CHAPITRE VIII
L'Écuise pu CANADA
de 1500 écus. — E baron de Méan, doyen de Liège, interné en Fra l'évêque, le pressant de démissionner. — Le
| roi l'autorise à rentrer à Québec, où il aborde, le 17 août 1713. | 2
tants de l’autorité administrative
et judiciaire, dans les églises ; — il blâme le 8ouverneur de franchir s
ans permission la clôture religieuse ;
E° Mgr de St-Vallier
— il s’attribue le droit de marier officiers t soldats, sans l’agrément préalable des administrateurs ; — il réclame pour l’officialité diocésaine les | conflits ecclésiastiques, contre l’ingérence des cours civiles ou crimi- | nelles ; — il maintient en faveur du clergé et des Religieux l’ezemption | des corvés, pour les travaux publics. — L'Église de Québec commence | à affirmer la doctrine romaine contre le cézarisme gallican. | 30 Administration diocésaine :— elle s'étend aux relations avec | le clergé: séminaire, chapitre, curés ;: — au nouveau remaniement des | paroisses (1721), divisées en 82 districts et en cures fixes ; — aux règle- | mentations relatives aux /nstituts religieux du diocèse ; — aux divers 4 mandements concernant les fidèles : mœurs, vente de spiritueux, taxes | ou dîmes, usages et coutumes nationales, disettes et malheurs publics, fêtes...
| 40 Missions lointaines : — celles de l’ Acadie, rendues précaires et épineuses, depuis la prise du Port-Royal (1710) ; — celles de l’Ile-Royale, | inaugurées en 1714 à Louisbourg au berceau, auxquelles se rattachent | les missions de l’fle Saint-Jean ; — celles du pays des Abénaquis, où | périt leur apôtre zélé, le Père Sébastien Rasles, S. J. (août 1724) ; — celle de Détroit, où se dévouent les Récollets ; — celles du Mississipi, | de l’Ohio, de la Louisiane à la Nouvelle-Orléans. — Sa sollicitude pastorale embrasse ce champ immense de l’apostolat des âmes. 5o Dernières années : — la santé du prélat vint à fléchir sous le fardeau de son ministère. — Déjà, elle est en danger critique en 1715 ; il la sollicite au tombeau du Frère Didace, Récollet :— Claude, fils de Georges Pelletier et de Catherine Vannier, né le 28 juin 1657 à Sainte- Anne de Beaupré, prend en religion le nom de Didace et meurt (21 février 1699) en odeur de sainteté aux Trois-Rivières. — Il reconnaît par écrit l’intervention miraculeuse du Frère en sa faveur (9 juin 1716). — Il meurt le 26 décembre 1727. — Sa sépulture, que le vicaire capitulaire, M. Boulard, voulait célébrer à la cathédrale, fut faite privément, sur l'ordre de l’intendant Dupuis, son exécuteur testamentaire, à la chapelle de lHôpital-Général qu’il avait fondé. — Il avait consacré aux œuvres et aux institutions une fortune considérable (600,000 livres). — 11 fonda trois hôpitaux et plus de 50 paroisses (W. A. Gosselin, Ière Partie, Mgr de Saint-Vallier, Québec, 1911).
10 Famille, antécédents : — Louis-François de Mornay appartient à une antique famille noble de Bretagne ; —le quatrième des dix enfants de Charles de Mornay, seigneur du Ménil (Oise), capitaine
| de cavalerie, et d'Anne de Quesnel, il naquit à Vannes (Morbihaï)
le 10 septembre 1663. — En 1683, il entre dans l’Ordre des Capucins, | devient Père Gardien à Beauvais, aux Marais (Paris), à Pontoise, à Péronne, à Amiens, à Meudon.
| 20 Coadjuteur et évêque : — le 22 juin 1713, choisi et présenté par le roi, préconisé le 16 février 1714, il est sacré par le cardinal de Rohan, avec le titre d’évêque d'Euménie in partibus.— Le ministre de la marnie
II° Mgr de Mornay (1727-33) 3è évêque
ITI° Mgr Dosquet (1733-38)
4è évêque
le qualifiait “ d'homme de condition, qui joint à sa naissance une grande piété et un esprit propre pour le gouvernement.” — Mais le coadjuteur élu ne passe point à Québec. — Muni des pouvoirs nécessaires, il s'occupa, de sa résidence de Paris, d’administrer la Louisiane : en 1721, il obtint l'envoi de siz Capucins à la Nouvelle-Orléans. — En 1727, il songe à résigner sa dignité coadjutrice. — En effet, le 8 mars 1728, il en dicte au greffe l’acte notarié: mais le décès de l’évêque de Québec annule cette démarche ; — malgré lui, il devenait le troisième évêque du Canada. — Pourquoi ne traverse-t-il pas l'océan? Énigme. — Durant 5 ans, il perçoit “ le revenu de son évêché ” d'outre-mer, et “ confirme ses grands vicaires ”. — En 1729, il accueille la proposition d'un coadjuteur. — Le 12 septembre 1733, il démissionne. — Le 28 nov. 1741, victime d’un accident de carosse, il meurt à Paris dans son couvent.
‘10 Antécédents : — né le 4 mars 1691, à Liège (Belgique), fils de
Laurent, “ marchand bourgeois ” et d’Anne-Jeanne Goffar ; — il entre (1715) su Séminaire de St-Sulpice, à Paris ;: — admis aux ordres sacrés, il s’agrège à la Société. — En 1721, venu à Montréal, il est nommé directeur de la Congrégation de Notre-Dame. — Son état de santé le reconduit en France (1723). — Il est du nombre des Sulpiciens qui s’adjoignent au Séminaire des Missions-Étrangères, menacé d'extinction, et en devient le procureur à Rome.
20 Coadjuteur de Québec (1729-33) : — destiné aux missions d’Ex-
trême-Orient, il est sacré par Benoît XIII évêque de Samos in partibus, avec privilège de nommer les protonotaires apostoliques (25 déc. 1725). — Mais la Cour de France, impuissante à déterminer l’évêque de Québec à passer la mer, le fait nommer coadjuteur avec la pension annuelle de 1,000 livres. — Vers le 15 juin 1729, départ de l’Eléphant qui, le ler septembre, vient se briser sur les récifs, en face de l’Ile-aux-Grues. — Accueil plein d’allégresse ; — activité du prélat : restauration de l'évêché, entente efficace avec les administrateurs, avec les missionnaires, nomination du Sulpicien, Louis Normant,comme vicaire général de Montréal, cas réservé du trafic des spiritueux, visite des cent paroisses diocésaines . .. —- Devant la misère générale de son clergé, il se décide à se rendre en France (15 oct. 1732).
| 80 Evêque de Québec (1733-39) : — durant son séjour, démission de
Mgr de Mornay. — Choix de M. de La Rue, abbé de l’Ile-Dieu, abbaye de Prémontrés à 4 lieues de Rouen, qui exerce à Paris les fonctions de vicaire général pour les évêques de Québec, avec un talent remarquable et un désintéressement sans bornes. — Retour au Canada (16 août 1734) avec 11 recrues ecclésiastiques. —Durant son absence, épidémie de picote, sécheresse néfaste, incendie de 46 édifices à Montréal (10 avril). — Singulier phénomène ! l’évêque ne gouverne son Église que l'espace de 14 mois : — dans ce court intervalle, il tente de transférer la mense du Séminaire aux Sulpiciens ou aux Jésuites, il révoque les pouvoirs de