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IV° Mgr de Lauberivière (1739-40)
5è évêque
juridiction du clergé régulier et séculier (8 fév. 1735), fait les ordinations, distribue des tableaux d'art aux communautés, — Il sent que ‘les relations étaient très tendues entre lui et son clergé ”. — Le 19 oct. 1735, il retourne en France.
40 Dernières années : — Je 24 avril 1737, il remet au roi sa démission et en reçoit une pension viagère ; — il réside, tantôt à Liège, tantôt à Rome, où la Cour pontificale le consulte souvent sur les affaires ecclésiastiques du Canada. — Le 4 mars 1777, il meurt à Paris, dans sa 86e année. (V. A. Gosselin, L'Egi. du Can., Ilè P., 1912).
10 Antécédents : — François-Louis Pourroy de Lauberivière, fils de messire Claude-Joseph, chevalier, président de la Cour des Comptes, et de Marie-Anne de Saint-Germain de Mérieux, naquit à Grenoble, le 16 juin 1711. — Cours classique chez les Jésuites de sa ville natale, théologie à Saint-Sulpice (Paris). — Prêtre, le 21 sept. 1735 ; licencié, le ler mars ; docteuren Sorbonne, le ler avril 1738 ; doyen du chapitre à Romans (Drôme).
20 Evêque de Québec : — présenté par le Sulpicien, M. Couturier, au cardinal de Fleury, ministre, puis au roi, qui l’agréa aussitôt (22 mars 1739). — Sacré, le 16 août, à Saint-Sulpice, par Mgr de Mornay. — Le 24 fév. 1740, il prend par procuration possession de son siège. — Le 10 juin, il s’embarque avec son secrétaire et deux domestiques ; — Je 3 juillet, au banc de Terre-Neuve, où soudain éclate à bord ‘‘ un mal inconnu, donnant une fièvre continue, accompagnée de violents transports au cerveau, de pourpre et d'éruptions parfois ”. — Décès de 47 hommes de l'équipage. — Arrivée du Prélat, le 8 août ; ila échappé à la contagion, qui a conduit 150 Passagers à l’Hôtel-Dieu. — Le 13, Sa Grandeur s’alite ; — le 16, Ja peste se déclare par la pourpre et les transports ; — le 20, Mgr de Lauberivière expire “ généralement regretté ”” et est inhumé sans pompe.
30 Marques de sainteté : — Je Père Canot, S. J., son compagnon de route, écrit de lui : — “ On a été obligé de déchirer plusieurs de ses collets, pour le peuple qui lui attribue des miracles ; Pauvreté évangélique : soutane de laine, bague valant 10 écus ; seule richesse: chemise de crin, ceinture, trois disciplines teintes de sang, une autre de fer. Voilà le prélat que nous pleurons ! ”
10 Famille, antécédents : — Henri-Marie Du Breil, comte de Pontbriand, naquit, croit-on, à Vannes, en 1708 ;— mais sa famille réside à Pleurtuit, près de Saint-Malo, au manoir de Pontbriand. — Le comte Yves Du Breil, capitaine des garde-côtes, épouse la vertueuse Angélique- Sophie Marot de la Garaie, comparée à sainte Chantal ; — elle lui donne six garçons et trois filles qui entrent à la Visitation de Rennes. — Études classiques à La Flèche, théologie à Saint-Sulpice ; — prêtre en 1731, docteur en Sorbonne, vicaire général de Saint-Malo. — En décembre 1740, M. Couturier le désigne au roi pour l'évêché de Québec.
Dit de Pontbriend (1741-60)
üe évêqie
| 20 Evêque de Québec : — le 7 avril 1741, consécration épiscopale à
Paris. — I] choisit comme collaborateurs ses deux compatriotes : René de la Ville-Angevin, fondateur de l’Institut des Filles du Saint-Esprit ou Sœurs Blanches (Saint-Brieuc), et l'abbé Briand, son futur successeur, ainsi que le vaillant abbé Maillard. — Le 29 août, arrivée à Québec.
30 Son caractère : — homme apostolique, qui rappelle par son zèle,
ses lumières, sa charité, l'illustre Mgr de Laval. — *‘ I] fut à la hauteur des événements dont il fut le témoin, des désastres dont il devint l’une des victimes ”?. (Casgrain, Hist. de l’'Hôt.-Dieu). — Le 27 septembre, dens un premier mandement, il se déclare ‘* disposé à sacrifier repos, santé, vie même, pour la sanctification des âmes ”. — Durant 20 années, il reste et meurt à son poste, sans démentir jamais ses sentiments.
40 Administration diocésaine : — tout de svite, il gagne l'estime
et l’attachement de tous, — En 1742, il restaure son palais, aux frais du Trésor royal. — Dans la disette de 1743, il se fait le père nourricier des pauvres, des Religieuses, et il surveille /a valeur morale des immigrants. — Vie intense de vertus au cloître, dans le clergé, dans les paroisses, — De 1745 à 1748, reconstruction de la cathédrale qu’il s’ingénie à payer sans retard ; —en 1747, il s'intéresse aux officiers canadiens : —- il reçoit de M. Hocquart la fondation à Tadoussac d’une messe annuelle. — Réduction des fêtes chômées en semaine à 14, au lieu de 33 ; — visites fréquentes du diocèse ; — en 1755, approbation de l’Institut de la Mère d'Youville. — I] étend sa sollicitude pastorale aux diverses missions lointaines.
50 Dernières années : — Ja guerre de Sept-Ans vient bouleverser la
colonie. — Les concussions de l'intendant Digot et de sa “ Société ” n’échappent point à sa clairvoyance. .. — Les événements militaires se précipitent : à chaque succès de nos armes il publie un mandement spécial ; — on y sent vibrer son grand cœur, sympathisant avec tous, chefs, officiers, soldats, miliciens, sauvages, priant et faisant prier tout le diocèse. — Mais avec la période des revers s'ouvre pour lui l'ère des souffrances physiques et morales. — La dévastation, les ruines, les défaites brisent ses forces et amènent son exil à Montréal : il sent approcher la fin de sa carrière avec celle de la Nouvelle-France.—Le 8 juin 1760, il succombe au Séminaire. — “ Vous direz aux pauvres... que Je meurs plus pauvre qu'eux !” —Le 10, il est déposé dans l'église paroissiale ;: le 25, Louis Jollivet, P. S.S., prononce son oraison funèbre. — Belle figure, dont la mémoire vitimpérissable, (F.A. Gosselin, IIIè P., 1914).
0 Au Canada : — outre le collège de Québec, ils desservent les chrétientés de Lorette, du Saut-Saint-Louis, de Saint-François-du- Lac et de Bécancour. — Leurs missionnaires sont Agés et Peu nombreux. — La mission de Tadoussac ou du Saguenay, d'abord abandonnée, est rouverte en 1720 par le P. Laure, continuée par les Pères Maurice et