LA VILLAGEOISE
« (^^H ! pourquoi donc vas-tu le soir,
)) Jeune fille . dans la campagne ,
» Quand nul ami ne t'accompagne .
» Quand il fait froid , quand il fait noir ?
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» De fatigue toute épuisée ,
» Toute couverte de rosée ,
» Dans mon château viens vite , allons
» Viens essuyer tes cheveux blonds.
» Tes malheurs me sont inconnus ; » Mais tu parais faible et chagrine :
)) En marchant ta tête s'incline , » Les cailloux blessent tes pieds nus.
» Viens changer ta tristesse en joie , )) Et ta bure contre la soie.
M J'ai pour toi de brillants habits , M De l'or , des perles , des rubis.
» — Vos rubis . vos perles . votre or.
5) Les châteaux . la soie ëclataiitc .
■)•> De tout cela rien ne me tente ; » Je pleurais et je pleure encor.
» Mes larmes tombent sous la pluie :
» Eh bien ! l'ami qui les essuyé , » N'est ni puissant ni renonnné ,.
« Mais il est plus. . . il est aimé.
V On ne sait pas connue il est beau . » Et comme je suis peu craintive , » Quand il m'embrasse sous l'ogive 3) De la tourelle du château ; » Quand il me parle avec tendresse , » Et que dans ses bras il me presse , » Comme le lierre , aux longs anneaux
17^ TABKEAUX
» Presse avec grâce ces créneaux.
» — ]Ne crains rien ; tu seras en cor
« Par la blanche laine habillée ,
» Et par l'onde du ciel mouillée.
« Ne crains rien : tu n'auras point d'or ,
» Tu n'auras point de pierreries ,
» Mais par les fleurs de nos prairies
)) Tes cheveux seront retenus :
3) Un berger suivra tes pieds nus. »
Et ne déguisant plus sa voix , Levant sa visière baissée , U se montre à sa fiancée Tout aussi pauvre qu'autrefois.
Et puis , pressant la siamoise
Du corset de la villageoise , Il l'entraîne , fidèle et beau ,
Sous l'ogive du vieux château.
Âli ! qu'importe le sort si ta main caressautc
S'appuie au gouvernail de ma nef inconstante.
M"» Tastl-.