DE RHODES
Les Sy racusains, copime les Athéniens y avaient leur Pœcile. Des images de dieux et de héros , des ourrages des arts de la Grèce et de Iltalie , ornaient les diverses salles du portique. La foule da peaple le remplissait constamment; les jeunes guer*
* Tiré de Horen, jouroal littéraire^ publié par Schiller^ 1796,11° 4*
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Tiers I pour y contempler les exploits de leurs ancêtres ; les artistes , pour y étudier les chefs - d^'cemvre des gmods uattres. Parmi les tableaux innombrables que le zèle actif des Syracnsains avait apportés de la métropole, il y en avait un surtout qui , depuis un siècle , attirait l'attention des passana» Quelquefois le Jupiter Olympien | Gécrops, fondateur des villes , le courage héroïque d'Harmodius et d'Aristogiton , manquaient d'admirateurs , tandis que le peuple se pressait en rangs serrés autour de ce tableau. D'où venait donc cette préférence? Etait-ce un ouvrage d'Apelle échappé, à l'injure des temps ^ ou était - il dû à l'école de Callimaque * ? Non : l'agrément et la grâce se montraient^
* Cacizetchnoê^l^\ine,Ilist. Nat,, xxxit, 19^ 12,35,
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il est vrai , dans ce tableau j mais pour la fonte des couleurs y le caractère et le style de Tensemble, il ne pouvait entrer en comparaison avec beaucoup d'autres ta-»
bleaux du Pécile.
Le peuple regarde arec étonnement et admirece qu'il ne comprend pas ; et cette sorte de peuple est très nombreuse. Ce tableau était en place depuis un siècle ; mais y quoique la culture des arts fût plus développée à Syracuse que dans tout le reste de la Sicile, personne n'avait pu de* viner le sens de ce morceau de peinture. On ne savait pas même avec précision dans quel temple il avait été autrefois , car on Pavait retiré d'un navire échoué , et les marchandises dont celui-ci était chargé , avaient seules fait connaître qu'il venait de Rhodes.
aSa LA FORCE
Sar le premier plan da tableau, on voyait des jeunes gens et des jeunes fille» réunis en groupes serrés. Tous ces personnages étaient sans vêtement y et d'une grand. p«feo«o»- de ib™e, mai. nV vaient pas la taille élancée que l'on admire dans les statues de Praxitèle et d'Aïeamène. Leurs membres robustes, qui portaient des traces d'efforts pénibles , l'expression toute himiaine de leurs désirs et de leurs chagrins, semblaient les dépouiiler de tout caractère céleste ou divin , et les enchaîner à leur séjour terrestre* Leur chevelure était simplement ornée, de feuillages et de fleurs des champs. Ils se tendaient les bras les . uns aux autres , comme pour témoigner le désir ; mais leur regard était dirigé vers un génie qui, entouré d'une lumière éclatante, planait au milieu de ces groupes.. Un pa-
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pillon était placé sur son épaule; de la maiii droite il tenait un flambeau allumé. Ses formes étaient enfantines, arrondies , son regard était animé d'un feu céleste. Il contemplait en maître les jeunes gens et les jeunes filles qui étaient a ses pieds. On ne distinguait d'ailleurs rien de caractéristique dans le tableau. Quelques personnes croyaient remarquer en bas les lettres Cet co, et l'on en prenait occasion , car les antiquaires d'alors n'étaient pas moins hardis que ceux d'aujourd'hui, d'en composer d'une manière très peu heureuse le nom d'un Zénodore , peintre qui , par censée séquent , aurait été l'homon3rme de l'artiste qui plus tard fondit le colosse de Rhodes.
Cependant le génie rhodien , c'est ainsi qu'on appelait le tableau mystérieux , ne