L£ BAL
*^ous voilà sous nos yeux , pour d'autres yeux parée Allez , allez chercher les jeux d'une soirée ; Mais songez bien qu'ici l'on vous aime toujours , Et n'allez pas chercher, surtout , d'autres amoui^s.
Jusques dans uos regrets nous trouverons des charmes,
Les sourires du bal ne valent pas nos lamies ;
Là souvent , tout est faux , les coeurs , les diamans .
Le rire , les discours , la jeunesse des belles ;
Et vous allez mêler à ces déguisemens ,
Vos grâces et vos fleurs qui sont bien naturelles.
Partez : sm^ vos chemins répandez les bouquets .
JN 'épargnez pas les fleurs ; car , dans tous nos bosquets .
Pour les succès brillans , que chaque soir vous donne .
Chaque nouveau matin pariume une couronne.
Sur ses charnières d'or l'écrin s'est refermé : Elle prend les gants blancs , le mouchoir parfumé ; Regarde sa corbeille, et choisit elle-même L'éventail exhalant les doux parfums qu'elle aime. Elle agite, en sa main, d un mouvement égal.
Les étoiles d'acier sur le bois de saiidal , Et cache sa parure et ses grâces i'rauçaises Sous le manteau brillant des couleurs écossaises.
Mais déjà , par la voix du laqiiais galonné ,
Le signal du départ à Madame est donné;
L'équipage s'avance avec ses deux lumières ,
Les écussons dorés sur l'émail des portières , Et du landau brillant , qui résonne et qui fuit ,
On ne voit plus les feux , on n'entend plus le bruit.
De l'hôtel éclatant l'aspect est magnifique ; Les cristaux enflammés colorent le portique , D'un tapis de velours les marbres sont couverts; On voit un long chemin de roses , d'arbres verts , Où la beauté s'élance et suit , d'un vol rapide ,
Vers le bal coniniencë, l'étranger qui la guide. Elle entre , elle s'incline , et de loin , par hasai'd , Dans une glace encor rencontre son regard.
Elle a fui le bonheur pour ses folles images ; Elle a quitté nos soins pour de brillans hommages; Pour les discours flatteurs des jeunes merveilleux Qui parlent à voix basse et qu'on n'entend que mieux . La rose , sur son fi^ont , aux rubans enlacée , Et pom^ la contempler une foule empressée, Le bal et les danseui^s , et puis ces mots si doux : c( La Avalse va finir, la prochaine avec vous. •>■> Et son cœur s'enivrait , en se croyant fidèle , De ces propos charmans dont s'enivre une belle.
El moi, je l'attendais; je comptais les instans,
Sui' l'émail où l'acier marque les pas du temps ;
Ma pensée , en secret . pour tromper mon attente ,
Suivait , au fond du bal , son écharpe flottante ;
Et puis je me disais : Elle danse à ravir,
Pour flatter mon orgueil et pour mieux m*asservir,
Ne cherche , dans sa gloire et dans sa renonunée ,
Qu'mi moyen de me plaire et d'être plus aimée 1
A son triomphe ainsi je me sentais lié,
Je m'enivrais comme elle ; et j'avais oublié
Que la parm^e est tout ; qu'en public ime amante
Aime tous les regards qui la trouvent charmante ;
Que la danse sur elle a des droits absolus ,
Et qu'une femme, au bal, ne nous appartient plus.
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Vne grâce enivrante à sa beauté se mêle. Et ses étants inspirés sont gracieux comme elle. Déjà d'une couronne ornant ses blonds cheveux. Son jeune et beau génie a fait nlus que nos vœux.
Bei.montet.