LA FÊTE
^§'a]\s la cité brillante , ou la sombre vallée, Dans le temple superbe . ou l'église isolée , Depuis que l'aube humide a blanchi l'horizon , Aujourd'hui tout invoque et célèbre ton nom,
Aujourd'hui c'est ta fête ; et pom^ toi l'on moissonne , Partout, toutes les fleurs pour former ta couronne.
La beauté , jeune et vaine , aujourd'hui , sans effi'oi , ]N 'oserait d'un bouquet se parer devant toi ; Et même la plus fière , en inclinant sa tête, T'apporte son ofifi^ande, en disant : C'est ta fête.
Les tendres amitiés , ces célestes amours , Veulent marquer ce jour entre tes plus beaux jours ; Elles vont , en chantant d'une voix amoureuse , T'exprimer tous leurs voeux, te prier d'être heureuse.
Mais je ne sais pour toi quel bonheur implorer ! Je ne vois pas pour toi ce qu'on peut désirer ! Ce n'est pas , sûrement , que tu sois plus charmante ,
FOÉTIQUSS. 105
Que ta voix soit l'écho d'une âme plus aimante , Que des regards plus doux s'échappent de tes yeux , Que tes chants soient plus purs et plus harmonieux! Je ne sais pas vouloir qu'on t'aime davantage , Que tu sois plus modeste et que tu sois plus sage...
Mais je voudrais , le soir, quand tes pas adorés Volent sur les parquets de nos salons dorés , Quand la foule est ravie , autour de toi pressée, Je voudrais être , alors , présent à ta pensée ; Quand tes beaux yeux sont clos sous un sommeil léger A tes songes heureux n'être pas étranger. Quand le soleil couchant, dans les flots étincelle , Je voudrais , sur mon lac , conduire ta nacelle ; Que ton voile essuyât les pleurs des saules verts - Et que ta voix se pîùt à répéter mes vers.
4ii f lotmii.
Un souge, uu lieu, lout lui fait peur.
La Fontaine.