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Commerce
{10 Importation : — naturellement le Canada demande à la métropole :
étoffes, hardes, instruments, meubles, vins, liqueurs, objets nécessaires à la traite ; — aux Antilles, rhum, tafia, sucre, épices, fruits... — Le chiffre de l'importation établi par Hocquart est (1735 à 1739) flottant entre 1,800,000 et 1,900,000.
: 2o Compagnie de la colonie :— un Mémoire de Riverin (12 février
1705) explique “ les mauvais effets de la réunion des castors dans une seule main ”.— Les guerres de Louis XIV ont fermé les débouchés aux marchés français en Hollande et en Moscovie. — Les fermiers généraux succombent. — Le 31 août 1700, le roi leur rembourse trois millions et conclut avec un nouveau fermier, Louis Guiges. — Celuici rétrocède son marché à des directeurs : Ruette d'Auteuil, Chartier de Lotbinière, Hazeur. — En novembre 1704, ceux-ci déclarent la faillite : ruine des marchands et des fonctionnaires dépourvus de salaire.
30 Monnaie de cartes : —les administrateurs prennent sur eux de
tirer, sur le trésorier de la marine, 54,000 liv. en lettres de change. — Îls mettent en circulation la monnaie de cartes, papier monnaie créé, en 1691, par M. de Frontenac et M. de Champigny. — “ On met sur les morceaux de cartes à jouer sa valeur, la signature du trésorier, une empreinte des armes de France, en cire d’Espagne, celle du gouverneur et de l’intendant ” (Charlevoix). — Ces derniers en délivrent trop : les trésoriers de France les refusent : en 1714, dépréciation pour la somme de 2 millions. — En 1717, le Régent les rembourse de moitié.
40 Pelleteries : — la traite du castor est toujours monopolisée. — Les
sieurs Gayot et de Néré en ont le privilège de 1706 à 1717 ; — puis un long bail est octroyé à la Compagnie d'Occident (1718-42). — Sur la traite des fourrures — peaux de martres, de cerfs, d’ours..., — le castor frais et sec tient longtemps (1705-50) pour la moitié, c.-à-d. environ 600,000 livres en moyenne par année. — La fraude et la contrebande sont ininterrompues : coureurs de bois et sauvages vont à Orange ou Albany pour deux raisons : la soif des spiritueux et la passion des étoffes voyantes. — De plus, les Anglais offrent un meilleur prix et vendent à meilleur marché. — Néanmoins Hocquart affirme que le commerce avec l'Anglais ne porte aucun préjudice sérieux : il est fort restreint.
5o Exportation : — elle comprend le surplus des céréales, des farines,
le bois de construction navale et de charpente, le fer et la fonte, les pelleteries, les produits de la pêche, le tabac, le ginseng... — Par le malheur des guerres, par la faillite de la Compagnie de le colonie, la dépréciation de la monnaie de cartes, le défaut d'artisans techniques... la grande paix n'a pas donné le rendement attendu. — De 1735 à 1748, on atteint presque à la balance des entrées par les sorties. — De 1749 à 1756, les exportations tombent au tiers des importations.
10 Aisance générale : — à la veille de la Guerre de Sept Ans, la vie est | facile, heureuse : c’est l’aveu unanime des chroniqueurs. — A Québec, des journaliers et des soldats libérés, seuls sont pauvres. — A IV° Montréal, il y a une dizaine de fortunes de 150 à 200,000 livres. — | Partout les Campagnes sont riches, florissantes, abondantes en denrées. Prospérité 20 Jouissance immédiate : — « Personne ne s’amuse à thésauriser ” (Charlevoix) : il y a bien des exceptions pourtant, —- Le luxe des gargénérale çons étonne l'ingénieur Franquet (1752), “ chacun ayant son cheval ‘’. | —“ Ces roturiers, dit Montcalm, vivent comme de petits gentilshom- (1755) | mes de France ”. — ‘ Les Canadiennes aiment à faire valoir la grâce et l'élégance qui leur sont naturelles ” (Duchat, 1756). — Mais l’énergique nation est toujours prête au labeur, à la lutte, à l'aventure. (V. Salone, p. 400).