‹ Tableaux poétiquesChapitre 7 sur 27 · L£ BAL · texte numérisé non relu

L£ BAL

*^ous voilà sous nos yeux , pour d'autres yeux parée Allez , allez chercher les jeux d'une soirée ; Mais songez bien qu'ici l'on vous aime toujours , Et n'allez pas chercher, surtout , d'autres amoui^s.

Jusques dans uos regrets nous trouverons des charmes,

Les sourires du bal ne valent pas nos lamies ;

Là souvent , tout est faux , les coeurs , les diamans .

Le rire , les discours , la jeunesse des belles ;

Et vous allez mêler à ces déguisemens ,

Vos grâces et vos fleurs qui sont bien naturelles.

Partez : sm^ vos chemins répandez les bouquets .

JN 'épargnez pas les fleurs ; car , dans tous nos bosquets .

Pour les succès brillans , que chaque soir vous donne .

Chaque nouveau matin pariume une couronne.

Sur ses charnières d'or l'écrin s'est refermé : Elle prend les gants blancs , le mouchoir parfumé ; Regarde sa corbeille, et choisit elle-même L'éventail exhalant les doux parfums qu'elle aime. Elle agite, en sa main, d un mouvement égal.

Les étoiles d'acier sur le bois de saiidal , Et cache sa parure et ses grâces i'rauçaises Sous le manteau brillant des couleurs écossaises.

Mais déjà , par la voix du laqiiais galonné ,

Le signal du départ à Madame est donné;

L'équipage s'avance avec ses deux lumières ,

Les écussons dorés sur l'émail des portières , Et du landau brillant , qui résonne et qui fuit ,

On ne voit plus les feux , on n'entend plus le bruit.

De l'hôtel éclatant l'aspect est magnifique ; Les cristaux enflammés colorent le portique , D'un tapis de velours les marbres sont couverts; On voit un long chemin de roses , d'arbres verts , Où la beauté s'élance et suit , d'un vol rapide ,

Vers le bal coniniencë, l'étranger qui la guide. Elle entre , elle s'incline , et de loin , par hasai'd , Dans une glace encor rencontre son regard.

Elle a fui le bonheur pour ses folles images ; Elle a quitté nos soins pour de brillans hommages; Pour les discours flatteurs des jeunes merveilleux Qui parlent à voix basse et qu'on n'entend que mieux . La rose , sur son fi^ont , aux rubans enlacée , Et pom^ la contempler une foule empressée, Le bal et les danseui^s , et puis ces mots si doux : c( La Avalse va finir, la prochaine avec vous. •>■> Et son cœur s'enivrait , en se croyant fidèle , De ces propos charmans dont s'enivre une belle.

El moi, je l'attendais; je comptais les instans,

Sui' l'émail où l'acier marque les pas du temps ;

Ma pensée , en secret . pour tromper mon attente ,

Suivait , au fond du bal , son écharpe flottante ;

Et puis je me disais : Elle danse à ravir,

Pour flatter mon orgueil et pour mieux m*asservir,

Ne cherche , dans sa gloire et dans sa renonunée ,

Qu'mi moyen de me plaire et d'être plus aimée 1

A son triomphe ainsi je me sentais lié,

Je m'enivrais comme elle ; et j'avais oublié

Que la parm^e est tout ; qu'en public ime amante

Aime tous les regards qui la trouvent charmante ;

Que la danse sur elle a des droits absolus ,

Et qu'une femme, au bal, ne nous appartient plus.

.^^^ mm

Vne grâce enivrante à sa beauté se mêle. Et ses étants inspirés sont gracieux comme elle. Déjà d'une couronne ornant ses blonds cheveux. Son jeune et beau génie a fait nlus que nos vœux.

Bei.montet.

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