HYMNE À L'ÊTRE-SUPRÊME
Source de vérité qu'outrage l'imposture,
De tout ce qui respire éternel protecteur, Dieu de la liberté, père de la nature.
Créateur et conservateur !
O toi ! seul incréé, seul grand, seul nécessaire.
Auteur de la vertu, principe de la loi. Du pouvoir despotique immuable adversaire,
La France est debout devant toi.
******* L'esclave et le tyran ne t'offrent point d'hommage,
Ton culte est la vertu, ta loi l'égalité : Sur l'homme libre et bon, ton œuvre et ton image.
Tu soufflas l'immortalité.
Quand du dernier Capet la criminelle rage
Tombait d'un trône impur écroulé sous nos coups,
Ton invisible bras guidait notre courage, Les foudres marchaient devant nous.
Anéantis des rois les ligues mutinées ;
De trente nations taris enfin les pleurs ; De la Sambre au Mont Blanc, du Var au Pyrénées
Fais triompher les trois couleurs.
À venger les humains la France est consacrée.
Sois toujours l'allié du peuple souverain ; Et que la république, immortelle, adorée.
Ecrase les trônes d'airain.
M. J. Chenier, Poésies Nationales^ Paris, 1836, pages 225-229, abrégées.