pas à reconnaître combien cette influence a été différente , suivant que les recherches ont été dirigées sur les formes du monde
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organique, ou sur la masse inanimée de la terre , sur la connaissance des roches , sur leur âge relatif, et Iqut origine. Des formes différentes de plantes et d'animaux vivifient la surface de la terre dans chaque zone j n'importe que la chaleur de l'atmosphère change , soit d'après la latitude géographique ou les courbes nombreuses des lignes i^thermes , dans les plaines unies comme la surface de la mer, soit presque verticalement sur les pentes rapides des chaînes de montagnes. La nature organique donne à chaque région de la terre la physionomie particulière qui la caractétiaé. Il n'en est pas de môme dé là n^ttoe inorganique dans les lieux où l'enveloppe solide de la terre est dépouillée de végétaux* Les mè-' mes espèces de roche , s'attirant et se te* poussant par groupes , se montrent dans les deux hémisphèies , depuis l'équatenr
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jusqu'aux p^ied. Dana une ile éloigna , entourée de plantes étrangères , sous un ciel où ne resplendissent (dus les étoiles au^cquelLés son céil est aocoututné , te narigatéur leoonnait souTent avec joie le schiste argileux de sa patne et lés roches qu'il était habitué à yf/oit*
Cette indépendance de la constitution actuelle deS oUniats, propre à la nature iMrganique, ne diminue pas l'influence bienfaisante que des observations nombreuses fûtes dans des contrées lointaines, exercent sur les prc^rès de la géoguosie ; seul^oaent elle leur donne une direction particuUère. Chaque expédition enrichit l'histoire naturelle d'espèei^s nouvelles d'animaux et décuplantes. Tantôt ce ^nt des formes organiques qui se rattacJient à des types connus depuis long - temps ,
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etqoi nous présentent , dans sa perfection primitive , le résean régulièrement tissa et souvent interrompu en apparence des formes naturelles animées. Tantôt ce sont des formet qui se présentent isolées comme les restes de races éteintes , tantdt des membres de groupes non encore découverts. L'examen de l'enveloppe solide ne nous développe pas une telle * diversité. Au contraire elle nous révèle , dans les parties, constituantes y dans le gisement, et dans le retour périodique des différentes masses , une lessemblance qui excite l'étonnement du géognoste.Dans la chaîne des Andes , de même que dans les montagnes centrales de l'Europe , une formation semble, pour ainsi dire , en appe«* lei^une autre. Des masses de même nom prennent des formes semblables : le basalte et la dolente composent les monta-
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gnes jumelles ; la dolomie , le grès blanc et le porphyre forment des masses escarpées ; le tracbyte vitreux et riche en feldspath , s'élève en cloches et eu dômes. Dans les zones les plus éloignées, de gros cristaux se séparent semblablement «de la texture compacte de la ittasse primitive ^ -comme par un développement intérieur, s'agroupent les ims aux au-* très, se montrent comme des couches subordonnées, et annoncent souvent le Voisin nage de nouvelles fomiktiona indépen-
dantes. Cest ainsi que tout le. monde organique se représente plus ou moins évidemment dans chaque montagne d'une étendue considérable ; cependant , pour oonoaitre parfaitement les phénomènes les plus importaos delà composition, de l'âge relatif et de l'origine des formations , il ' £aut comparer entre elles les observations II. 11
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faites dans les contrées les plus éloignées les unes des antres. Des problèmes qui ont paru long-&mps énigmatiqnes an géognoste habitant du nord , trouvent lenr solution près de l'éq[uateur. Si , comme on l'a observé plus haut , les.ïsones lointaines ne nèns fournissent pas de nouvelles formations, c'est-à-dire des gSMipes inconnus de substances simples y elles nous apprennent y en revanche , à expliquer les lois uniformes de la nature , selon que les divers strates se supportent mutuellement, se pénètrent sous forme de filet, on se soûlèrent en obéissant à des forces élastiques.
Si nos connaissances géognostiqu^ rent une grande utilité de recherches qui embrassent de vastes étendues de p^ys^oa ne doit pas être surpris de ce que la cla»e ^ phénomènes , qui est l'objet principal
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de ce mémoire, n'ait été pendant très long-temps examinée que d'une manièire incomplète , parce que les points de comparaison sont très difficiles, et on pourrait même dire pénibles à trouver. Jusqu'à la fin du dix - huitième siècle , tout ce que Von savait de la' forme des volcans /et de l'action de leurs forces souterraines , était pris de deux montagnes de l'Italie méridionale /le Vésuve et l'Etna. Le premier étant le plusT accessible y et , comme tous les volcans peu éle^^ , ayant des érup*tions plus fréquentes , une colline est en quelque sorte devenue le type d'après lequel on se figurait tout un monde loin* ' tain , les puissans volcans du Mexique , de l'Amérique méridionale et des Ues de l'Asie , disposés d'après des lignes faciles à reconnaître. Cette manière de raisonner devait rappeler naturellement le berger
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de Virgile, qui , dans son hamble cabane^ croyait voir l'image de la i^Uy éternelle.
Un examen attentif de toute la mer Mè^ diterranée , notamment de s^s îles et de ses cAtes orientales, où le genre humain a commencé à s'élever vers la culture intellectuelle et les sentimens généreux , pouvait cependant reformer^ cette manière incomplète d'étudier la nature. Entre les Sporades , des rochers de trachyte se sont élevés du fond de la qper, et ont formé des îles , semblables à cette île des Açores y qui , dans un espace de trois siècles , s'est montrée périodiquement à des intervalles presque égaux. Entre Epidaure etTrézène, près de Methrone , dans le Péloponèse y se trouve un Monte -Nuovo , décrit par Strabon , et revu par ©odwel : il est plus haut que le Monte - Nuovo des champs
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Pblégréens, près de Baies ; peut-être même plus haut que le nouveau Tolcan de Jorallo , dans les plaines du Mexique , que j'ai trouvé environné de plusieurs milliers de petits cônes basaltiques sortis de terre et encore fumans. Dans le bassin de^aMé*diterranée^ le feu volcanique ^eliappe non-seulement de cratères peitnahen^r^ àe montagnes isolées qui ont une communication constante avec l'intérieur de la terre, comme Stromboli ^ . le Vésuve et l'Etna ; * à Iscbia , sur le mont 'Opomée , et y suivant les récits des anciens , dans la plaine de Lelantis , près de Chalcis , des laves ont coulé de fentes qui se soht oi^vertes tout à coup à la «surface ^e la terre.
Ihdépendanunent éè cea phénomènes qui appartiennent'aux temps historiques, au domaine étroit des tlraditions certaines ,
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les côtes de la Méditerranée renferment ^e nombreux restes de plus anciens effets de Faction du feu. La France méridionale nous montre y en Auvergne , un système particulier et complet de volcans disposés par alignemells , des clockes 4e trachyte ^ alteriduit avec des cÀaes terminés en cratère, desquels des torrens de lave ont oo«lé par bandes étroites, isa plaine deLombardie, qtd, unie comme la surface des eaux, forme le golfe le plus reculé de la mer Adriatique , entoure le trach jte des collines Ëuganéennes , où s'élèvent des dômes de ttacTiyte grenu, d'obsidienne et de perlite;*frois masses qui naissent les unes des autres", qui oqt £kit leur éruption à travers le calaire jurassique rempli de silex pyromaques ; mais qui n'ont jamais coulé en torrens étroife. De semblables témoins d'anciennes ré volutions de la terre
se retrouvent dam plusieurs parties du continent de la Grèce et de l'Asie -Mineure, pays qui offriront i|iBf»jom\ de riches matériaux aux recherches du'géognoste-, quand la lumière sera retournée vers ces contrées d^où elle a commencé à luire sur
l'occident , quand l'humanité outragée ne gémira plu£ sous la sauvOige barbarie des Ottom^U^. .
Je rappelle la proximité géographique de ces nombreux phéugmènes , pour faijie voir que le bassin de la Méditerranée avec ses îles pouvait ofiGrir à l'obserVâteur at* tentif tout ce qui a été découvert ^cemment sous des former diverses dans l'Amérique méridionale, à Ténéri£fe, Qictdans les îles Aléontîennes, près des régions polaires. Les objets à observer étaient réuuis ; jnais 4^ voyage^' dans dç5} ^cUmats
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lointains y des comparaisons de vastes régions en Europe et hors d'Europe , étaient nécessaires poiù: reconnaître clairement ht rey^mblance des phénomènes volcaniipies entre eux , et leur dépendance les uns des autres.
Le langage kffbituel qui souvent donnt la consirtance et la durée aux idéto^nées de la manière erronée de voir les choses , mais qui souvent aussi indique par instinct la védté ; le langage habituel ^ dis * je , nomme volcaniques toutes les éruptions de feux souterrains et de substances fondues; les colonnes de fumée et de vapeur qui s'élèvent du sein de rochers ^ comme à Golarès, après le grand tremblement de terre de Lisbonne j les salses ou ednes argileux qui vomissent de la boue humide , de l'asphalte et de Thy-*
drc^ne, comme su Girgeirti, en Sicile, etàTurbaco, danft F Amérique méridionale ; les sonrces chandes du )G^ii^r) qui , comprimées par des vapeurs élastiques y ^élancent à une très grande hauteur ; en un mot enfin tous les effets des forces puissantes delà nature, qui ont leur siège dans» Fintérieup de notre^ planète. Daw l'Amerique moyenne ou dans le pays de Guatemala , et dans leâTÎlâs Philippines , les indigènes font une difféience essentielle en^* tre les volcans d'eau et les volcans de feu ( volcanBs de agua y de fuego. ) Par le prentier nom, ils désignent les montagnes desquelles , dans les violens tremhlemens de terre et avec un craquement sourd , sortent de temps en temps des eaux sipu-^ terraines.
Sans nier la connexion des phénomènes
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dont il vient (fétre question , il parait œpendanfcmiTénabléde donner une langue plus précisé à la partie phya^ne et 017cto^ostiqae de lagéognoste, afindetie pis appliquer le nom de ^TOlcan , tàntdt à nœ montagne qui se termine par nne fenrnaise permanente , tantôt à chaque cause souterraine, des phéncHtaènes Tolcamqaes.
Dans l'état actuel du globe terrtetre , la &rme la plns:ordinafre des volcans , dans 'tontes les parties dn monde, est celle d'une montagne conique isolée , cornm* le Vésuve, l'I giuaçua et s'éleVaat d< ' les plus faaf dessus du n
de ces montagnes coniques , on trouve aussi des ouvertures permanentes , des communications constantes avec Tinté-
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rienr de la terneé^ sûv de longues chaînes à dos liaché , non ati milieu de leur sommet en forme de mur, mais à leur extrémité, et prés de la pente. Tel est le Pichincha , qui s'élève entre le grand Océan et la ville de Quito , et que les formules barométri* ques de Bouguer ont depuis long - temps rendu célèbre ; tels sont les volcans qui dominent sur la steppe de los Pastos , haute
de 10,000 pieds. Tous ces sommets de formes diverses , sont composés de trachyte , nommé autrefois porphyre trappéen , roche grenue, fendillée, formée de feldspath vitreux et d'amphibole , et à laqndl» le pjrroxène , le mica , le feldspath feuilleté et le quartz ne sont pas étrangers. • Dans les lieux où les témoins de la pre^ Hrière éruption , je pourrais dire de l'ancien échafaudage volcanique, se sont conservés en entier , la montagne conique