CHAPITRE VII LA PERTE DE LA COLONIE
{10 En Nouvelle-Angleterre : —la Guerre de la Succession d’Espagne (1701-14) a sa répercussion au-delà de l’Atlantique : M. de Vaudreuil se fait ici l’agresseur. — En 1703, Michel Leneuf de la, Vallière (1677-1740), fils du seigneur de Beaubassin, commandant d’une troupe d’Abénaquis, dévaste tout le littoral, de Casco à Wells. — En 1704, expédition du lieutenant Jean-Baptiste Hertel, sieur de Rouville (bourg actuel de 200 âmes, dans l'Oise) (1668-1722), secondé par quatre de ses frères et d’un détachement d’environ 250 Canadiens et indigènes, — s’élance sur le village de Deerfield qu’il livre aux flammes, tuant 47 personnes, faisant 150 prisonniers, — n'ayant que trois tués et 20 blessés. — De son côté, Jacques Testard, sieur de Montigny (1663- 1737), avec cinq Canadiens et 50 sauvages, incendie un fort et prend 23 Anglais.
1° 20 A Terre-Neuve : — en janvier 1705, M. de Subercase, gouverneur de Guerre Plaisance, commande 450 Canadiens et Indiens, déterminés à chasser de la l’Anglais de l’tle, qui relève de la Couronne ; — le 26, prise du Rebou, Succession d'Es- centre des habitations ; le 28, du Petit-Havre, en un coup de main.— Devant Saint-Jean, il perd 15 hommes. — Le 5 mars, il enlève Forillon ;: — il envoie M. de Montigny avec un détachement contre Succès coloniaux Bonneviste et Carbonnière : le commerce anglais est ruiné à Terre- (1703-09) Neuve. — Thomas Dudley, gouverneur de Boston, entame de louches
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æ4 Mtiéhientissscnbut.) udeui=inerémeseennaiisieme, Cunmslpmiendiiiennnnanssman : en eemenne
Revers coloniaux
30 Reprise des hostilités : — en 1708
20 Echec du projet d'invasion du Canada :
30 Traité d'Utrecht : — le 11 avril 1713, Louis XIV accepta les con-
négociations avec celui de Québec, Vetch. — En 1707, M. de Suberca contre Port-Royal (v. Fasc. spéc. : Acadie).
de guerriers chrétiens, Iroquois,
pille et ravage tout jusqu’à Salem et Boston. — Le 2 colonne expéditionnaire, so
chaillonset Hertel de Rouville, va s'emparer de Haverhill et de ses 4 forts. — Le corsaire Pierre Morpain,
port de Louisbourg, coule en un mois 4 navires anglais,
s'empare de neuf autres, pour ravitailler Port Royal. — En 1790, il en capture trente-cinq, portant 470 matelots, ainsi qu’un bâtiment de guerre. —
En janvier, M. de Brouillan de S garnison de Saint-Jean et force à
Le corsaire Gaspard Bertrand assiège Carbonnière par terre et par mer :
il est tué dans la mêlée ; — son lieutenant se rend maître de l’île. —
Ainsi, plus un poste anglais à Terre-Neuve. — M. de Vaudreuil triomphait !
aint-Ovide, lieutenant, surprend la capituler les 4 forts de la ville. —
— l’exaspération est générale à Boston et aussi ropole décide un armement immédiat et formidable, et rien moins que la conquête définitive de l’Acadie, de Terre- Neuve, du Canada : — l’espion Vetch, trop favorablement accueilli par le gouverneur de Québec, avait suggéré ces plans à l’amirauté britannique : il revint avec la flotte de Nicholson à Boston. — Ce général quitte la rade, le 18 septembre, avec 3,400 homes : — je 1ù octobre
1710, Port Royal capitule et reçoit le nom d'Annapolis Royale. (V. FASCICULE SPÉciAL : ACADIE)
— le vainqueur de Port-Royal vole à Londres supplier le Cabinet de seconder les miliciens
de Boston : — on évalue les troupes de terre et de mer à 12,000 ou 15,000 hommes. — L», Nouvelle-France ne peut leur opposer que de 4 à 5,000 ; — mais elle se met à genoux et prie avec ferveur et confiance. — L'armée de Nicholson, forte de 4,000 soldats et de 600 Iroquois, va camper sur les rives du lac Saint-Sacrement, où elle attendra l’arrivée de la flotte devant Québec. — La flotte de l’amiral Hovenden Walker, comprenant 15 vaisseaux de guerre et 40 transports, mouille à Gaspé, le 18 août 1711. — Le 22, épais brouillard et gros vent 3; — la nuit du 2 au 3 septembre, la flotte est entratnée sur les récifs de la côte nord : — huit vaisseaux font naufrage et 884 hommes périssent. — Le conseil est d’avis que la marche sur Québec est impossible, et l'amiral rentre à Boston. — Ce grave échec décide la retraite de l’armée de terre, à la grande confusion du général Nicholson, — Réjouissances
à Québec : l'église de la basse ville est dédiée à Notre-Dame-des-
toires (octobre 1711).
» le sieur de La Périère, à la tête Algonquins, Abénakis, environ 260,
6 juillet, une us les ordres des officiers Saint-Ours d’Es-
qui devint dans la suite capitaine du
ditions que lui dicte l’Angleterre : cession de Terre-Neuve, sauf le droit de pêche sur le littoral ; — du détroit d'Hudson avec rivages, fleuves, et lieux qui en dépendent ; — de l’Acadie ou Nouvelle-Écosse, conformément à ses anciennes limites, à fixer par une réunion de commissaires. — La France se réserve l’île du Cap-Breton et les îles du golfe laurentien ; — elle paie bien cher les succès qu’elle a remportés dans la dernière période de la guerre de la Succession d’Espagne ! — La paix doit durer trente ans (1713-42).
1o Cause de la guerre : — la mort de Charles VI, le dernier des Habsbourg, laisse le trône d’Autriche à sa fille Marie-Térèse (1740). — Contre elle se dressent cing compétiteurs : Charles- Albert de Bavière, Auguste III de Saxe, qui veulent la couronne ; Philippe V d’Espagne veut la Hongrie-Bohême ; le roi de Sardaigne, le Milanais ; Frédéric II de Prusse, la Silésie (1741). — La France se déclare contre Marie-Térèse, mais l’ Angleterre embrasse sa cause (1744).
20 Hostilités en Nouvelle-France : — elles sont ouvertes par les Français : leurs corsaires saisissent un grand nombre de bâtiments de commerce de Boston et de New-York. — En 1744, Le Prévost Du Quesnel lance le capitaine Duvivier contre le poste anglais de Canseau, qu’il pille et incendie, ramenant 80 prisonniers à Louisbourg. — Simultanément, les Abénakis et les Micmacs tentent un hardi coup de main contre Annapolis : — mais les Acadiens se refusent à opérer un soulèvement. — La libération sur parole des prisonniers, leur transport à Boston, où ils révèlent les mécontentements de la garnison, déterminent le gouverneur William Shirley (1693-1771) à organiser les plans et les effectifs d’une expédition. — Armée de 4,000 volontaires, mise sous les
IL° ordres de William Pepperell (1696-1759), négociant habitué aux luttes contre les partis de guerre abénaquis. — Le commodore Pisrre Warren Guerre (1703-52), par ordre de la métropole, amène sa flotte des Antilles pour ' bombarder la place par mer. — Ainsi les chances sont inégales : 1300 de la Français contre 12,000 assiégeants ! — Le 27 juin 1745, après diverses péripéties, Louis Dupont, sieur Du Chambon, premier lieutenant du roi, Succession livre la place, au bout de 47 jours de résistance. — Les malversations du commissaire Bigot ont préparé la discorcde et la reddition. — En d'Autriche France, l’émotion se produit doulr‘reuse et générale. 30 Expédition du duc d’Anville (1746) : — M. de Maurepas songe (1742-48) à venger l’honneur de nos armes : — à l’île d'Aix, près de Rochefort, ‘ il arme 11 vaisseaux de ligne, 5 frégates, 35 transports chargés de 700 canons et montés par 4,690 he nes ; — il confie le coramandant à Nicolas de la Rochefoucault, duc d’Anville, qui a miss‘in de reprendre l’Acadie et de ravager le littoral jusqu’à Boston. — Le 13 septembre 1746, en vue de la baie de Chibouctou. — Halifax, en 1749 -- une tempête de trois jours disperse l’escadre ; — deux ou trois navires entrent dans la rade : le 26, meurt le duc ; — et M. de la Jonquière rentre en
III° Hostilités
en
temps de pdix
France : l'épidémie avait tué à bord 2,400 marins : la France joue de malheur au Canada !
40 Victoire des Mines : — en juin 1746, M. de Ramezay, à la tête
de 680 Canadiens, a l’ordre de rallier les matelots du duc d’Anville, — Des groupes de Micmacs rejoignent son parti, qui paraît aux Mines ou Beaubassin. — Le colonel Arthur Noble se porte avec 500 hommes à leur rencontre. — M. Coulon de Villiers, durant l'hiver, l’attaque, le tue, ainsi que 130 combattants, fait le reste prisonniers, avec l’aide du chevalier de La Corne : la jonction avec les troupes du duc d’Anville n’ayant pu se faire, les desseins de M. de Maurepas échouent encore ! — En 1748, le traité d’Aix-la-Chapelle restitue Louisbourg à la France.
{ 10 Assassinat de Jumonville (1764) : — France et Angleterre sont
officiellement en paix ; mais les colons anglo-américains cherchent à engager la guerre à tout prir. — Le premier acte est tramé par le gouverneur virginien Dinwiddie, qui envoie un jeune homme de 21 ans, Georges Washington, sommer les Français d'évacuer la région de l’Ohio. — Au mois d’avril 1754, ceux-ci délogent le parti américain d’un fort en construction, au confluent de l'Ohio et de la Monongahéla : l'ayant achevé eux-mêmes, ils le nomment le fort Duquesne. — Le brave capitaine de Contrecœur a même capturé l'enseigne Ward et sa
troupe d’éclaireurs. — Puis, il dépêche au commandant Washington‘
M. de Jumonville, accompagné de 24 hommes d’escorte. — Dans la nuit du 27 mai, ce détachement est cerné, attaqué par les troupes ennemies qui tuent le brillant officier et neuf des siens : ainsi périt un parlementaire qui allait “ sommer Washington de se retirer du territoire français ”.
20 Prise du Fort Nécessité : — le commandant américain, enhardi
par son meurtre, érige un fort, où il place 9 canons et une garnison de 500 Anglais. — Le capitaine du fort Duquesne lance contre lui le frère de sa victime M. Coulon de Villiers : — après un combat de 10 heures, la garnison capitule (3 juillet 1754) : — ‘“ Nous pourrions venger un assassinat, dit l’énergique officier à Washington ; nous ne l’imitons pas ”. — Il lui accorde les honneurs de la guerre et la libération des siens en échange des prisonniers français. — L'ingrat Dinwiddie ne ratifie point la clause.
30 Armements en Europe : — impression profonde en France :
on y prépare la résistance et l'attaque aussi bien. — En janvier 1755, deux régiments anglais passent en Amérique, commandés par le major général Edouard Braddock. — Le 3 mai, part de Brest une escadre de 14 navires, portant 3,000 hommes, que commande le général Jean- Arnaud, baron de Dieskau (1701-77). — L’amiral
anglais Edouard Boscaren (1711-61), à la tête d’une escadre de 12 vais-
seaux, surprend près de Terre-Neuve trois des navires de l'amiral Du Bois de La Motte, l’Alcide, le Lis, le Dauphin : ce dernier seul s'échappe,
| grâce au brouillard. — M. Rigaud de Vaudreuil, plusieurs officiers,
| 8 compagnies des bataillons de la Reine et du Languedoc sont faits
| prisonniers sur les deux autres navires.
40 Pertes des Forts Gaspareaux et Beauséjour : — le 20 mai 1755, le général Robert Monckton (1726-82) quitte Boston avec 41 transports, montés de plus de 2,000 hommes. — Il arrive devant Beauséjour (Cumberland), où commande Du Chambon, sieur de Vergor, avec une garnison de 150 hommes de la marine ; — créature de Bigot, officier cupide, ignorant, il capitule le 16 juin. — Le lendemain, Monckton envoie une sommation au capitaine de Villeray, commandant à la bicoque des Gaspareaux, qui ne peut se défendre. — Trois mois après, a lieu Le grand dérangement ou la déportation des Acadiens.
6o Victoire de la Monongahéla : — avec 2,200 soldats, Braddock, secondé par le colonel Washington, s’avance contre le fort Duquesne. — Le 7 juillet 1755, le capitaine de Contrecœur lance à sa rencontre
| M. de Beaujeu, les officiers Dumas et de Lignery, commandant 250
Cauadiens et 600 Indiens. — Le 9, rencontre de l’ennemi, combat de surprise qui dure 5 heures : Beaujeu tombe, Dumas le remplace, le détachement déborde les Anglais qui se débandent ou se noient dans la Monongahélu. — Mortellement frappé, Braddock meurt le 13 : il a perdu 63 officiers et environ 714 hommes, les munitions, les bagages, les vivres, ses instructions et sa correspondance. — Les Canadiens ont 3 officiers et 40 hommes tués ou blessés : superbe fait d’armes d’une pnignée de héros !
60 Défaite au lac St-Sacrement : — le 8 septembre 1755, le baron de Dieskau, maréchal de camp, se porte avec 220 réguliers, 680 Canadiens et 600 sauvages contre les troupes deux fois plus nombreuses du colonel W. Johnson sur l'emplacement du futur fort William-Henry. — Grièvement blessé, fait prisonnier, il est transporté à Londres. — Ses troupes se replièrent sur Carillon, où il avait laissé 1500 hommes pour protéger sa retraite en cas d’échec. — Toutes ces rencontres sont des entreprises de défense, en temps de paix.
1o Deux phases de la guerre : — au Canada, une phase s'étend de | 1756 à 1758, période de victoires pour nos armes ; — l’autre, de 1758 à 1761, période de revers qui aboutissent à la perte de la colonie.
| 20 Deux politiques à Versailles : — M. d'Argenson, ministre de la guerre, secondé dans ses desseins par M. Rouillé et l'abbé de Bernis, estime que, pour sauver le Canada, il est urgent d’envahir le Hanovre, pays d’État de Georges IT ; — M. de Machault, ministre | de la marine, soutenu par M. de Puisieux, M. de Saint-Sévérin et le maréchal de Noaïilles, opine qu'il faut consacrer efforts et ressources à l'expédition du Canada : — ce dernier sentiment est adopté, au printemps de 1756. — Le roi et son Conseil tenaient à sauver le Canada.
| 30 Deux pouvoirs respectifs : — le 30 oct. 1755, M. de Vaudreuil re- | présente au ministre que “la présence d’un officier supérieur était
IV° Guerre + de
Sept-Ans (1756-63) 1° Préparatifs
Le marquis
de
Montcalm
| inutile ou du moins compromettante."" — Le 17 mars 1756, la commission et. les instructions du roi subordonnent Montcalm en tout au gouverneur, bien qu'il fût le général en chef des troupes régulières. — Il se produira des frictions pénibles, acrimonieuses, pernicieuses, — comme il s’en produisit entre les Anglais de la métropole et des États coloniaux.
40 L'armée du Canada : — les troupes de terre ou bataillons d'infanterie régulière, détachés des régiments qui portent les noms de | province: La Reine, Guyenne, Béarn, Languedoc, La Sarre, Royal- | Roussillon, soit 3.752 soldats (1756) : — les troupes de la marine— dépendant du ministère de La Marine, — qui existaient au Canada depuis 50 ans, en garnison de villes ou de postes, comptant beaucoup d'officiers canadiens, soit 1950 soldats (1756) ;-— la milice canadienne se composant de la population mâle de 15 à 60 ans, soit 14,000 hommes, dont 4,000 seulement sont en activité de service — excepté à | l'approche de la crise finale. — Pitt, en 1758, devait armer 50,000 | hommes et 30,000 réservistes pour nous écraser.
{10 Famille : — Louis-Joseph, marquis de Montcalm, est issu d’une antique et noble famille d'épée, originaire du Rouergue. — Son père, Louis- Daniel, seigneur de Saint-Véran. + baron de Gabriac, épouse (30 avril 1708) Marie-Térèse de Castellane, qui lui donne deux garçons et trois filles. — Né le 28 février 1712, il fait ses études à Grenoble sous la direction d’un précepteur, et entre dans l’armée, où sert son père avec distinction.
20 Antécédents : — en 1724, il a le grade d’enseigne ; — en 1734, il prend part au siège de Philipsbourg (Duché de Bade) ; — en 1736, il épouse à Paris Angélique-Louise Talon du Boulay. — En 1741-42, il fait la campagne de Bohême sous le maréchal de Belle-Isle ; — le 6 mars 1742, il est promu colonel du régiment d’Auxerrois ; — en 1744, campagne victorieuse d'Italie ; — le 16 juin 1746, il se signale à la malheureuse bataille de Plaisance (Italie), où il reçoit cinq coups de sabre et est fait prisonnier. — En 1747, il est nommé brigadier par Louis XV et vole se battre et se faire blesser au combat de [’Assiette (Italie). — Après la paix d’Aix-la-Chapelle (18 mars 1748), il peut jouir des douceurs du foyer. — En 1752, sur dix enfants, il lui en reste six : deux fils et quatre filles.
30 Caractère : — La culture de son esprit, la noblesse du caractère, l'éclat du courage, la droiture des intentions, la variété des aptitudes, en font un homme vraiment supérieur. — Sans doute, la vivacité du tempérament méridional s’accusait parfois chez lui par des saillies trop impétueuses ; il lui arrivait d’avoir le mot trop prompt et le geste trop preste..… — Dans l'automne de 1755, il se rend à Paris, ue se doutant pas que ce voyage allait changer l'orientation de sa vie”. (V. Th. Chapais, Le Marquis de Montcalm, p. 25).
Ne
10 Sa mission : — le ministre de la guerre, le comte d’Argenson (1696- 1764), le choisit (25 janvier 1756) pour remplacer le baron de Dieskau prisonnier. — “* Il accepte une commission aussi honorable que délicate, qu’il n’a ni désirée, ni demandée ”. — Il est promu maréchal de camp (11 mars) et organise les troupes pour quitter Brest, à la fin du mois. — Son fils aîné, qui a 17 ans, est nommé colonel ho::oraire dans son régiment. — Ses appointements s'élèvent à 25,000 francs ; — plus 3,000 livres de pension annuelle sont assurées à son épouse, en cas de survivance.
20 Sa maison militaire : — François-Gaston, chevalier de Lévis (1719-87), puis marquis (1762) et duc (1784), entre au service (1735)
| comme lieutenant dans le régiment de la marine, capitaine (1737) ; — il fait les campagnes de Bohême (1741-42), du Rhin (1743-56) et d'Italie ; il devient lieutenant-général (1761) et maréchal de France (1783). — M. de Bourlamaque, ingénieur militaire distingué, promu colonel, officier énergique, consciencieux, devint plus tard gouverneur de la Guadeloupe, où il mourut.— Louis- Antoine de Bougainville (1729-1811) mathématicien illustre à 22 ans, aide de camp de 30 Chevert, capitaine de dragons, exécutera (1763-66) un voyage autour du monde..….—Jean-Nicolas Desandrouïns (1729-92), d’abord in- Son départ génieur dans l’armée du Canada, devint colonel du génie (1779), maréchal de camp et directeur de la rade de Brest. — Ces quatre officiers ont laissé, sur la campagne de M. de Montcalm, des correspondances et des récits du plus haut intérêt historique. — Enfin, les officiers Lombard de Combles, M. de Fontbrune, M. de la Roche-Beaucourt, M. de la Pause, le comte de Malartic, etc., Marcel, troisième aide de camp, et de Montbeillard. …
30 Départ des troupes : — la capture de l’Alcide et du Lys détermine M. Rouillé, ministre des affaires étrangères, à demander à lord Holland (Fox) “ restitution prompte et entière ” (21 déc. 1755). — Le 13 janvier 1756, Fox répond par un refus formel, accusant la France d’avoir commencé les hostilités. — Toutefois la Guerre de Sept Ans n'est officiellement déclarée par Londres que le 17 mai, par Versailles que le 16 juin. — Le marquis de Montcalm s’embarque à Brest, le 3 avril, et débarque à Québec le 13 mai : —en vérité, il atterrit en chaloupe, le 10, au Cap Tourmente, le 12, à Saint-Joachim, et passe la nuit à Château-Richer. — Le 22, il se rend à Montréal, où il se concerte avec M. de Vaudreuil : dans la pensée de ce dernier couve le souvenir de l'échec du baron de Dieskau.— La venue du marquis est pour lui une déception dans ses plans.
10 Chouaguen ou Oswégo : — situé sur la rive méridionale du lac Ontario, se compose de trois forts :— le fort Ontario, érigé sur la rive occidentale de la rivière Oswégo, en forme d'étoile ; — le vieux Choua-
| £guen ou fort Pepperell, bâti en pierres, entouré de murailles avec | des parapets, situé en face du premier ;—le nouveau Chouaguen
ou fort Georges, construit en pieux, à droite sur le bord du lac. — Ile sont défendus par 1400 hommes environ, commandés par le colonel Mercer, le colonel Schuyler, le lieutenant-colonel Littlehales.
20 Siège de la place : — dès le 5 juin 1756, le capitaine Louis Coulon de Villiers a établi un camp à la baie de Niaouré (Sacketts Harbour), à 15 lier.s de Chouaguen : escarmouches heureuses sur la rivière Oswégc (25 juin, 3 juillet) contre le lieutenant-colonel Bradstreet. — Le 6 août, arrivée des troupes : 3,200 réguliers et miliciens, 250 sauvages, commandés par le général et M. de Bourlamaque. — Le 8, le détachement de M. de Rigaud de Vaudreuil, composé des indigènes et de 500 Canadiens, avance vers la place en éclaireurs. — Le
4° 9, débarquement de l'artillerie à l’Anse-aux-Cabanes ; —à l'aube du 10, un sauvage tire, Par méprise, à bout portant sur l'ingénieur, Campagne M. de Combles. — Le 12, les canons sont mis en batterie et les tranchées ouvertes par 300 hommes ; — le 13, nouveaux travaux d’apde 1756 proche.
80 Capitulation de Chouaguen (24 août) : — le 13 au soir, la gar-
Chouaguen nison du fort Ontario se replie sur le vieux Chouaguen. — Celui-ci est battu en brèche, le matin du 14 ; — vers 9 heures, M. de Rigaud, avec son détachement, et M. de Bougainville, traverse la rivière Oswégo, à un gué situé à trois-quarts de lieue en amont, afin d'investir la place. — Un boulet coupe alors en deux le colonel Mercer, qui allait faire face à cette attaque. — A 10 heures du soir, le lieutenant Littlehales, sur l’avis du Conseil de guerre, fait arborer le drapeau blanc : à 11 heures, il signe l'acte de capitulation.
40 Résultats : — 1730 prisonniers de guerre ; caisses contenant 18,000 francs, poudre, un amas de — L'ennemi compte 150 tués, 24 blessés — Du 15
aute croix avec l’ins-
“ In hoc signo vincunt.” — et d'un
| “ Manibus date lilia plenis : à pleines
| — “ Les sauvages, ayant trouvé de la boisson,
| elques malades à l'hôpital ”. (V.Th. Chapais,
{ m, ch. 1v). [
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10 Ligne de fortifications : — les Français ont, en amont du Richelieu, construit les forts : Chambly, Saint-Jean, Saint-Frédéric (1727) à la Pointe-à-\a-C'hevelure (Crown Point) du lac Champlain, Carillon, (1756) à l'entrée du lac Saint-Sacrement ou Georg:s. — Les Anglais, en amont de l’Hudson, les forts : Albany, Shenectady, Edouard ou Lydius, William-Henry ou Georges à l'entrée méridionale du lac de ce nom. — Ce dernier était une menace constante pour la colonie : Dieskau échoua dans sa tentative de s’en emparer, Montcalm réussit à l'enlever.
20 Le fort Bull * — entrepôt de ravitaillement, à 50 milles au-dessous
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de Chouaguen, approvisionnant tous les forts anglais. — Il n’est dé-
fendu que par 90 hommes. — En mars 1756, le lieutenant canadien, 5° | baron de Léry, à la tête de 350 miliciens, bat Le colonel Johnson, met le | feu aux magasins et rase l'enceinte du fort :—en 1758, le colonel Préléminaires + Bradstreet le rétablit.
| 80 Coup de main de M. de Rigaud : — le 21 janvier 1757, le capioffensifs | taire Robert Rogers, faisant une reconnaissance vers St-Frédéric,
prend sept Français : — M. de Lusignan, qui commande à Carillon, lance contre sa troupe un parti de réguliers et d’Indiens, qui tue 14 Anglais et fait six prisonniers. — Pour venger ce guet-apens, le 23 | février, M. de Rigaud avec un détachement de 1600 hommes, en raquettes, surprend les Anglais de William-Henry, incendie magasins et dépendances ; — seul le fort reste intact, faute d'artillerie aux mains des assaillants. — I] a 27 hommes mis hors de combat. — Ainsi, Les préparatifs et les mouvements de l'ennemi sont paralysés pour plusieurs mois. . — Le 23 juillet, M. de Rigaud, secondé par M. le Villiers | et M. de Corbière, tend une embuscade à un parti anglais de 359 guer- | riers, montant 22 bateaux : deux seulement s'échappent, 160 : cs ou | noyés dans le lac Saint-Sacrement, 161 prisonniers.
{10 Répartition des troupes : — les 8,000 combattants sont organisés à Carillon par le général : — les compagnies de la marine en bataillons de 525 hommes chacun ; les milices en brigades, commandées | par les Canadiens, M. le chevalier de La Corne, M. de Saint-Ours, M. de Repentigny, M. de Courtemanche, M. de Gaspé ; — un détachement de volontaires (300) sous les ordres de M. Coulon de Villiers ; — | les réguliers en trois brigades : La Reine et Languedoc, La Sarre et Guyenne, Royal-Roussillon et Béarn ;— les sauvages en corps d’avant-
6° garde sous M. de Rigaud. — Exactement, le 29 juillet, l’armée se compose des : — troupes de terre 2,570, miliciens et marine 3,470, canon-
Campagne niers 180, sauvages 1,599 — 7,819.
20 Siège du fort : — le ler. août, transport des troupes et de l'artille-
— Le 7 et le 8, attaque violente du fort. — Le 9, capitulation des officiers anglais Thomas Webb (1724-96), lieutenant-colonel Monro, Young et | Fesch. — Les assiégeants ont 17 tués et 40 blessés seulement. William-Henry | 30 Suites de la reddition : — les 2,241 prisonniers ont les honneurs | de la guerre et l'escorte jusqu'au fort Lydius ; — ils ne pourront ser- | vir contre la France avant 18 mois — clause qui fut violée dans lu suite. — Confix \tion de tout le matériel, vivres et munitions. — Le 10 août, les Indiens massacrent une cinquantaine de prisonniers en marche vers Lydius, pour piller leur bagage. — Le 15 août, le fort n'est plus qu'un amus de décombres. — Fenimore Cooper, dans Le dernier des Mohicans, n'a pas manqué de calomnier la mémoire de Montcalm, à propos de ce douloureux épisode (F. Th. Cnarais, op. cit. | p.280).
de 4 rie sur le lac. — Les jours suivants, héroïques travaux d'approche. 1757 | |
10 Situation de Carillon : — fort en bois ceint d'une palissade, assis sur le versant sud-est d'une péninsule, bordé de terrains bas qui côtoient le lac Champlain à gauche, à droite la rivière de La Chute longue de quatre milles, dont deux navigables, — puis une cascade en aval d'une série de rapides, — enfin Le Portage qui aboutit au lac Saint- Sacrement, long de 36 milles et terminé par les ruines de William- Henry.
20 Armées ennemies : — le 2 juillet, sur ces rivent campent les Anglais : 6,367 réguliers de la métropole, 9,034 provinciaux des États : — leurs chefs : le général James Abercromby (1706-81), successeur de Shirley et de Webb ; — Georges-Auguste, comte et lord Howe (1724-58), l'âme de l'armée, brigadier-général ; — William Johnson (1715-74), Irlandais, vainqueur du baron de Dieskau ; — Robert Rogers (1727-1800), aventurier et intrépide coureur de bois, idole des Indiens ;: — John Bradstreet (1711-72), autre aventurier, espion de métier, mais très audacieux. —Les Français comptent 3,906 guerriers, parmi lesquels environ 300 Canadiens et 15 sauvages seulement. — La partie s'engageait à cinq contre un.
30 Sanglante escarmouche : — le 6 juillet, près de la rivière Benetz (Trout Brook), à deux milles de Carillon, l'avant-garde de Rogers, suivie du détachement de lord Howe, s'engage dans une forêt : — les éclaireurs français y sont en embuscade, dérobés derrière des troncs renversés. — La marche des Anglais est lente sous le bois silencieux. — Soudain, M. de Langy crie : Qui rire! Un Anglais répond : Francais ! — Une fusillade meurtrière fut la riposte : lord Howe tombe frappé d'une balle au cœur. — Mais l'avant-garde de Rogers se ravise : elle tue sir officiers et met hors de combat 187 soldats fran-
de çais. — La mort du brigadier décourage Abereromby : ce qui laisse
aux troupes le temps de se masser à Carillon et de s'y disposer en ordre
Campagne de bataille,
| 4o Victoire française : — le 8 juillet, vers midi et demi, un coup de
{canon donne le signal du combat. — Toute l'armée anglaise se déploie
autour du fort, au milieu des abatis inextricables : — sur ln hauteur se
tient Montcalm, tête nue ; Lévis commande la droite, Bourlamaque la gauche ; — les troupes sont invisibles derrière les solides parapets d'arbres entassés. — Quand l'ennemi approche des retranchements, le général crie : Feu ! — 3,000 fusils vomissent la mort dans les rangs.
— Mais les montagnards écossais reviennent à l'assaut : les feux croi-
sés des saillants du fort les arrêtent sur les pieds d'arbrisseaux, taillés
en pointe. — * La position est imprenable !” s'écrient les Anglais, —
Pendant sept heures, Abercromby ordonne de recommencer l'attaque :
— Montcalm, général et soldat, est partout à la fois... — Soudain,
Lévis s'exclame : ‘ En avant, Canadiens ! C'est la sortie des troupes
coloniales, commandées par M. de Raymond, M. de Saint-Ours, M.
de Lanaudière, M. de Gaspé. — Puis, Bourlamaque pousse à gauche
un dernier effort. — À sept heures, la déroute des Anglais est complète !
8 © Premiers revers
Près de 2,000 cadavres jonchent le sol. — Le nom de Carillon entrait glorieux dans notre histoire (V. TH. CHapaIs, op. cit., p. 421).
5o Lencemain du triomphe : — impossible de songer à poursuivre avec 3,000 exténués une armée de 14,000 retraitants. — Te Deum, chanté par toute l’armée ! — Croix, dressée avec l'inscription latine :
Quid dux ! quid miles ? quid strata ingentia ligna ? En signum ! en victor ! Deus hic, Deus ipse triumphat !
“ Est-ce le général ? est-ce le soldat ? Est-ce les énormes troncs renversés ? “ Voici le signe ! voici le vainqueur : Dieu ici, Dieu seul a triomphé !
— Le 11 juillet, M. de Rigaud et des officiers amenaient un contingeni de miliciens et de sauvages ; le 13, arrivent 2,000 bommes. — Nouveau motif de discorde entre le gouverneur et le général, “ le conflit entre le préjugé colonial et le préjugé métropolitain devenait aigu ”. (VW. Th. CHapais, p. 438).
10 Perte de Louisbourg : — presque au lendemain de cette victoire, s'ouvre la période des revers. — Le 26 juillet, le Cap-Breton et les îles dépendantes tombent au pouvoir de la Grande-Bretagne : c’est la mainmise définitive sur le golfe St-Laurent (V. Drucourt). 230 Perte de Frontenac : —le 25 août, le colonel John Bradstreet, avec 3,000 }: mmes et un détachement iroquois, débarque près du fort Frontenac ; le lendemain, il organise l'assaut ; le 27, il pratique une brèche au bastion droit. — Le commandant, M. Payen, sieur de Noyan, qui ne dispose que de 120 hommes, de 20 Indiens, est contraint de capituler : le vainqueur enlève un énorme butin, lit tout aux flammes, s'empare de 9 bâtiments armés. — Il a acqu:: :. :naîtrise du lac Ontario et la voie est ouverte sur Niagara et sur Montréal. | 80 Perte du fort Duquesne : — en octobre, le brigadier John Forbes | (1710-59), officier écossais, venu en Amérique en 1757, se porte à la | tête de 8,000 combattants sur la Belle-Rivière. — Une série de forts | sert de protection au lac Erié : le fort Presqu'île (1753) situé sur la rive | méridionale ; celui de la Rivière-aux-Bœufs, au sud-est du précédent ; | plus bas, le fort de Machault ; au confluent de l'Ohio et de la Monon- | gahéla, celui de Duquesne, où commande M. de Ligneris. — Le 21
novembre, avant de se replier, il incendie la place. — Le commandant
anglais reconstruit sur les ruines et nomme le fort Pittsburg, et un se- | cond plus bas Ligonnier. — Le brigadier meurt à Philadelphie, l’année | suivante. )
{10 Mission de M. de Bougainville : — le 20 déc., 1758, il présente | au cabinet de Versailles les mémoires, les pressantes suppliques du |! gouverneur et de Montcalm. — Après tfois mois, il obtient un détache- | ment de 400 soldats, l'envoi de transports avec vivres et munitions : | Aucun vaisseau de guerre. — faveurs conférées à : M. de Vaudreuil
, 9° Insuccès de la diversion en Europe
grand'croiz de St-Louis, Montcalm lieutenant-général, Lévis maréchal de camp, Bourlamaque et Sennezergues brigadiers, Bougainville, colonel... — Retour à Québec (10 mai 1759), portant l’ordre du roi : “Aucune capitulation, conserver un pied au Canada à tout prix !” — Parole de Berryer à Vaudreuil : “Consultez Montcalm sur toutes les opérations.” — Plus de 8 frégates, 5 flûtes, 17 transports (10 mai au 28), évitant — excepté 6 — la flotte de Durell et de Saunders, apportent à Quéhec provisions et munitions en quantité ; preuve que les ministres n’abandonnent rien ! (VW. Jean Claude Panet : Journal : R. Gardiner, Mémoires).
20 Projet d’invasion dans le Royaume-Uni : — au printemps de
1759, le plan arrêté des ministres, de Belle-Isle, Choiseul, Berryer, est de frapper au cœur l'ennemi héréditaire. — Une escadre de Toulon doit rejoindre celle de Brest pour convoyer les bâtiments qui débarqueront 50,000 hommes en Angleterre, 15,000 en Écosse, un corps expéditionnaire en Irlande : la lutte est moins en Amérique qu’en Grande-Bretagne, au sentiment du gouvernement français. — Ce plan explique les messages énigmatiques, confiés à Bougainville et le médiocre renfort qu’il amène.
| 30 Insuccès de la tentative : — par malheur, le ministre Pitt est
averti en secret de l’entreprise audacieuse, — L'amiral Georges Bridge, baron de Rodney (1717-92) va subitement bombarder Le Havre :; — l'amiral Edouard Boscawen (1711-61) défait (18 et 19 août) la flotte de l'amiral de La Clue à Lagos (Portugal). — L'amiral français Hubert de Brienne, comte de Conflans (1690-1777), allant de Brest prendre cargaison à Quiberon, rencontre la flotte de l’amiral Edouard Hawke et refuse le combat. — En somme, la France perd 29 vaisseaux de ligne, 37 frégates et des transports : — son généreux dessein indirect ne réussit point à sauver le Canada, mais — contrairement à la tradition reçue jusqu’à nos jours—elle tenta la diversion quand même, sur de vastes proportions et à des frais énormes du Trésor, avec espoir de succès : dernier revers de la fortune !
10 Armées ennemies : — les Anglo-Américains ont armé :—1. Con-
tre Québec, 125 vaisseaux et 152 transports, montés de 27,000 soldats et marins ;—James Wolfe (1727-59), adjudant en 1743, major (1746) à Culloden, colonel (1757), se signalant au siège de Louisbourg (1758), est major général des troupes de terre : — il a sous ses ordres les trois brigadiers généraux, Georges Townshend (1724-1807), plus tard comte (1784) et marquis ( 1787) Robert Monckton (1726-82), ancien gouverneur d’Annapolis (1754), James Murray (1719-94), plus tard gouverneur ; — Charles Saunders (1713-75), Écossais, entré jeune dans la marine, lieutenant de vaisseau (1734), contre-amiral (1756) est chef de l'escadre et des troupes de mer ; — il a sous ses ordres, Philippe Durell, commandant en second, et le contre-amirai, Charies Holmes (1711-61), troisième commandant. — 2. Contre Carillon et Saint-
Frédéric — où M. de Bourlamaque commande un effectif de 2,500 combattants, — une armée de 11 à 12,000 ‘:0mmes, sous le commandement du général Jeffrey Ambhert ; — 5. Contre Niagara — où commande le capitaine-ingénieur Pouchot à la tête de 1,100 hommes, —
10° un corps expéditionnaire, confié au brigadier général John Prideaux
(1718-59), avec son lieutenant sir William Johnson, qui commande
Campagne 5,000 combattants et 900 Iroquois. — Le chevalier de La Corne et
| M. de Corbière conduisent 1,200 braves aux rapides d'Oswégo pour
de entraver le passage de l'ennemi. — Les Franco-Canadiens comptaient une armée de 15,000 hommes environ.
1759 20 Echecs douloureux : — le 6 juillet, John Prideaux assiège le fort
Niagara : — il avait laissé 1,500 hommes à Chouaguen, où le colonel Frédérick Haldimand (1718-91) avait ordre de rebâtir un fortin. — | M. de La Corne tenta de le surprendre : il est forcé de baitre en re-
traite, ayant 30 morts ou blessés. — Le capitaine Pouchot qui, sur
l’ordre de M. de Vaudicuil, a envoyé le détachement de M. de Mon- | tigny au fort de Machault, le convoque au plus vite avec les troupes du Détroit, des Illinois, des divers postes. — Du 9 au 20 juillet, les Anglais organisent le siège de la place : J. Primenux est tué par l’explosion accidentelle d’une de ses bombes. — Le 22, les renforts arrivent : l'ennemi leur tend une embuscade, les taille en pièces, fait prisonniers les officiers : de Ligneris, de Montigny, de Marin, Aubry... — Pouchot n’a que 350 soldats valides et 150 fusils en état de servir. — Le 25 juillet, il obtient de W. Johnson les ccnditions les plus honorables de capitulation. — Simultanément, M. de Bourlamaque, devant les 12,000 combattants d’Amherst fait sauter le fort Carillon (22 juillet), celui de Saint-Frédéric (31 juillet) et se retire à l’Zle-aux- Noix : il force l'ennemi à arrêter sa marche.
10 Arrivée de la flotte anglaise : — le 27 février 1759, elle lève l’an- | cre de Portsmouth (Angleterre) ; — à Louisbourg, fin d'avril ; — puis | à Halifax, la division navale de Holmes allant à New-York. — Le | 22 mai, la division de Durell est signalée en bas du fleuve ; — le 13 | | juin, la flotte entre à son tour ; — le 23, elle rejoint l’amiral à l’Zle-
aux-Coudres ; — le 26, elle mouille au sud de l'ile d'Orléans. — Le | lendemain, quelques frégates doublent la Pointe-Lévy. — Le désastre subi par Walker (1711) servait de leçon de prudence aux habiles marins, qui n’avançaient que lentement, la sonde à la main, guidés par 11° des pilotes français, capturés à cause du pavillon fleurdelisé qu'arbora Durell par ruse. (Knoz's Journal, Toronto, 1914, t. I, Il).
Préparatifs | 20 Débarquements différents : — le 27 juin, à Saint-Laurent de l'Ile
< d'Orléans, de là au bout de l’île : —le 28, insuccès des brélots de M. de
du Vaudreuil en aval. — Les deux jours suivants, trois régiments à Beau- Î mont : affichage d’une insultante proclamation de Wolfe, menace lancée Î siège de Québec | aux Canadiens. — Escarmouches meurtrières de M. de Léry et d'Etienne
| Charest. — Camp retranché de Monckton à la Pointe-Lévy (2 juillet) ;
Lère Phase
(juillet)
13° Ilè Phase
(juillet)
| 20 Navires ennemis en amont :-
‘1o Descente anglaise :— Je 2
| 20 Second bombardement : — ;] ne cesse guère
— du 6au 12, à Lévis. — Le 9, débarquement de Townshend et de Murray, vers l’Ange-Gardien, et camp établi sur la rive gauche du Saut-de- Montmorency. — On commet la faute de laisser Lévis sans défense, avant le débarquement : le 12 juillet, échec d'une tentative de Dumas. 30 Le camp retranché de Beauport : — depuis 1757, Montcalm àvait recommandé les retranchements : on ne fit rien. — Le 29 mai, il les entreprend et y fait travailler, nuit et jour, jusqu'au 4 juillet : redoutes et redans s’alignent de la rivière Saint-Charles au Saut. — (W. les positions des troupes dans Montcalm de M. Th. Chapais, p. 562).
10 Bombardement de Québec ; — le soir du 13 juillet, les batteries de marine, installées à Lévis, lancent obus et projectiles incandescents sur Québec ; — le 15, bombes incendiaires ; — Je 16, nouveaux ravages, ainsi que le lendemain.
— le 18, la nuit et à la marée montante, un vaisseau de 50 canons, une frégate de 20, 3 transports et 2 corvettes, doublent le Cap-Diamant et mouillent à l’Anse-des- Mères. —— Les batteries de Saint-Louis aperçoivent trop tard leur passage. —
i à surveiller sans répit
1, Guy Carleton, colonel commandant un détachement, fait à la Pointe-aux-Trembles (Neuville) un groupe de Dames de Québec prisonnières, — qu'il renvoie le lendemain. — Le
corps de voltigeurs du capitaine Dumas arriva trop tard pour attaquer les embarcations du colonel.
que par intervalles :
— la nuit du 2 juillet, il est effroyable : la cathédrale, les rues entières prennent feu ;: — les Religieuses se réfugient à l’Hôpital-Général. — Le tir du fort arrête au passage 3 navires de guerre. — Mécontent, impatient, Wolfe lance une nouvelle proclamation : le 25 juillet, ses
troupes pillent tout à Saint-Henri, emmenant 250 personnes, ainsi que le curé, M. Dufrost de la Jemmeraie.
o Victoire de Montmorency : — vers le 26 ou le 27, une escarmouche a lieu aux gués, situés en haut de la rivière : — un: parti de sauvages les a franchis : nous eûmes 18 tués ou bles
transports embossés avec le Centurion de 60 canons dans le chenal, par les batteries de la rive gauche, par une colonne de 2,000 fusils à la
troupes passées au bas de ln chute.
- Partout les soldats, les miliciens incorporés, les sauvages tiennent ferme et fauchent Les rangs ennemis ; — au milieu du carnage, une
Re nn es ERNNERn
14° IIIè Phase
(août)
pluie d'orage vint détremper le sol : et, à sept heures du soir, l'ennemi bat en retraite, laissant des centaines de cadavres derrière lui (500 environ).
se venge contre Québec : — tout le mois d’août, chaque jour amène un nouveau sinistre, surtout la nuit du 8, où 167 maisons sont consumées. — Dans l'intervalle, M. de Bougainville, à la tête de son camp volant arrête deux tentatives de débarquement à la Pointe-aux-Trembles.
20 Départ de Lévis pour les Rapides : —le 9 août seulement, on apporte la nouvelle de la chute du fort Niagara. — Pour enrayer la marche de Johnson sur Montréal, on charge M. de Lévis de garder les rapides du Saint-Laurent avec un détachement d’environ 1,000 combattants ; ce qui “ diminue la petite armée ”. — Mais le 10 août, M. de Repentigny avec 700 Canadiens et Indiens, met hors de combat 100 Anglais aux gués de Montmorency.
30 Dévastation systématique : — malade de la fièvre, exaspéré par la ferme résistance de Montcalm, Wolfe exécute ses menaces : la soldatesque de Rogers incendie tout à l’tle d'Orléans ; Les paroisses, de l’Ange-Gardien à la baie Saint-Paul, — massacrant le curé de St- Joachim et neuf prisonniers ; — toutes celles de l’Islet à la Rivière- Ouelle ; — au-dessus de Québec, Saint-Antoine de Tilly, Deschambault, mission abénaquise de St-François. — L'officier Richard Montgomery se signale par sa fureur sanguinaire : “ Il faudra un demi-siècle, avoue l’un des incendiaires, pour réparer le dommage.” (V. A. Gosselin, Mgr de Pontbriand).
| | { | 10 Troisième bombardement : —irrité, exaspéré de l’insuccès. Wolfe | | |
10 Plan des généraux anglais : — l'esprit pressuré par deux mois d’insuccès, le général en chef songe à renouveler l'assaut à Montmorency ; — ses trois aviseurs lui conseillent l’attaque de surprise au-dessus du Cap-Diamant. — Aussi, du 26 au 31 août, environ 14 navires franchissent impunément la passe de Lévis, — faute de défense préalable sur les deux rives !— Par terre, les troupes s’acheminent vers la Chaudière. — Le 3 sept., on lève le camp inutile de Montmorency.
20 Plan de Montcalm : — le 5 sept. il déplace aussi son aile droite
| de Beauport. — Il offre à M. de Bougainville d'établir le bataillon de Guyenne sur les hauteurs d'Abraham ; — mais le 6, M. de Vaudreuil contremande l’ordre et “ fait rentrer le bataillon ” : — faute inexpiable, commise sans doute de bonne foi. — Nuit et jour, M. de Bougainville épie les mouvements des vaisseaux, passés en amont.
30 Débarquement des Anglais :—le 10, décidé à tout hasarder. Wolfe fait choix de l’Anse-au-Foulon pour la nuit du 12. — Il sait que, la même nuit, un convoi de farine descendra des Trois-Rivières à Québec ; — cependant il y eut un contre-ordre, lequel ne fut pas communiqué peut-être aux sentinelles françaises. — On sait que Monckton opéra la première descente, répondant “ France *” au Qui vive, — cet
EN
qu’il surprit en haut le poste endormi de Vergor!...— A 5 heures du matin, 1800 Anglais ont gagné les hauteurs. — Le 13 sept., 4,800 15° combattants, se rangent en ordre de bataille sur les IVè Phase { le marquis de Montcalm a to organiser la défense :
(septembre) : : invi ap-Rouge, les 25 canons de Québe major de la ville !
50 Bataille et défaite — vers 10 heures du matin, l’ordre de bataille combiné, sur le commandement du général, nos troupes s’élancent, avec une grande impétuosité vers l'ennemi. — Par malheur, au bout de cent pas, les miliciens font feu, donné, et se couchent pour rech cent avec deux balles au fusil :
soldats, qui tombent ou se relèvent dan Les Anglais chargent à la baïonnette : — En quinze
minutes, la bataille est liv — Blessé au poignet et dans l’aine,
Pitulation de Québec Le 18 octobre, la flotte anglaise met à Murray, gouverneur militaire de É (V, Th. Chapais, p. 665).
rs. — Jusqu'au
puis rejoint à Montréal le gou-
calomniateur de la mémoire du
(30 oct. 1759). — I] élabore le plan de la reprise de
Québec : le froid intense et la misère générale le forcent à la remettre
au printemps. — April se lève : apportera-t.il les secours de France ?
— Six bâtiments (12 avril) sont en mer : — Ja croisière anglaise du
golfe s'empare de quelques-uns, les autres se réfugient à la Baie-des- | Chaleurs.
20 Victoire de Sainte-Foye :— le 24 avril, le valeureux chevalier débarque à Saint-Augustin : — Je 27, il est rendu à Sainte-Foye. — Le lendemain, Murray avec 3,000 Anglais et 22 canons sort à sa rencontre. — Le combat s'engage, dure frois heures, se termine par la déroute anglaise : — Jes 2,000 Franco-Canadiens ont capturé l'artillerie, mis 800 hommes hors de combat, poursuivi les fuyards à la baïonnette.
16° Agonie de la Nouvelle-France
— Le siège de la ville commence ; — le 11 mai, l'artillerie ouvre le feu contre les remparts. — Hélas! le 15, une escadre anglaise entre en rade. — Craignant de se voir cerner, le Vainqueur opère sa retraite et se replie sur Montréal, suivi de ses amis Bourlamaque et Bougainville.
{ 80 Derniers revers : — les désertions des réguliers et des miliciens
continuent, depuis un an. — Les Anglais se décident à frapper les derniers coups. — Le 23 juillet, proclamation de Murray : Tout milicien aura sa maison brûlée, ses biens confisqués ; — par ses ordres, lord Rollo, qui a déjà fait passer au feu l’‘le Saint-Jean, renouvelle son exploit à Sorel. — Amherst et Haviland, avec 15,000 hommes, prennent l’Ile-aux-Noix, où commande M. de Lusignan et arrivent à Sorel ; — le capitaine Pouchot est cerné dans le fort de Lévis, récemment construit par M. Desandrouins, aux rapides du St-Laurent, à 3 milles au-dessous de La Présentation (Ogdensburg). — Murray remonte le fleuve avec 3,500 réguliers : — son armée compte ainsi environ 19,000 combattants : les Anglais n’ont jamais vaincu que par le nombre.
40 Capitulation de Montréal : —le chevalier ne peut réunir que
3,600 hommes : la partie est trop inégale. — Le 8 septembre 1760, le marquis de Vaudreuil signe l'acte de capitulation. — Le général Amherst, exaspéré et fatigué d’une si longue lutte, refuse les honneurs de la guerre, moins généreux que Townshend, à Québec. — Ce procédé irrite Le chevalier de Lévis qui, en signe de protestation et de deuil pour la perte de la colonie, fait brdler tous les drapeaux des régiments.
capitulation de Québec. — Le 25 nov. 1760, le nombre des personnes à embarquer est de “ quatre mille ”, dont 2,200 soldats. — Un grand nombre d'officiers et de fonctionnaires civils emmènent leurs épouses canadiennes, environ 1800 ménages. — Le roi de France augmente leur solde, s'ils passent la mer, pour servir ou non. — De {a noblesse canadienne, 126 familles demeurent, 102 s’expatrient. — Les départs
{ | 1o Le retour en France : — l'exode des vaincus commence après la | | | | | | |
s’échelonnent jusqu’en 1767. — Pourquoi? Parce que le gentilhomme canadien et français a besoin pour vivre des grades militaires, des emplois publics, des faveurs gouvernementales.
20 Liquidation de la dette royale : — durant la longue guerre, ad-
ministrateurs et généraux ont mis en circulation des lettres de change, des billets de monnaie — pour 90 millions ! — La liquidation est confiée à M. Gaspard-Moïse de Fontanieu, maître des requêtes, qui l’achève en 1765 : — remboursement royal de 37 millions seulement ! — Les adieux du roi aux Canadiens sont les adieux d’un banqueroutier, pour lequel ils ont tant souffert !
30 Châtiment des coupables : — l'intendant Bigot et sa “ grande
Société ” ont servi les Anglais, en gaspillant les ressources de la défense et en affamant les habitants ; — leur audace s'est accrue avec les progrès de l'invasion, et, sous les ruines, ils espèrent dérober leur crime. — Bigot, Varin, Cadet, Pénissault, Bréard, Maurin, Corpron, Martel,
Estèbe... sont enfermés à la Bastille ; 17° tumaces. — En 1764, ils sont condamn
voyés en exil. …. — Le gouverneur de Vaudreuil, Charles Deschamps Lendemain de Boishébert, François Lemercier, et quelques autres, furent “ déchar- | gés de l'accusation ” | des 40 Un peuple nouveau : — au lendemain de la capitulation de Mont- | réal, 900 à 1000 soldats décident de fonder leur foyer au Canada. — funérailles En 1763, la nombre des Ca
nadiens est d'environ 65,000 : — c’est peu, en 150 ans, mais c’est une Puissance irréductible, — La querelle, entre
et colons du Canada, ne mble on triomphe ou l’on meurt, on vit, on s’aime, on s'allie, — Le Peuple canadien est dans la fleur de la jeunesse : il va grandir de sa Propre vitalité. — La domina-
tion anglaise n'y changera rien : il n’a pas besoin de tutelle ; — il posqui encadrent une société robuste, —
© ER Fr) @ FA @ æ œ © + [A A & & ee S £ a (S] G.
@ & PE TON SP EN ES NO UE Dan ve RE OS ET FR SE | am. me pemr |
ne création de la
PE nouveau, qui comporte des divergences, des nuances d’ordre ethnique : toute colonie —