‹ Tableaux poétiquesChapitre 8 sur 27 · DELPHINE · texte numérisé non relu

DELPHINE

^î^oMÈRE en la voyant, Homère aurait chanté; Raphaël à la toile eût appris sa beauté. Maintenant nos pinceaux , nos vers sont inhabiles , Ils ne sauraient fixer des traits aussi mobiles ,

Et l'on peindrait plutôt les doux rayons des cieux , Que lés rayons plus doux qui tombent de ses yeux .

Le vague enchantement du bruit lointain des lyres, L'ivresse des parfums . le charme des sourires , Le premier sentiment . qu'un mot vous révéla , C'est Delphine... Chactas l'eut nommée Atala.

Son âme est un secret d'amoui' et d'harmonie ; Son esprit vif et prompt a l'élan du génie ; Elle comprend la gloire . elle aime son danger ; La gloire est un péril qu'elle peut partager. Avec ravissement elle a vu la tempête , Les vents impétueux ont sifflé siu* sa tête , Et , de braver l'orage éprouvant le besoin , Elle a dit au pilote : 11 faut aller plus loin !

POÉTIQUES. Or>

Et dès que le zéphir la ramène au rivage , On la voit se courber sur la roche sauvage , Et jeter, en riant, dans les flots azui^és, Des coquilles de nacre et des cailloux dorés.

De la terre et du ciel c'est un divin mélange ; Tantôt comme la femme , et tantôt comme l'ange, Elle peut soutenir le vif éclat des cieux ; Et nos faibles regards lui font baisser les yeux.

Voyageuse ici-bas , céleste passagère , Elle n'a de nos maux qu'une atteinte légère ; Comme une douce pluie aux beaux jom^s du printemps , Les pleurs dans ses beaux yeux ne restent pas long- temps. Elle chante! et l'écho des pieuses enceintes Ajoute un nom de plus au nom des Muses saintes;

Et rêvant de triomphe et d'immortalité , On nonmie avec orgueil cette jeune beauté Qui , sur sa lyre d'or ou sa harpe d'ébène , Fait soui'ire l'amoui^ ou pleurer Magdeleine.*

• Le poème de Magdeleine. \iit Mlle Delphine Gay.

Un céleste pouvoir secondait mes efforts ; Le Seigneur m'inspirait; sa divine lumière Embrasait de ses feux mon âme tout entière.

M"^ Delphine Gay.

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