LE PÊCHEUR
^UAND vient la nuit , au doux mystère » La nuit propice aux matelots , Je pars gaîment , je fuis la terre Plus orageuse que les flots.
l84 TABLEAUX
Dans le ciel et dans l'onde même J'aperçois mon étoile , et j'espère toujouis;
Je gouverne , je chante et j'aime Ma nacelle , ma rame et mes jeunes amours^
Je me fie à l'eau lente et vive ;
A terre je laisse les pleurs ;
Le buisson, que retient la rive ,
Jette sur moi toutes ses fleurs.
Dans le ciel et dans l'onde même J'aperçois mon étoile , et j'espère toujours ;
Je gouverne , je chante et j'aime Ma nacelle , ma rame et mes jeunes amours.
Sur toi ma voile étend sa voûte; Belle V aucun pas ne nous poursuit ;
POÉTIQUES. l85
Et si , là-bas , on nous écoute ,
De ma rame on entend le bruit.
Dans le ciel et dans l'onde même J'aperçois mon étoile , et j'espère toujours ;
Je gouverne . je chante et j'aime Ma nacelle , ma rame et mes jeunes amours.
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Ella tomba; le prêtre, au sein d'un noir asile. Emporta, belle encor, la dépouille immobile.
H. DE Latoucbe.
LA MORT d'une FILLE
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yv sommet de la tour la cloche est ébranlée ; L'airain religieux attriste la vallée De ses lugubres tintemens.
Et versant des larmes amères
Le prêtre , les vieillards , les enfans et les mères Joignent des chants sacrés à des gémissemens.
Déjà l'on a creusé la terre ; L'eau bénite a mouillé le ftinèbre rameau ;
Et la croix garde avec mystère Le cercueil virginal d'un ange du hameau.
Dans ses cheveux entrelacée L'aubépine tombait sur son front sans couleurs ,
Et le fragile éclat des Heurs Rappelait sa jeunesse , hélas ! sitôt passée !
Et de ses jeunes sœurs déjà les bras tremblans
Ont enlevé la dépouille chérie ; Et le cortège marche , et de longs voiles blancs Passent, passent encore au fond de la prairie.
Ils passent au niêiiie chemin Où le dernier dinianclie elle dansait encore ;
Où l'églantine vient d'éclore Sur le même rameau que dépouillait sa main. Le cortège s'éloigne; et quelques voix rustiques Font monter dans les airs de lamentables chants ;
On effeuille les lys des champs ;
On entend les derniers cantiques !
De Tasile des morts on a franchi le seuil ; Les vierges un moment déposent le cercueil
Sur la bruyère humide et verte ; Puis elles font un pas. . . et dans la terre ouverte Le fardeau disparaît lentement descendu.
Un bruit lugubre et sourd alors est entendu ; A ce bruit ont cessé tous les vains bruits du monde.
Un homme est resté seul sur la tbsse profonde , Et son bras fait tomber , et fait tomber long-temps La terre de l'oubli sur ce front de vingt ans.
Dans sa froide demeure elle est abandonnée ; A sa mémoire encore une larme est donnée ; Mais les vierges ont peur . et dans l'ombre le soir Sous ses blancs vêtemens tremblent de la revoir.
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O ! comme avec orgueil ton regard enchanté Voit sa beauté naissante éclipser ta beauté !
MlLLEVOTK.