LA JEUNESSE
c^s^uoi ! dans vos plus beaux jom^s en secret alai^mée , Vous craignez le malheur, vous osez le prévoir. Vous ne vous flattez pas , bien jeune et bien aimée, Que le sort vous oublie et passe sans vous voir.
48 TABI.EAUX
N'attristez pas les fleurs qui parent votre tête, Suivez les flots du temps sans y niarcpier cVécueil ,
La Jeunesse... c'est une fête; N'y prononçons jamais des paroles de deuil.
Ne désespérez pas des chances fortunées;
Sur nos maux , en passant ne jetez qu'un regard ;
Chantez , et fiez-vous à vos jeunes années , Au sort , à la vie , au hasard.
Des voluptés du cœur l'ivi^esse est insensée. De la coupe jamais ne touchez que le bord;
Que l'amitié soit dépassée !
Mais n'allez pas plus loin. . . c'estl'amour! c'estlaraort !
Vivez . pour vous la vie est si facile encore !
POÉTIQUES. 4g
Sur son sable doré laissez l'onde courir, Des nuages du soir ne voilez pas l'aurore , N'effrayez pas la flem^ cpii connnence à s'ouvrir.
Laissez-nous les tourniens d'une longue souffi-ance, Tous nos jours orageux , nos affreux lendemains ; Laissez-nous les regrets ; et voyez l'espérance Marcher sur tous vos pas et dans tous vos chemins.
Voyez , le lac se plait à répéter vos charmes ; Souriez au destin , le destin soimra ; Gardez-vous de pleiu'er. car le malheur viendra, Si vous l'appelez par des larmes.
Et ne vous faites pas illusion, Monsieur : si l'on vous voit venir avec plaisir au bal, c'est que vous faites partie du bal , et que vous êtes par conséquent une fraction (le sa nouvelle conquête.
Le C* Xavier de Maistre.