‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme]Chapitre 34 sur 48 · PS DL NTI TO SA ES AVE APN PE SCIE NU · texte numérisé non relu

PS DL NTI TO SA ES AVE APN PE SCIE NU

lonie., — Dans l’entre-temps, le colonel Allan Maclean (17265-84,) qui allait rejoindre Carleton à Montréal, redescend à Québec (12 nov.), à la nouvelle de la chute de St-Jean. — Cependant Montgomery lance son avant-garde sur les pas de Carleton : celui-ci avec onze voiles aborde à Sorel : trois jours, le vent contraire l’y retient; — il se voit à la merci de l’ennemi qui le somme de se rendre. — La nuit du 16, déguisé, il saute dans une baleinière qui s’éloigne avec des précautions infinies, les mains servant d’avirons, et gagne Trois-Rivières, le lendemain matin ; — mais la flottille que commande le brigadier Richard Prescottest capturée, personnel et matériel, par le colonel américain, James Easton. — Poursuivi de près, Carleton est ramené par la corvette anglaise, le Fell, en rade de Québec aux applaudissements de la ville (19 nov.), non sans divers autres incidents.

lo Forces de la défense : — la place de Québec est imprenable, à condition de tenir sous la main la Pointe-Lévis et Beauport. — Un transport de Terreneuve a débarqué 150 soldats ; deux bâtiments armés sont en rade, la corvette Hunter, la frégate Lizard. — La ville a une garnison de 1800 hommes en tout : — 485 hommes des équipages commandés par le capitaine Hamilton de la marine : — 300 fusilliers et émigrants royaux sous les ordres de Maclean, commandant en second ; — 330 volontaires anglais coloniaux ; — 543 Canadiens français ; — 22 artilleurs et 120 artificiers. — I1 y a 200 canons de différents calibres, quantité de munitions, des provisions pour huit mois, 5,000 citoyens civils, 7o des remparts capables de résister à l’artillerie moyenne des assiégeants. 20 Forces de l'attaque : — les Américains sont 2,000 combattants, sans grosse artillerie, ni dépôts de réserve : — de ce nombre les 675 d’Ar- | nold ; — environ 500 Canadiens hésitants au début du siège, bientôt convaincus que leurs intérêts vitaux étaient bien du côté des assiégés.— Montgomery compte sur l’arrivée de renforts qu’il reçoit en effet, mais trop restreints, sur l’enrôlement des Canadiens travaillés par une active propagande, sur la trahison à Québec de quelques affidés intéres- | sés ou mécontents : — Carleton a eu soin d’expulser des murs les personnages douteux.

30 Situation réciproque : — les deux armées sont victimes de la vé- |! role: mais l’assiégeante n’a ni abri, ni assistance médicale, mais les renforts comblent ses vides. — Durant 5 mois, nul secours n'atteint Carleton, qui ne peut courir aucun risque, ni d’attaque ni de sortie, dans les plaines d'Abraham : — la ville capitulant, la colonie est perdue, tandis que la défaite des Américains ne met pas leur cause en péril. — C’est la raison même de l’acharnement des chefs assiégeants et de l’héroïque résistance des assiégés : l'enjeu est d'importance.

Enjeu

du

conflit

{10 Préparatifs immédiats : —le 14 nov., Arnold notifie une vaine | sommation au colonel Maclean. —- Le 6 déc., Montgomery la renouvelle

| à Carleton, sans aucun résultat, — Le 22, un certain Wolfe, prisonnier

Assaut, suivi de la

défaite

20 Assauts successifs : — Je 31 décembre,

sen onertsense

évadé, annonce la décision arrêtée de J’ennemi éveil des sentinelles, fausse alarme.—*.e 30, même affirmation d’un déserteur irlandais : — le 31, :- expire l'engagement du bataillon new-yorkais. — Les plans de Montgomery sont arrêtés : assaut vigoureux des barricades élevées dans les rues de la basse-ville, accès au port pour incendier les vaisseaux, indignation des négociants contre Carleton, ouverture des portes de la ville par des affidés sympathiques ; coopération intense des troupes d’Arnold, lequel a souvent visité Québec comme maquignon... — Le 15 déc., a paru l’'emphatique Proclamation du général à l’armée entière. — Avec 300 hommes, Livingstone doit simuler une attaque contre les fortifications, tandis que le général et Arnold, avec 500 et 700 hommes, — en tout 1500 combattants contre les 1500 de Carleton — se porteront, le long du fleuve et du Saint-Charles, contre la basse-ville, — Le mot d’ordre des Anglais est Saint-Denis ; Carleton a assigné son poste à chaque bataillon.

d’un assaut nocturne :

à deux heures du matin, les Américains exposés à une tempête de neige soufflant du nord-est, portent à leur coiffure un bout de papier avec la devise Liberté ou Mort, résolus à remporter une victoire décisive, se précipitent à l'attaque. — Montgomery et ses bataillons, la neige jusqu'aux genoux, avec une désespérante lenteur, franchissent le mille et demi qui s'étend le long de la berge étroite entre l’Anse-de-Wolfe et le Cap-Diamant — vers 5 heures. — Depuis une heure déjà, Livingstone a lancé son simulacre d'attaque, donné le signal de l'assaut général par deux fusées vertes. — En même temps, le son des cloches et la voix des tambours, en ville, font entendre l’appel aux armes et aux postes respectifs. — Les bombes éclatent dans toutes les directions, terrifiant les femmes et les enfants ; les décharges de mousqueterie éclairent la sombre matinée, laissant apercevoir les ennemis au faubourg Saint-Jean, près de la porte Saint- Louis .— Sur la Place-d’Armes, Carleton et Maclean sont prêts à parer aux éventualités. .. — Au nord et au sud de la basse-ville, les détachements se tiennent fermes aux barricacdes de Près-de-Ville à gauche et du Saut-au-Matelot à droite : — 50 braves, au premier poste, sont là sous les ordres du capitaine Barnesfare (15 marins), du capitaine Chabot et du lieutenant Picard (30 Canadiens), du sergent McQuarters et du marchand québecois John Coffin (5 artilleurs), avec 4 canons moyens à double charge ; — les 500 soldats de Montgomery, doublant le Cap- Diamant se présentent en face de la barricade muette : soudain part le cri : Feu ! lancé par Barnesfare. — Grenades et volée de 42 mousquets jettent sur le sol le général, deux de ses officiers, dix soldats, mettent en déroute les bataillons que poursuivent les défenseurs... — On cesse la poursuite ;: une fausse alarme est sur le point de débander les 50 vainqueurs, quand arrive un renfort envoyé par Carleton. — Tous alors s'élancent vers le Saut-au-Matelot, où Arnold avec 700 volontaires donne l'assaut de maison à maison, s’approchant de la Porte du Palais. — Soudain le commandant tombe grièvement biessé : mais

| les Yankees et les Virginiens de Morgan gagnent du terrain et ne s’ar- | rêtent qu’à la barricade, longue de 100 pieds, défendue par 100 hommes. — La lutte est violente, opiniâtre, quand se présentent le capitaine N'airne et le lieutenant canadien Dambourgès et leur détachement des Emigrants Royaux : il se produit un corps-à-corps sanglant à la baïonnette. — Carleton envoie de nouveaux bataillons, sous les ordres des capitaines Laws, MacDougall, Hamilton : la mêlée est confuse, la résistance obstinée, la victoire finalement complète. | 80 Résultats inespérés : — les Anglais ont seulement 20 tués ou blessés, — les Américains, environ dix fois autant, et vingt fois plus comme | prisonniers (427), sans compter les fuyards. — Montgomery est tué : | Arnold hors de combat, emporté au loin par les siens. — La concorde a | régné dans les rangs des assiégés, si différents d’origine et de provenance ; — la discussion et la divergence des idées ont perdu les envahisseurs et causé leur défaite. — Carleton accorde au général américain tous les honneurs de funérailles grandioses.

{ 10 Continuation du siège :—le 20 janvier 1776, le Congrès conti- | mental accorde à Arnold le grade de brigadier-général ; — il aspire encore à la conquête manquée, presse les États du Nord à lever 10,000 | volontaires.--David Wooster (1710-77), né à Stratford (Conn.), quia pris ses degrés à Yale et sa part au siège de Louisbourg (1745), lieutenant provisoire à Montréal (1775), reçoit le commandement général des troupes, durant la convalescence de Bénédict Arnold, devant Québec. — Le ler avril, le morose fanatique convoque les soldats américains qui | ont hiverné dans les paroisses environnantes et les groupe en corps ex- | péditionnaire. — Arnold quitte alors le camp, ostensiblement pour aller | quérir desrenforts, en réalité pour fomenterles espritsà Montréal et s’op- | poser aux détachements anglais qui y descendent des lacs et de l'Ouest. — John Thomas (1725-76), originaire du Massachusetts, chirurgien militaire à Annapolis (1746), lieutenant du régiment de Shirley (1747), | colonel des Provinciaux (1759), chef de bataillon à la prise de Montréal (1760), brigadier-général (1775), commandant d’une brigade au siège de Boston (1776), est promu major-général. — Le ler mai, il amène

g° des renforts aux Plaines d'Abraham. — Il eut pour compagnons de route Quatre commissaires, choisis par le Congrès : Franklin, Chase, Lendemain | Charles Caroll et son frère John, — plus tard premier évêque de Bailtimore ; — ils avaient mission d'offrir aux Canadiens français de belles de la promesses et de gagner leur adhésion active à leur cause. — Leur zèle | patriotique vint se briser aux piede de Mgr Briand et de son clergé, de la

vicloire noblesse et du loyalisme canadien.

20 Résistance anglaise : — au début de l'année, Carleton par la ruse (1776) | et les bravades provoque sans cesse les assiégeants : — son artilleire impose silence à leurs batteries ; — les brûlots ennemis sont surpris, avant d'atteindre les bâtiments anglais, hivernant dans le Cul-de-Sac. — Le 25 mars 1776, un parti de 60 loyaurŸC'anadiens de‘la Rivière-

du-Loup tente de surprendre la garnison américaine de la Pointe- Lévis : un transfuge les trahit ; l’aumônier, l'abbé Bailly de Messin tomba grièvement blessé, cinq tués, 34 faits prisonniers. — Le sieur de Beaujeu, frère du héros de la Monongahéla, vit son parti subir le même sort, écrasé par le nombre... — Le 6 mai, entrent en rads les frégates la Surprise, l'Iris, la corvette Martin, qui apportent 200 hommes. — A midi, 800 combattants sortent de la ville haute précipitamment: les ennemis, jetant les armes, prennent la fuite à travers les Plaines d'Abraham, laissant leur dîner chaud à leurs vainqueurs étonnés, leurs invalides, leur artillerie : le général Thomas ne s'arrête qu’à Deschambault avec 250 des siens : — de là, il se réfugie à Sorel.— Le 8 et le 10, débarquement à Québec de l’armée du général Burgoyne, 10,000 hommes aguerris.

à couvert d’un assaut venant de l’Ouest : il envoie un certain Bedel à la passe des Cèdres avec 350 guerriers. — De fait, le capitaine Forster d’Ogdensburg, à la tête de 50 réguliers et 200 sauvages, s’y présente à l’improviste. — Confiant le poste au major Butterfield, Bedel déserte sous le prétexte de chercher secours. — Le 16 mai, le major Henry Sherburne part avec 80 recrues. — Le 19, après deux jours de combat, Butterfield se constitue prisonnier avec la garnison. — Le lendemain, les 80 Américains, venant de Vaudreuil, se rendent à discrétion : ainsi,

1o Engagement des Cèdres : — à Montréal, Arnold veut se mettre

| Forster a plus de captifs que de troupes à ses ordres ; il se porte contre | Arnold, campé à Lachine, mais n’ose l’attaquer dans ces conjonctures. | —1ly a échange amical de 400 prisonniers ; — mais le Congrès refuse de ratifier la convention, jusqu’à ce que vengeance soit tirée des massacres commis par les Indiens de Forster. — L'histoire reconnaît aujourd’hui qu’il y eut de - part pillage, mais aucun scalpe de prisonniers. — Ainsi le parti à sster réussit à dégager l’île de Montréal. | (VW. Col. W. Wood, Can. a:.d its Prov., vol. IIT, p. 98).

20 Engagement des Trois-Rivières : —le 2 juin 1776, le général

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Thomas succombe à Sorel de la vérole ; les soldats sont contaminés et meurent, les provisions sont introuvables, l’argent est rare pour la solde. — Mais le Congrès s’obstine à l’entreprise : le ler juin, il décide la levée de 6,000 auxiliaires. — John Sullivan (1740-96), “un vaniteux sans expérience ”” est nommé comme le quatrième des généraux de l’Invasion, en une seule année. — Arnold l’a rejoint à Saint-Jean, puis à Sorel. — Le 5 juin, le conseil de guerre se détermine à une expédition de surprise sur Trois-Rivières. — La nuit du 7, le brigadier William Thompson (1725-81), fait traverser ses 2,500 hommes ; — un habitant signale la descente du parti que commande le capitaine Malcolm Fraser. — Sur les entrefaites arrivent les transports de Québec et les troupes poursuivent les Américains le long du rivage. — Réfugiés épars dans les taillis, ceux-ci se défendent bravement ; mais ayant perdu environ 500 des leurs, les autres repassent le fleuve, — Cet échec

Libération

du

| engage à la retraite définitive. — Le 14 juin, la flotte anglaise remonte le | fleuve à pleines voiles, et atteint Sorel, une heure seulement après la | disparition des Américains. j

10 Ile-aux-Noix : le 17 juin, Arnold abandonne à Chambly trois grosses pièces d'artillerie, — Durant huit jours, tous les contingents séjournent à l’Ile-aux-Noix ; — dans l'intervalle, malades, blessés, convalescents sont transportés à la Pointe-à-la-Chevelure — Crown Point. — Le misérable état des soldats arrache à un chirurgien cette nole plaintive : “ À la vue de tant de dénuement et de souffrances, j'ai versé tant de pleurs que je ne pouvais plus en verser ”. .— Les premiers jours de juillet, c’est le désespoir : “ Je ne pouvais entrer, écrit Turn-

| bull, dans une hutte, sous une tente, sans y apercevoir un cadavre à | côté d’un moribond”.— En deux mois, plus de 5,000 hommes avaient ou succombé, ou déserté. :

| 20 Poursuite de Burgoyne :— Je 15 juin, il reprend Sorel abandonné, la veille, ainsi que Chambly et Saint-Jean. — Son brigadier- | général William Phillips (1731-81) se rend à Montréal et à Laprai- | rie, d'où il rejoint l’armée. — A l'entrée du lac Champlain, il ne trouve {que la solitude ; — pour aller plus loin, il ne dispose d’aucun transport. — Rentré à Québec, il passe la mer au départ des vaisseaux d’automne. | 30 Coup de main de Carleton : — le 11 oct. 1776, sur une flottille improvisée de 3 bâtiments armés de 30 canons, de 20 canonnières, de | chaloupes, il se porte à l'attaque des 15 vaisseaux d’Arnold, à Crown

Point : — lutte d'artillerie de deux heures. — La flotte américaine,

acculée dans une baie, est sur le point de se rendre : la nuit, l’habile

Arnold réussit à s'échapper. — Le lendemain, sa flotte est détruite,

en partie par l’ennemi, en partie par un incendie volontaire, — En rai-

son de la saison avancée et de la distance éloignée de ses bases, Carleton

juge prudent de ne pas risquer la poursuite de l’ennemi (13 oct. 1776).

40 Conclusion : — l'occupation américaine avait duré : 13 mois (mai | 1775- juin 1776) au Canada ; — 17 mois d’invasion sur ses fron- | tières (mai 1775-13 oct. 1776). — Les six premiers mois laissent espérer au Congrès continental la conquête entière de sa quatorzième province, son quatorzième État. (V. Bancroft, Loc. cit. : W. Wood, loc. cit. ; Th. Chapais, Action cath., sam. 28 avril, 1897, Québec.)

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