‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 50 · RL ET SE 7 ARR · texte numérisé non relu

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la neutralité entre les deux colonies, la délimitation des frontières aca-

diennes, les droits de commerce à la baie d'Hudson. — Ces négocia-

tions demeurent sans effet ; — elles permirent à Dongan de fomenter

la haine des Iroquois, de leur vendre des munitions, de donner asile à

Manhatte aux déserteurs français, soldats et commerçants calvinistes

qui fondent la Petite Rochelle, de planter les armes anglaises du duc

d'York en terre iroquoise, de réclamer l’expulsion des Jésuites missionnaires. — Andros, son successeur, reprend les mêmes agissements :

— et la Cour de Versailles ferme les yeux ; elle empêche le gouverneur

de Québec de frapper le véritable ennemi de la Nouvelle-France.

5o Campagne iroquoise : — le marquis s’y prépare en secret, dès l’automne de 1685, en 1686, au printemps de 1687. — Il dispose de 800 Ë soldats réguliers, de 700 hommes de la milice, de 500 indigènes, de 400 combattants de l'Ouest. —Il divise ces 2,500 guerriers en quatre corp: expéditionnaires, sous les ordres de M. de Vaudreuil, de M. de Callié. res, de Berthier, la Valtrie, Grandville, Lemoyne de Longueuil. —

Pour déguiser son plan, il fait convoquer par les missionnaires 40 chefs

VI° iroque s au fort Frontenac (juin 1687). — L’intendant de Champigny leur fait servir un festin, à l’issue duquel il les constitue prisonniers et

Jacques les expédie en France pour servir sur les galères dela Méditerranée. — Cet

acte de félonie attira le châtiment sur les Jésuites innocents: le P. Mil.

de let est mis à la torture et reste captif durant sept ans. — Le 10 juillet, l’armée débarque sur la rive méridionale du lac Ontario. — En 10 jours,

Denonville elle rédu: les Iroquois, qui perdent 45 tués et 60 blessés ; — elle incendie les quatres bourgades des Tsonnontouans, qui ont pris la fuite, la

11è gouverneu vengeance au cœur. — Le 19, le gouverneur prend officiellement possession du territoire conquis, — il établit un fort sur la rive droite du

(1685-89) Niagara, destiné à barrer le passage aux Anglais et confié à la garde de M. de Troyes et de M. des Bergères, avec une garnison de 100 hommes d'armes. — “* J'ai rétabli, écrit-il, le 25 août au ministre, la réputation française, qui était perdue, chez les nations sauvages alliées et autres ”’.— En réalité, médiocres sont les résultats de la campagne, car les Anglais ont hospitalisé les fugitifs, qui ne sont ni anéantis, ni découragés.

Vers les derniers jours d'août 1687, les Onnontagués vont dévaster les environs du fort Frontenac; — les Agniers assiègent Chambly, Verchères, Contrecœur ; — d’autres fourragent dans toutes les direc: tions de nos frontières. — ‘ Si tu te contentes d’effrayer les guêpes, lui avait dit un chef indien, elles se réuniront toutes pour tomber sur toi!” -- Les garnisons meurent du scorbut à Niagara et à Fronte nac : il faut négocier la paix avec les tribus. — C’est Dongan qui h dicte aux Iroquois (août 1688).

| 60 Rupture des négociations : — Haaskouan ou la Grande-Gueule con: | |

duisait à Montréal la députation des Cinq Cantons. — Kondiaronk «1

le Rat, chef huron, l'arrête en chemin, parce que M. de Denonville veut négocier sans sa participation, dont ils étaient préalablement conve

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nus. — Il fond avec ses cent guerriers sur l’es en massacre plusieurs, fait les autres vrisonniers, ‘ dit-il, les ordres du gouverneur ”. — Etonné, Haasko a signé un accommodement avec Ononthio :—leR violent désespoir et jure de se venger ; il remet les captifs, présente à M. de La Durantaye à Michillimakinac com

pourra . ” — Puis il trama en secret le massacre général des Français d’en-haut : un Agnier

captif éventa le complot à temps. — Les Iroquois se blottissent tout l’hiver de 1688. — Le 5 août 1689, ils exécutent l’horrible massacre de Lachine, et font le ravage de l’île de Montréal ! — achève de décourager M. de Denonville ; — Je à M. de Valrennes de détruire le fort de Frontenac. — Il ne rest que Michillimakinac, et les postes avancés de Nicolas Perrot à la baie des Puants, et Saint-Louis des Illinois. — La mission de M. de Callières à Versailles sauva la colonie : il ré aux Ang'ais.

To Rappel du &ouverneur : — M. de Denonville était l’homme d’une seule idée : la guerre aux Iroquois. — Il n’était pas à la hauteur d’une tâche politique, de la direction d’une grande colonie, — Dès le 16 août

| 1689, le roi l’a nommé sous-gouverneur du duc de Bourgogne. — Le 14 janvier, il entre en charge. — 71 mourut, le 25 septembre 1710. — “ C'était, dit Saint-Simon, une espèce d’imbécile, bien dévot et bien incapable d'élever Personne ; un très bon et honnête gentilhomme, très propre à la congrégation des Jésuites, et à rien du tout au-delà.”

lo Double dessein : — Je gouverneur revient

du chef Ou-

Le 13 novembre, les Iroquois ont incendié les dépôts de M. de La Chesnaye, tuant 20 person-

nes : — leurs succès les enivrent et les rendent intraitables. —Le gouverneur active alors la défense générale du pays : le fort Cataracoui, Montréal qu'il entoure de palissades, Trois-Rivières, Québec, des fortins disséminés çà et là. — Il vise la conservation des postes d’en-haut et de l’ouest, où d'Iberville (1689) a triomphé des Anglais à la baie d'Hudson, — où Perrot, du Lhut, de Louvigny s’attachent les alliés. — En quelques mois, il a raffermi le renom des Français et la prospérité de la colonie.

20 Guerre avec les Anglais : — Louis XIV est en présence de Guillaume III, le vainqueur de son beau-père Jacques II, pour lequel le roi de France a sacrifié flotte et soldats, — Le Canada ne compte que

couade de la députation, suivant en cela, uan affirme qu’il at de feindre un sauf un qu’il

15,000 âmes, la Nouvelle-Angleterre en a 200,000 ; — les Français ont le concours des Abénaquis, les Anglais celui des Iroquois. — Néanmoins le gouverneur n’hésite pas un instant, bien que laissé à ses propres ressources.— Au cœur de l’hiver (1689-90), il organise trois corps expéditionnaires : — le premier à Montréal, sous les ordres de Lemoyne de Sainte-Hélène et d’Ailleboust de Mantet, se compose de 114 Canadiens et de 96 sauvages ; — le second aux Trois-Rivières, sous la conduite de François Hertel avec 25 Canadiens et 27 indigènes ; — le troisième à Québec, commandé par M. de Portneuf, à la tête de 110 Canadiens, 50 Français, 60 Abénakis de St-François de Sales.

Le premier corps, en février 1690, marche 22 jours par un froid intense, arrive devant les 80 maisons de Corlaer qu’il brûle et saccage de fond en comble, — Le second, du 28 janvier au 15 mars, parcourt 100 lieues, atteint Salmon-Falls (Portsmouth), s’en empare, l’incendie, tue 30 Anglais et fait les autres prisonniers. — I] opère sa jonction avec le troisième corps qui s’avance sur Casco-Bay, où le commandant Daris, muni de 8 canons, est forcé de se rendre avec la garnison. — Le succès dépasse les espérances de M. de Frontenac. — Pris de terreur, les Anglais forment l’Union des Etats (en mai 1690)

30 Offensive des Anglais (1690) : — l’armée de terre se compose d’Anglais, de Hollandais, de Loups, de Sokokis, d’Iroquois ; — le commandant John Winthrop, du Connecticut, doit descendre le Richelieu et s'emparer de Montréal. A l'entrée du lac Saint-Sacrement (George) dissension entre les chefs et petite vérole dans les troupes, qui se dispersent. — Cependant, l’amiral William Phipps, qui a pris Port Royal et pillé Plaisance de Terre-N euve, arrive devant Québec, le 16 octobre, avec 30 vaisseaux et 2,590 hommes de débarquement. — Au délégué anglais, Frontenac répond avec fierté : “ Dites à votre maître que je

| vais lui répondre par la bouche de mes canons ”. — Le 18, le gouver- | neur tira le premier. — Une troupe de 1,500 Anglais sont débarqué | à Beauport, défendu jar Juchereau de Saint-Denis et M. de Sainte Hélène, qui mourut de ses blessures. — Après cinq jours de furieux | combats, Phipps échange les prisonniers, se retire le 23, rentre à Bos ton, le 19 novembre avec 15 vaisseaux seulement. — La victoire de | Québec est restée justement mémorable ; son souvenir est perpétuée par la chapelle de Notre-Dame-des-Victoires. — Louis XIV fit frapper | une médaille commémorative de ce beau fait d’armes et accorda des let. tres de noblesse aux officiers qui se signalèrent.—Le 5 novembre, Qué | bec illumina et tira des salves avec les pièces prises à l’ennemi.

4o Continuation des hostilités iroquoises : — en 1691, 800 Iroquoi cabanent à l'embouchure de l’Ottawa ; — de là ils font irruption a nord et au midi du Saint-Laurent, brûlant, tuant, torturant leurs vie times. — Les Agniers, secondés des Anglais, attaquent Chambly, li Prairie-de-la-Madeleine ; — d’autres se portent vers Sorel, Lachenaie. Trois-Rivières, le Saut-Saint-Louis...— Les Canadiens suppléert au défaut de troupes par leur énergie et leur audace, en dépit des fati

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gues et de la fin héroïque des officiers, comme de Saint-Cirque, de Lusignan, de Montesson . +. — La lutte dure deux années, — En janvier Le comte 1693, M. de Frontenac envoie les lieutenants d’Ailleboust, de Courtemanche, de Lanoue, avec 400 guerriers et 200 sauvages, au canton des de Agniers ; ils incendient trois bourgades, — Ce désastre attisa leur ven- 8eance. — Eté et hiver, durant trois ans, Iroquois seuls ou associés Frontenac aux Anglais, fouillent la colonie en tous sens. — Femmes et enfants surent faire le coup de feu. — On sait l’héroïque défense de Madeleine

12è gouverneur de Verchères, âgée de 14 ans, le 22 octobre 1692. Infatigable malgré ses 76 ans, le 8ouverneur se détermine à frapper (1689-98) un dernier coup : — Je 28 juillet 1696, à la tête de plus de 2,000 comuagnen le canton des Onnontagués ; puis,

l’ayant dévasté, celui des Onneiouts,

vient le 24 août

: il ne vou-

» l'ennemi, affamé et non pas détruit, reprend ses courses de pillage et de mort : il ne consent à traiter que l’année suivante, après le décès du

6o Lutte contre la Nouvelle-Angleterre (1691-97) : —] humilia les Anglais. —

son fils, M. de Villeb Terre-Neuve, le drap — M. de Frontenac

‘échec de 1690 Le baron de Portneuf reprend l’Acadie en 1691 :

on est nommé gouverneur de Port-Royal, — A

dien s’empare du uid, le 14 août. —

Puis il part pour

la baie d'Hudson {3 août 1697), où il bat trois navires anglais avec son

reprend le fort Bourbon (Nelson)

une flotte de 10 bâtiments de guerre, quis de Nesmond, contre Boston et Ne tenac l’y doit rejoindre par terre a subit des retards, alla à Plaisance, et ren du traité de Ryswick (20 septembre 1697) 60 Maintien des

Verneur se contente de fomenter les animosités des alliés sauvages | contre les Cinq Cantons. — Ceux

clause de Ryswick, qui en fait des sujets anglais : ils tiennent à leur indépendance et seront neutres ia et Anglais.

-ci d’ailleurs ne veulent point de la

mn

To Démélés du gouverneur (1691-97) : — il en eut avec M. de Champigny, qui lui reproche des dépenses publiques, faites sans avis, la participation à la traite, l’inobservance des édits et ordonnances, etc. — Il en eut avec le Conseil souverain, surtout avec le procureur général, M. d’Auteuil.— 1] en eut avec Mgr de Saint-Vallier, en se rangeant du côté des Récollets, dont il était le syndic apostolique, c’est-à-dire le gérant de leurs affaires, dans la futile querelle du fauteuil à Montréal, et en commandant la représentation du Tartufe de Molière. — Il en eut avec les Jésuites qu’il n'aimait point, à qui il prêtait des intentions hostiles, dont il se servait volontiers auprès des indigènes. — Il en eut avec le clergé qui s’attachait à prohiber la vente des spiritueux.

80 Sa mort, son rôle (28 nov. 1698) : — le 21 septembre 1698, chant du

| Te Deum à Québec et cérémonie de réjouissance, pour la paix signée à | Ryswick. — Les dissensions se sont évanouies entre les administrateurs. — Le 22 novembre, le comte de Frontenac s’alite, fait son tes- | tament, meurt le 28, avec les secours religieux, est enseveli, le 19 dé- | cembre, dans l’église des Récollets. — La colonie perd en sa personne | un grand général, Buerroyant avec une poignée de troupes contre la | coalition anglaise et iroquoise, — “ I] avait trouvé (1690) la colonie | affaiblie, méprisée des ennemis 3 il la laisse en paix, agrandie, respectée ”.— Ses grands défauts de tempérament n’ont pu ternir ses | éminentes qualités au point de faire oublier ses services... [

lo Famille : — Louis-Hector de Callières (1646 ?-1703), chevalier, ancien capitaine au régiment de Navarre, originaire du Limousin >; — ses ascendants se divisent en deux branches : l’angoumoise, qui habite encore la Gironde ; la normande, éteinte. — Son père, Jacques, meurt gouverneur de Cherbourg (1662). — Louis embrasse la carrière des armes ; — il est aussi, dit-on, capitaine de vaisseau. — I] arrive à Québec avec les troupes envoyées à M. de la Barre (1684). =

20 Gouverneur de Montréal (1684-98) : — il est choisi pour remplacer François: Marie Perrot, nommé en Acadie (1684). — En 1685, il reçoit à Montréal Mgr de Saint-Vallier, qui dit de lui : — “ homme fort appliqué à son devoir, brave de sa personne, plein d’honnêteté et très capable de son emploi.” — En 1686, il travaille activement à fortifier Montréal par une solide palissade, ainsi que Cataracoui. — En 1687, il commande l’avant-garde de l’armée que mêne M. de Denonville contre les Tsonnontouans, et se distingua dans l’attaque. — En 1688, le gouverneur le délègue à la Cour de Versailles pour exposer le malheureux état de la colonie. — Le 2 juillet 1688, il se fait concéder un lopin de terre, la Pointe-à-Callières. — Il propose au roi l'invasion immédiate de la Nouvelle-Angleterre par l’action combinée d’une flotte et d’une armée canadienne : c’est l'avis formel de M. de Denonville. — Le 7 mai 1689, Guillaume III déclare la guerre à la France.— Louis XIV s’obstine à poursuivre la restauration de Jacques II, son ami cajui | : dans ce dessein, il épuise des forces et des ressources précieu-

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