LA FILLE
^aint-Denis où la mort , sur des tombes royales , Grave les plus beaux nom.8 de ses vastes annales ; Où l'on a vu long-temps de vieux moines prier , Est l'asile aujourd'hui des filles du guerrier.
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Une d'elles surtout , au matin de son âge , Conduite par sa mère , y fut chamiante et sage. Dans les heureux travaux du séjour studieux , Les temps qui ne sont plus renaissaient à ses yeux. Les écussons brisés appendus aux murailles Racontaient nos hauts faits, nos sièges, nos batailles. Tout instruisait son âme..., et le long corridor, Avec ses souvenirs était un livre encor.
Enfant , elle admirait en sa joyeuse extase Un papillon surpris dans un piège de gaze ; Elle changeait soudain de caprice et de voeux , De roses , de bluets , couronnait ses cheveux ; Et puis , songeant encore à ces belles marraines Qui portent les bijoux et le sceptre des reines , Elle allait écouter , sur les bancs du saint lieu ,
POÉTIQUES. aoçf
L'histoire de Moïse et du peuple de Dieu. Sur les vieux parchemins aux images gothiques , Elle suivait le cours de nos longues chroniques , Et passant des combats livrés sous nos grands i^is , Aux glorieux récits des nouvelles campagnes , Sur la carte montrait à ses jeunes compagnes , Le village où son père avait gagné sa croix.
Sur la liste d'honneur , c'est elle
Que l'on remarquait chaque jour ; Et bien que de ses sceiu-s elle fût le modèle ,
Elle en était aussi l'amom'.
Et dans la studieuse enceinte , Quand des doctes combats on donna le signal,
Tout le collège virginal Suivit son nom inscrit sur la bannière sainte.
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Un livre , un sourire , un regard , Furent alors le prix de sa jeune victoire ; Et lorscju'uu doux hymen la réclama plus tard , Elle reçut sa dot de la main de la gloire.
Déjà devant ses pas le vieux cloître s'ouvrait ; Le monde l'invitait à sa brillante fête ; Et pourtant vers le seuil elle tournait la têle, Et quoique libre , elle pleurait.
Une colombe essaie au réveil de l'aurore Pour son premier départ , sou aile faible encore ; Mais prête à se livrer aux souffles inconstans , Sur le bord de son nid , elle hésite long-temps.
Belle sans ornement
B.ACIKE.
LA CROIX d'or.
32^uiTTANT l'éclat de sa toilette , J'ai vu Jenny plus belle encor :
Elle portait comme Jeannette , Un ruban noir , une croix d'or.
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Habit simple et brillant langage , J'hésite; et je crois, tour-à-tour, Voir une princesse au village , Une villageoise à la cour.
La cour et le village même N'ont rien vu de plus gracieux ; Le chaperon , le diadème , Jamais couvert de si beaux yeux.
Et le roi lui rendant hommage , Le roi , sans hésiter un jour , Lui ferait la cour au village , Et l'épouserait à la cour.
Jenny n'a point une couionne , Et n'a d'autres sujets que moi ;
Aux pauvres souvent elle donne , Et ne demande rien au roi.
On doit envier son partage , Belle , elle règne avec l'amour , Sur les palais , sur le village ,
Entre le village et la cour
... La journée du k-ndemain ramenai l les mêmes choses , et nous la legaidions encore comme un bienfait.
Lt C DE FORDIN.