CHAPITRE II
Le GOUVERNEMENT GÉNÉRAL
lo Carrière :— M. de Rémy, écuyer, sieur de Montigny, Fresnaye,
. Courcelle, seigneur de Rouvray, élection d’Arques, — lieutenant gouverneur de Thionville (Lorraine). — Ami de Talon, de M. de Tracy,
du marquis de Feuquières, du comte d’Estrade. — Le 23emars 1665,
il succède à M. de Mésy. -— Son nom se lit dans les actes : de Courcelle.
— À son retour en France, il est nommé gouverneur de Toulon, où il il décéda le 24 oct. 1698.
26 Administration : — le 14 mai 1665, le 12 sept., le vaisseau aborde à Québec. — Le 23, il réorganise le Con- à seil souverain. — Au début d'octobre, il fait l'inspection des forts de F Sorel, de Chambly, de Sainte-Térèse, en Construction. — Le 9 janv. , | 1666, il entreprend une Campagne contre les Agniers ; — Je 29, à la i | tête de 500 hommes, il- quitte Sainte-Térèse, “ sans attendre par sa | faute les guides algonquins”.— Le 14 février, il est rendu à Orange. —
il s’embarque avec Talon ; —
La destruction de 2 bourgades inhabitées, le massacre de quatre Iroquois I° sont les seuls résultats de l'expédition. — Retraite pénible et meurtrière, faute de vivres dans un grand froid.—Leg Mars, retour à Chambly Daniel de — Déconcerté, chagrin, le gouverneur s'en prend au P. Albanel, missionnaire des Algonquins qui l’ont rejoint, le 22 février seulement : Rémy, | — le 17 mars, à Québec, M. de Tracy dissipe ses préventions. — | Le 18 juillet, des ambassadeurs iroquois sollicitent un traité seigneur de 4
iers. oujours impétueux, M.
Courcelle de Courcelle cond 8è gouverneur
mider les députés iroquois : le 20 août 1668, dans l'été de 1669, en juillet | 1670, dans son expédition hardie au lac En 1669, il ina ugure l’organisation de la Milice canadienne. — Il assiste
| aux missions diverses que Talon envoie à la baie d'Hudson, en Acadie, | au lae Erié ou Mississipi
| 80 Rappel en France (1672) : — il Je sollicite en 1671 ;
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— le roi le lui
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accorde (7 avril 1672) : il est remplacé par le comte de Frontenac. — Il s’embarque avec Talon, avec qui il partage les “ éternels regrets ” de la colonie (15 août 1672).
40 Son caractère : — ‘“ vaillant militaire ; impulsif, prompt à l’action, impatient des retards ; — tempérament ombrageux, soupconneux sans motifs, cède au premier mouvement. — Son courage, son zèle, son honorabilité, son dévouement au bien public, ont fait de lui un de nos bons gouverneurs.” (V. Th. Chapais, Jean Talon).
1o Origine, Antécedents : — Louis de Buade, comte de Palluau et de Frontenac — village de 717 habitants dans le Bordelais — (1622-98). — Mestre et maréchal de camp, lieutenant général des armées du 1#i, il était fils du premier maître d’hôtel et capitaine du château de Saint- Germain-en-Laye. — En 1648, il épouse Anne de Lagrange-Trianon, fille d’un maître des comptes ; — leur unique fils périt sur un champ de bataille d'Allemagne. — Galant, prodigue, il se sépare de son épouse, femme recherchée du grand monde, pédante et hautaine.
30 Caractère : — Il a des qualités remarquables et de grands défauts. — intelligence vive, hardie, intrépidité dans l’action, habileté dans les conseils, persévérance dans ses desseins, fidélité dans ses amitiés ; — mais homme violent, impétueux, vaniteux, opiniâtre dans ses préjugés, injuste dans ses décisions, mesquin dans ses procédés, acre dans ses rancunes. — Il semble mériter, à un degré presque égal, l'éloge et la critique. (V. Th. Chapais, Jean Talon, p. 433).
| 3o Administration : — II débarque à Québec, aux premiers jours de septembre 1672. — “ J'ai, dit-il, trouvé ce pays moins sauvage que je ne le pensais.” — Sa garde se compose de 20 soldats à cheval, dits carabins. — Le 17 septembre, il préside en dominateur le Conseil, malgré la présence de M. de Courcelle et de Talon. — Le 23 octobre, il réunit à la chapelle des Jésuites les Etats généraux : clergé, noblesse, gens de justice, tiers-état, et leur fait prêter serment de fidélité : — innovation que ne tarde pas de blâmer Colbert. — En novembre, de concert avec Talon qui va repasser en France, il signe les instructions
à Louis Jolliet et au P. Marjuuit* se rendant au Mississipi. Le 12 mars 1673, il convoy:. une assemblée générale, fait nommer II° six des citoyens pour examiner un long règlement de police qu’il a élaboré ; — il ‘établit des échevins à Québec, avec le droit de régler les
Le comte délits de police: il empiète sur les prérogatives de la Compagnie des
Indes. — Il agit à sa guise, n'ayant la coopération d'aucun intendant. de — Il s’abstient d'inviter au Conseil souverain le Vicaire générai de l’évêque absent, en écarte M. de Villeray, ami des Jésuites ; — il exige
Frontenac, un passe-part de tout ecclésiastique qui sort de Québec, intercepte les
lettres des prêtres, mande ceux-ci à Québec sans motifs plausibles. —
9è gouverneur Il charge son ami Robert de La Salle de l'érection du fort Cataracoui (Kingston), et oblige les Montréalais à contribuer aux travaux : —
(1672-82) murmures et réclamations (1673). — Survient la retentissante affaire
lo Famille : — elle était de la
20 Caractère : — commissaire de la généralité de Tours,
ne
Perrot-Fénelon : le premier est incarcéré à Québec, en France (1674). — Sur tous ces points, le gouverne de Colbert et du roi...
que des actes arbitraires, violences, accusations, réclamations... — Le gouverneur exile M. de Tilly à Beauport, M. d’Auteuil à Sillery, M. de Villeray à l'ile d'Orléans ; — il met, deux mois, en prison un quatrième conseiller, M. D’Amours; — il fait arrêter le fils de l’intendant, laisse les coureurs de bois et les sei-
Indiens et porter des four-
Pparence envers la Cour, le s ses inférieurs autoritaire, despote, injuste ; — à l'égard du clergé, les Récollets exceptés, il ne garde ni le respect, ni la modération. .. — Il sut en imposer aux Iroquois et maintenir une paix déjà consolidée, et distribuer des seigneuries et fiefs, promouvoir les expéditions à l’ouest et au sud, ménager à la France l'alliance des indigènes, surtout des Abénaquis. — La colonisation et le développement économique du Canada sont stationnaires, durant dix ans. — La population est de 7,832 âmes, en 1675, de 10,251 en 1682. — La disgrâce qui frappe M. de Frontenac lui sera profitable : combien le second Bouvernement sera différent du premier !
Touraine. — Guillaume, chevalier, seigneur des Breux, Montay, de la Doucinière, échanson du roi, épouse Anne de La Lande, qui lui donna deux Barçons. — Plusieurs alliances reliaient la famille à celle des Voyer d'Argenson et de Fumay.
conseiller du
roi, trésorier de France, et général des finances de la Touraine, seigneur
de la Doucinière et d’Ambault, il est nommé intendant, le 5 juin 1675. — C'était un homme intègre, loyal, tout d'une pièce, attaché à ses droits, à ses devoirs, bon administrateur, — I] recevait une mission délicate et difficile, une tâche ingrate, à côté d'un homme hautain et intraitable, M. de Frontenac : ce fut son malheur.
le second renvoyé ur reçoit les blâmes
»* eMmportements, grosqu'il pouvait tout faire ce —- Luttes avec l’évêque de Discussion sur-
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