LE VOILE
ce ;^^ous ce voile jaloux quel jeune coeur soupirai^ )) Quel est cet air si pur que ma bouche respire ? » C'est l'air du ciel ... Je sens qu'un ange estpanni nous ; « O mes jeunes amours ! répondez , est-ce vous ?
a4 TABLEAUX
» Vous ne répondez point. Pardon, belle étrangère, » Les airs m'ont apporté sa voix fi'aîche et légère ; » A votre doux aspect tous mes sens sont troublés, 3) Rien ne lui ressemblait , et vous lui ressemJDlez ; 3) Et si de vos beaux yeux j^apercevais la flanune , » Je croirais voir briUer un rayon de son âme.
» Un prestige m'abuse et la rend à mes vœux ,
3) Je sens tous les parfums qu'exhalaient ses cheveux ,
33 Et tout semble répondre à cette voix fidèle
33 Qui me dit dans mon coeur : Regarde-la , c'est elle.
33 Mais vous restez muette et détournez vos pas. 3) Ah ! quand je lui parlais , elle ne fuyait pas , 33 Elle me recindail. elle venait bien vite
» Près de moi. . . puis mes bras s'opposaient à sa fuite. »
Et la vierge écoutait tremblante de bonheur Cette voix qui jamais ne devient étrangère; Elle fuyait pourtant... sous la gaze légère Elle cachait ses traits, croyant cacher son cœm\
Ainsi le feu , veillant durant la nuit heureuse , Dans un albâtre pui' nous cache sa clarté :
A travers le voile enchanté Un jour plus doux s'étend sur l'alcove amoureuse.
Et lui la reconnut ; il arrêta ses yeux Sur l'innocence en plem^s et d'amour alarmée ; Et dit : (( Fuyez , fiiyez ; niais vous serez aimée )) Malgré cette frayeur, ce voile , ces adieux.
2(i TABI.i:AnX POÉTIQUES.
)) Que le sort nous sépare ou bien qu'il nous rassemble , ^) Je vous seiai lidèle , ô mes jeunes amours ! » Hélas ! nous n'avons pas jm'é de vivre ensemble , n Mais nous avons juié de nous aimer toujoiu's. »
^'<^fsatJ(.*au ^i ^^amhi.
Ail! de tous les malheurs le crime est le plus grand;
Le crime dont l'aspect t'irrite et l'importune,
A besoin de pitié plus qn'une autre infortune.
Ai-tx. Soumet.