‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 39 sur 50 · IL · texte numérisé non relu

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III° 30 Administration : — dès le début, durant dix séances du Conseil, il se heurte aux prétentions du gouverneur ; — ses instructions étaient Jacques celles de Talon : troisième place au Conseil, diriger les délibérations, demander les avis, recueillir les suffrages, prononcer les arrêts, exercer Duchesneau, l’intendance de la justice, police et finances. — Duchesneau appuie le clergé et les missionnaires pour supprimer le commerce des spiritueux ; 4è intendant — le gouverneur le dénonça à la Cour comme trop favorable au pouvoir spirituel, ce qui constituait une diversion et une injustice. — Le (1675-82) roi écrit au comte de Frontenac (30 avril 1681) : “ Tout ce que vous écrivez contre l’intendant, sur le fait de son commerce et de l'intérêt aux coureurs de bois, paraît allégué par esprit de récrimation plutôt qu'avec un fondement véritable.” — Un édit royal du 18 mai 1679 supprima la traite des boissons avec les sauvages. — C'était donner raison à l’intendant. — A Ja longue, celui-ci, froissé, aigri, humilié par les façons tranchantes, par les procédés hautains de son rival, se détermina à agir en dehors du gouverneur brouillon et indocile ; — il se donna le tort de s’arroger des droits excessifs. .. — L'intendant avait amené son fils, âgé de 18 ans, le chevalier Duchesneau, — lequel par boutade fut souffleté par le gouverneur et incarcéré. — L’intendant rentre en France en 1682. Ê

1o Antécedents : — Joseph-Antoine Lefebvre de La Barre (1622-88), conseiller au Parlement de Paris, maître des requêtes, successivement

intendant de Paris, de Grenoble, de Moulins, de Riom, capitaine de la marine, gouverneur de la Guyane (1667). — Sa carrière est très mouvementée, avec des vicissitudes diverses, heureuses parfois, souvent malheureuses, — On s'étonne du choix de ce vieillard de 70 ans comme gouverneur, le ler mai 1682. — Ses intentions sont droites, mais il manque d'énergie, de décision, d’habileté ; — et il hérite d’une situation complexe. :

‘ | 20 Ses débuts : — après une traversée de 78 jours, il voit enregistrer à Québec sa commission de gouverneur (9 octobre), sous les yeux de M. de Frontenac et de Duchesneau. — 1] s'aperçoit aussitôt des dissensions régnantes. — Au printemps, un terrible incendie a consumé la basse ville, démoralisant les plus fermes esprits. — La situation extérieure s’assombrit : sous l’instigation du catholique colonel Dongan, gôuverneur de la Nouvelle-York, les Anglais s’arment. et ils arment les Iroquois, dans le dessein de détruire nos alliés, Illinois, Miamis, Outagamis, et de ruiner notre commerce ; — ils ont en 1681 fait 700 prisonniers et tué 600 guerriers. — Et les instructions du gouverneur sont de développer commerce et agriculture, d'éviter toute demonstration belliqueuse contre les Iroquois, sinon de les intimider par un corps de 500 miliciens à Niagara. — Le 10 octobre, grande assemblée à Québec : l'avis général est que la rapide répression des Cinq Cantons est urgente. — Le gouverneur réclame des troupes de France aussitôt.

30 Son administration : — d'accord avec l'intendant, Jacques de Meul-

IV

Lefebvre de La Barre 10è gouverneur

40 Hostilités : on févri

les, il règle la question de la dtme et des cures fixes. — Il abandonne la politique indigène de son prédécesseur : — ;] enlève à M. de La Salle le fort de Frontenac (Cataracoui) et celui de Saint-Louis des Illinois, où commande Henri de Tonti ; — mais Cavelier de La Salle les recouvre, le 29 septembre 1684, par ordre du roi. — entre les deux administrateurs de la colonie, ostensible ; — ]a plus grave accusation de l’honnête intendant contre le Souverneur, c’est la multiplicité des congé traite des fourrures — » ainsi que sa connive plus riches, — M. de la Barre se défendit fer

contre les Illinois, l'indemnité consentie aux Français pillés par eux, le départ des troupes dès le lendement (5 septembre 1684)”. Des historiens l’appellent “un pacte

honteux ”, — Le 9 octobre, le P. de Lamberville écrit au gouverneur :

“Vous ne pouviez avancer sans être défait, en l’état où était votre armée, qui était un hôpital et non un camp.

dans leurs retranchements, et battre des band fallait 1,000 hommes de plus... Vous méritez le titre de libérateur du Pays, en faisant la paix dans une conjoncture où de la colonie, sans Y pouvoir remédier.” Préparé l’entreprise, — Les mécontents l’accablèrent à Ja Cour qui décida son rappel sur-le-champ.

5o Départ et mort : — M. de La Barre encourage, rateurs renommés Nicolas Perrot et Daniel du Lhut. — En 1684, se fonde la Compagnie canadienne de la baie d'Hudson. — En 1685, Iroquois, enflés de leur succès, menacent de cou tions avec les Pays d’en-haut ; ils traquent les Illinois : les Anglais

deviennent plus inquiétants, — M. de La Barre quitte Québec, au mois d'août 1685, I

Pour attaquer des gens its dans les bois, il vous

Vous eussiez vu la perte — Il avait insuffisamment

à l’ouest, les explo-

| lon les uns, il décéda le 3 septembre 1690 ; le 4 mai 1688, selon d’autres: il fut inhumé à Paris. Son fils diss pa sa fortune ; son arrière-petitfils, le chevalier de La Barre, fut exécuté, comme sacrilège et scandaleux, à Abbeville (1747-66), réhabilité par Voltaire et la Convention (1793).

1o Famille : — originaire du Poitou, paroisse de Cerizay (département des Deux-Sèvres,) 1921 âmes — ; descendant de François de Meuiles — nom d’un bourg du Calvados;— homme docte et écrivain, père de l’intendant. — Celui-ci épousa la sœur de Michel Bégon, belle-sœur de Colbert.

20 Caractère : — fonctionnaire intelligent, actif, progressif ; — mais accessible aux préjugés, extrême dans ses vues, peu bienveillant, facilement aveuglé par la passion. — Il est averti par Colbert de Séignelay de vivre en paix avec de M. de La Barre. — Il sauvegarde les apparences ; mais dans sa correspondance perce son constant désaccord avec le gouverneur et le Conseil souverain.

30 Œuvre administrative : — nommé intendant le ler mai 1682, il arrive à Québec avec M. de La Barre. — Le palais de l’intendant venait de passer au feu ; — il s’installe dans la haute ville. — M. de Meulles met aussitôt en vigueur les ordonnances contre la traite des liqueurs et les congés, — contre les relations commerciales avec les Anglais et les Hollandais ; — il favorise les échanges et le trafic avec les Antilles. — 1 s'applique à coloniser plus à l’intérieur du pays, de régulariser les concessions, de promouvoir leur exploitation. — Il réclame contre l’envoi de jeunes engagés de 12 à 15 ans, d’institutrices inexpérimentées

V° pour enseigner les sauvagesses. — Il fait appel à des ouvriers, à des artisans de tous les métiers, à des fabricants de potasse, à des tein- Jacques turiers, à des organisateurs de pêche sédentaire. — Son salaire étant insuffisant, il avoue qu'il a vendu deux congés pour 700 livres ; — ce de qui ne l'empêche pas de reprocher ce même procédé au gouverneur. — En mai 1683, il visite la région de Montréal ; il fait construire des Meulles canots à Québec par les sauvages habitués. — Le 29 août, un régiment de 150 hommes s’embarque pour le Canada et aborde à Québec, le 5è intendant 7 novembre : l’intendant a tout préparé pour les accueillir, — Il a x ravitaillé le fort de Frontenac.— Il condamne l'abus des renseignements (1682-86) communiqués au fourbe Dongan. — En 1684, après le retour de la malheureuse expédition, 300 hommes débarquent en rade de Québec : nouvelles occupations sur les bras de l’intendant.

Le ler août 1685, M. de Denouville vient remplacer M. de La Barre, — En septembre, l'intendant accompagne Mgr de Saint-Vallier dans l'inspection du diocèse. — En octobre, suivi du conseiller Peyras, son ami, il se rend en Acadie, dont il fait le recensement (1686) : 885 âmes,

— tandis que le recensement canadien accuse 12,373 habitants.

40 Résultats : — malgré l'impéritie du gouverneur de La Barre, M. de Meulles fait progresser la colonie : — il nota que les divers climats de

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la Nouvelle-France, développée du côté des Illinois, fourniraient les productions les plus variées 3 — qu'il faudrait ‘“ quelques Basques experts ” pour augmenter la pêche de la baleine ; — qu’il fallait créer, pour atténuer la misère générale, la monnaie de carte, dont on abusa dars la suite, — Il ménagea si bien les deniers du roi que, en dépit des frais et dépenses, il n’avait Pas épuisé les fonds des fortifications. — Sur sa demande, le roi ordonne l’admission de deux gentilhommes canadiens par an dans les gardes-marine, ainsi que la liberté du commerce,

lo Famille : — Jacques-René de Brisay (1642-1710), marquis de Denonville — commune de 516 âmes dans la Beauce (France), — colonel et brigadier des dragons du roi, est originaire du Poitor: et de l’Anjou, allié à la maison d’Argenson. — Le 24 novembre 1668, il épouse Catherine, fille de Germain Courtin, seigneur de Moncel. — Comme madame Champlain et madame d’Ailleboust, elle suit son époux en Nouvelle-France. — “ Elle tint au château de Québec une chambre, sinon une boutique, pleine de marchandises, et était d'humeur à ne pas négliger une occasion de profit.”

20 Départ : — nommé (ler janvier 1685) gouverneur, il s'embarque à La Rochelle avec 500 soldats et marins, au commencement de juin ; — il débarque le 1er août, après avoir perdu 60 hommes, comptant 80 autres, malades du scorbut. — Les officiers sont : les capitaines d’Orvilliers, Saint-Cirque, Macary, de Flour, de Troyes, Daneau, Dumuy, de Valrennes, des Bergères, des Mélaizes, d’Espérac ; les lieutenants de Jordis aîné et cadet, de La Mothe, La Rivière, Chaufour, de Ramezay, — qui se sont tous distingués au Canada.

30 Programme : — Je ministre de Seignelay lui prescrit de travailler à la francisation des sauvages, — laquelle a déjà échoué ; — de soutenir nos alliés indigènes : — d’humilier les Jroquois, en vue d’une paix durable ; — de ménager l'entente avec le gouverneur de la Nouvelle- York... — Il tient à réaliser ce programme à la lettre...

4o Administration : — Je gouverneur visite Montréal, établit d'Orvilliers au fort de Frontenac, se fait renseigner sur les forces des Tsonnontouans, qui continuent leurs insolentes déprédations : il se décide à les châtier. — Le 13 octobre 1685, relations avec Dongan qu'il soupsonne user de mauvaise foi ; — bien qu'il représente Jacques II, ami de Louis XIV, il se montre fanatique et hypocrite, — Les traités de Whüehali (novembre 1686) et de Versailles (décembre 1687) stipulent

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