FONDATION
train. — Le 4 décembre, un groupe de Hurons vient de Michillimakinac s'établir sous le canon ; — en 1703, les Outaouais et les Pontéoutamis, formant trois bourgades. — En 1702, le commandant descend voir les directeurs de la Compagnie, qui lui accordent 2,000 liv. par an, et 1333 à son lieutenant...
40 Administration : — en 1704, M. de Lamothe se défait de ces enga-
gements. — Le ministre “ l’a laissé maître et seigneur de tout le poste ”. — Nul Jésuite ne consent à vivre à ses côtés : ils l’ont connu à Michillimakinac. — Plaintes générales contre son administration : violent et hautain envers les officiers, trafiquant de spiritueux, accapareur de belles fourrures venant du Nord... — Les bourgades non évangélisées se révoltent, assiègent le fort où périt l’aumônier. — En 1708, le rapport du commissaire Clérembault lui est défavorable, — Seuls les colons canadiens ont réussi : ils sont 300. — En 1709, le sieur de Lamothe s’évade avec sa famille; et on le retient à Québec, lui donnant pour successeur M. de La Forest. — Le 5 mai 1720, il est nommé gouverneur de la Louisiane : le changement de lieu ne modifla ni son caractère, ni ses inclinations. (V. Rapp. sur les Arch., Ottawa, 1887, p. cexlvii et ss.).
| 50 Dans la suite : — jusqu’en 1763, ce poste avancé vers les régions
nouvelles subit des vicissitudes diverses. — Tantôt les administrateurs le déprécient, en raison des dépenses qu’il entraîne en hommes, en munitions, en marchandises ; — tantôt ils le considèrent comme une barrière de sûreté contre les tribus et les agissements des Anglais. — Sans interruption, les Récollets le desservent (1708-82) avec zèle ; — la prospérité en fit un centre important de la colonie. — Il ne passe effectivement aux États-Unis qu'en 1796 (V. Bull. des Rech. hist. 1913, p. 129 et 342).
{10 Baie et embouchure du Mississipi : — au début du 18è siècle,
Pierre d’Iberville a reconnu (1699) ces parages ; — successivement, son génie a bâti les forts : Biloxi, Mobile, île Dauphine, — des magasins, des casernes, des habitations. — Jusqu’au pays des Natchez ou Bas-Mississipi, il a établi la suprématie de la France, secondé par trois Canadiens héroïques, ses deux frères de Sévigny et de Châteauguay, Juchereau de Saint-Denis, et le Français, M. de Sauvolle — que l'on a pris à tort pour l’un de sesfrères (V. Bull. des Rech. Hist., 1908, p. 92).
| 20 Vallées du fleuve et des affluents : — les explorateurs du Cana-
da les ont descendues les premiers, au 17è siècle. — Il s’agit de les coloniser et de les protéger contre toute invasion. — Le parcours actuel comprend : la Louisiane, le Texas, le Mississipi, l’Arkansas, le Missouri, l'Ohio, l'Illinois, le Wisconsin. — Alors, tribus nombreuses sur leurs rives, les unes sédentaires, les autres errantes ; — Rive droite, en aval: Missourites, Arkansas, Taensas, Natchitoches, Cenis, Assineïs, Texas, Bayagoulas, Ouachas... ; — Rive gauche: Illinois, Kaskakias, Chicachas, Chactas, Alibamons, Yazous, Natchez, Houmas,
| Tonpigas, Passacolas, Biloxis... — Coutumes et mœurs, analogues à celles des tribus Canadiennes, — guerrières ou pacifiques.
10 Administration ; l'autorité d’un com
2° fin la Compagnie portant aussi l'appellation de Compagnie du es institutions env Gouvernement < 23 janvier 17
général
syndics ou membres du C 1 rieur. éalité, les directeurs des Compagnies se sen dessous d’eux, il n'existe guère que des employés salariés. — De là, malaise et conflit dans le gouvernement de la colonie, dans le développement de ses intérêts vitaux et généraux. — L'idée commerciale domine les esprits et nuit à l'œuvre de la colonisation...
1o Antécédents : — François Le Moyne, sieur de Bienrille — auj. nom | d’une commune de l'Oise — périt (7 juin 1691) à Repentigny sous le: coups des Iroquois. — Jean-Baptiste, son frère (1680-1768), prend son litre ; — le 12è des 14 enfants de Charles de Longueuil, né à Montréal (23 février 1680), il est garde marine à Brest et à Rochefort (1697-98), accompagne son frère Pierre d’Iberville aux bouches du Mississipi, en 1698-99, et l'année suivante, — Le M. d’Iberville nomme M. de Sauvolle commandant à Biloxi, et son frère lieutenant adjoint, — Le 22 août 1701, au décès du commandant, J.-B. de Rienville lui succède, au fort de /a Mobile, où est transféré le siège (1702).
| 20 Premier Eouvernement : en principe, M. d'Iberville est le pre-
| mier gouverneur de la colonie ; — en réalité, son frère organise l'éta-
se fait par l'élément canadien : — offi-
; nviron 40 (V. Rapp. sur les Arch., 1905,
— en 1703, une vingtaine de jeunes canadiennes passent en
France pour être dirigées sur la Mobile ; — après la cession de Terre-
3° | Neuve (1713) des marins canadiens quittent Plaisance pour la Loui- ! siane (Jbid, P. 534) ; — des groupes canadiens — environ 50 hommes —.
M. de Bienville descendent les affluents du Mississipi “ avec l'intention de s’y établir * (V. Ibid, p. 519), — Par malheur, la mort de M. d’Iberville, en 1706,
2è gouverneur : est le signal de la misère et des dissensions, — Les Indiens massacrent les Français par groupes (1704) ; — les bâtiments de la Havane aj.-
(1702-10) portent le fyphus, qui les décime : — le ravitaillement de France, alors
, °n &uérre, aggrave la situation, faute du nécessaire, — Les Anglais de la Caroline ont partout des émissaires pour soulever les tribus, qu'ils
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M. de Lamothe |
3è gouverneur
10 Compagnie de la Louisiane ou Crogat : — Antoine Crozat (1655-
mi —
détruisent dans leur voisinage, les Apalaches, au nombre de 6 à 7,000 ! — M. de la Salle, frère et compagnon du découvreur, nommé cemmis: saire ordonnateur, enveloppe dans sa rancune le gouverneur et ses compatriotes canadiens (1706) : il communique son amertume au ministre. — Le 23 juillet 1707, celui-ci relève M. de Bienville de ses fonctions, qu’il confie au sieur De Muy, Canadien aussi, qui a ordre de le renvoyer en France prisonnier. — De Muy meurt à bord : et le sieur Diron d’Artaguette remplace M. de La Salle (1708). — Ce nouveau commissaire conclut son enquête officielle, en faveur de M. de Bienville. — Néanmoins “ tout cesse de progresser ; la détresse était douloureuse ” (Garneau). — Le ministre escompte un meilleur avenir par l'entremise du sieur de Lamothe-Cadillac qu’il nomme gouverneur, le 5 mai 1710.
1738), marquis du Châtel, originaire de Toulouse, opulent financier, obtient (1712), pour la durée de quinz ans, le monopole commervial. — Il prend pour associé l’intrigant sieur de Lamothe, qui rêve d’une nouvelle fortune. — Le rapport de M. Diron d'Artaguette, relevé de sa charge, affirme que “ l’on trouvera des mines au pays *” ; — le mot magique préoccupait les esprits. — Crozat voulut exploiter les mines imaginaires. ‘
20 Administration : — en 1712, le sieur de Lamothe débarque avec le
commissaire Durigouin ; — la frégate le Baron de La Fosse porte pour 400,000 liv. de marchandises. — Le gouverneur se hâte de promulguer des règlements qui modifient les bases du trafic colonial : les suites immédiates sont un désastre ; — nul navire ne vient plus des Antilles, ruine des intérêts des colons, trafic des pelleteries chez les Anglais et même aux Illinois, vers le Canada... — Le 25 oct. 1713, le Canadien Duclos en avise le ministre et fait l'éloge de M. de Bienville, habile et intègre dans son gouvernement antérieur. — En même temps, le sieur de Cadillac invente des infamies inconcevables contre son prédécesseur et les mœurs des Canadiens. — Spectateur impassible du drame, M. de Bienville écrit à son frère le baron de Longueuil (2 oct. 1713) sur “ l’exode des colon: au Mexique, le prix énorme des farines, la vente des esclaves, la monopolisation de toutes les marchandises... “ Un chapeau se vend 40 livres ! ” (V. Revue can., 1881, p. 596). — En 1714, le cupide gouverneur décrit froidement la situation : ‘“ La colonie est pauv-e... Les Canadiens s’en retournent au pays ; et cependant, sans eux, un ne peut faire aucune entreprise... Les soldats n’ont pas fait leurs pâque , excepté leur commandant M. de Bienville et ses officiers canadiens ”. — Le 27 déc. 1714, le ministre décrète l'établissement de cinq forts, dont quatre sont l’œuvre de M. de Bienville. — Le 4 octobre 1716, rappel du gouverneur : en 1717, la Compagnie en détresse renonce à son privilège qui est transféré à la Compagnie d'Occident. — “Si M. de Lamothe, écrit de Bienville au ministre, me portait tant d'a-
| nimosité, c'est à cause de mon refus d’épouser sa fille.” — En 1717, | Cadillac est interné à la Bastille jusqu'en 1718 : — en 1722, il reçoit (le gouvernement de Castelsarrazin, et meurt en 1732.
{10 M. de l'Espinay, quatrième Souverneur (1683-1721) : — né en
| France, il est garde marine à Rachefort (1683), enseigne au Canada (1687), lieutenant réformé !‘ , enseigne de vaisseau (1695) ; — le ler mai 1698, il repasse en Krus =, Où il est promu lieutenant de vaisseau (1705). — Le 12 mars 1716, il est nommé gouverneur de la Louisiane, chevalier de Saint-Louis (16 octobre) ; il meurt à la Martinique, le 3 janvier 1722. —’ ne reste en charge qu'une seule année (9 février 1717 - 9 février 1718,.
20 Mouvement d'immigration (1718) : — Zaw tourne les esptits vers la Louisiane ; — avides et affolés, les colons, gentilshommes et anciens officiers, artisans, laboureurs, partent au nombre de 800 de La Rochelle (1718)... D’autres convois amènent des Suisses, des Allemands, colons et chercheurs d’or, de perles... (1719-20). — Les uns s'arrêtent dans le Bas-Mississipi, les autres remontent le fleuve, s’établissent sur
| les deux rives, jusqu’à la rivière des Illinois. — Hélas ! l'engouement
| fantastique est suivi de cruelles désillusions.…. .
| 30 La Nouvelle-Orléans (1718) :— en février 1718, M. de Bienville
reçoit sa commission de gouverneur. — Aussitôt, il choisit un site nou-
veau pour sa résidence, à 30 lieues de la mer : c'est le berceau de la
Nouvelle-Orléans, ainsi appelé en l'honneur du Régent. — I] y laisse
50 personnes, charpentiers et forçats, pour bâtir et assécher le ter-
rain (Relat. de Pénicaut). — L'ingénieur Paillour installe des bara-
ques, deux casernes : M. de Pauger dresse le plan d’une ville régulière ;
— la Compagnie concède des terrains à l'entour : — le temps a prouvé
|! que le choix de M. de Bienville était excellent.
| 40 Conflit avec les Espagnols (1719) : — en réponse à la conspiration
| d'Antoine Cellamare, ambassadeur d’Espagne à Versailles, le Régent
ouvre les hostilités : — de là, le conflit avec les Fspagnols de la Floride,
5° | raconté par le gouverneur au ministre (Lett. du 20 octobre). — Le 13 | mai, M. de Sérigny, avec trois bâtiments et 200 soldats, M. de Bien-
M. de Bienville | ville, avec 4 barques montées de 80 hommes, s'emparent de Pensacola,
— où M. de Châteauguay devient (14 mai) commandant de la garnison.
5è gouverneur | — Deux vaisseaux français conduisent les prisonniers à la Havane, ! dont le gouverneur s'empare des Français, les remplace à bord et va
(1718-24) | assiéger Pensacola. — Aussitôt, 50 soldats de Châteauguay vont se
| joindre aux Espagnols : le commandant capitule de force. — Insuccès
de la flotte espagnole à l'ile Dauphine (26 juillet). — Le 31 août. on
signale trois vaisseaux de ligne du comte de Champmeslin, qui con-
voyaient deux bâtiments marchands de la Compagnie. — M. de Bien-
ville et son frère de Sévigny montent à bord : après quatre jours de
siège, Pensacola capitule et 1500 Espagnols sont faits prisonniers. —
M. Périer
6è gouverneur
Le 17 février 1720, la paix est signée : M. de Châteauguay et ses hommes sont libérés de la Havane ; Pei ;acola est rendue à l'Espagne.
50 Peuplement et organisation civile : — la Compagnie réorganise
le Conseil supérieur ; — la plupart des membres sont des Canadiens : de Bienville, de Boisbriand et de Châteauguay lieutenants, Couture, etc... Le siège est à Biloxi. — En 1720, violente animosité des Indien:, agités par les Anglais. — Arrivée de 1000 colons, de 500 nègres, de filles de l'Hôpital général de Paris, de 200 Allemands du Palatinat (21). — Le 20 avril 1722, lettre du gouverneur, transfert du siège à la Ncuvelle-Orléans. “ La ville se réduit à une centaine de baraques, à un grand magasin...” (Charlevoix) — “ M. de Bienville, écrit M. Sulte, divisa la Louisiane en neufs districts, avec un commandant et un juge pour chacun.” — Révolte, comprimée aussitôt , des Chicachas (oct. 1723). — M. de la Chaise, commissaire ordonnateur, s’entoure d’une cabale puissante, hostile au gouverneur. — La méchanceté triomphe : le 16 février 1724, M. de Bienville est appelé à Versailles. — Avant de s'embarquer, il publie, en mars, un Code noir en faveur des nègres, comprenant 54 articles, interdisant tout culte en dehors du catholicisme. — À Paris, il compose son Mémoire justificatif, qui résume sa carrière (V. B. Sulte, t. VI, p. 116). — La Cour rappelle presque tous les officiers canadiens de la colonie, et destitue M. de Châteauguay.
(1o Antécédents et caractère : — Périer, l'aîné, est garde marine à
Brest (1713), commandant des vaisseaux de la Compagnie Crozat... — Marin loyal, énergique, indépendant, absolument intègre, tout entier à son devoir, il reçoit sa commission de gouverneur, le 9 août 1726, prend la mer le 1er décembre, débarque le 15 mars 1727. — Son frère Périer de Salvert, l'accompagne et commande en second, le 7 juin 1730. — 11 s'attire aussitôt, par sa haute fermeté, l'estime et l’amitié de tout le monde.
| 20 Administration : — il met tout de suite la ville à l’abri des inonda-
tions par un solide travail : terrassement et canal d'enceinte. — Au lieu de renvoyer voleurs et débauchés au loin, il les garde sous sa surveillance, et même les appelle d'ailleurs : ou bien ils changent, ou bien ils passent par la corde. — I] sut s’attacher les Indiens, qui néanmoins ont formé le complot secret du massacre général “ le même jour et à la même heure” (Charlevoix). — Les Natchez, — immortalisés par le pinceau de Chäteaubriand, — immoraux, perfides, cruels, dénouent la trame à leur insu : — le 28 novembre 1729, ils tombent sur les magasins ravitaillés, égorgent 100 Français, capturent 60 femmes et 150 enfants, et les Fasous massacrent aussi la garnison de leur région (12 décembre). — Aussitôt le gouverneur indigné jure l’extermination des six villages natchez, l'égorgement des Yasous, des Tioux, des Corrois. — Quelques familles ont pu s'enfuir à temps (décembre 1730). — Cette guerre obligea la Compagnie des Indes à rétrocéder au roi la Louisiane et le pays ilhinois. — Le hardi‘et vaillant Canadien, Le Sueur, et le chevalier de
Loubois, avaient mené la campagne d’extermination, qui soumit les tribus. — Le: gouverneur, nommé chevalier et capitaine de frégate, demande son rappel et rentre en France, le 25 juillet 1732. — I} achève sa carrière à Brest. — Un autre Canadien, M. de Saint-Denis, qui commandait chez les Natchitoches, donna aux Natchez un coup mortel et les dispersa dans les autres tribus — sans pouvoir les exterminer (V. P.-G. Roy, La Fam. J'uchereau).