CREER
à on
2 o Essai d'amélioration
du trafic
| bien, la contrebande ne cessa de s'établir et de s'étendre, au détriment de la marine marchande de la métropole.
| 80 Gêne commerciale au Canada : — ces restrictions créent dans la | colonie un malaise fâcheux. — Adam Lymburner (1746-1835), Ecossais | d’origine, émigré à Québec (1776), homme d’affaires fort estimé, est | délégué à Londres (1787), dans un dessein politique sans doute, mais | surtout comme porte-parole des négociants, en vue de faire modifier les tarifs métropolitains. — Il avait la recommandation et l’appui du gouverneur, lord Dorchester. — Il échoue dans la mission qui lui est confiée, même eu égard à ses desseins politiques. — Un énorme groupe de Loyalistes bien intentionnés des E.-U. se sentent détournés de leur projet d'établissement au Canada : ils se retirent des Etats de l'Est pour fonder l'Ouest Moyen, devenu si prospère dans la suite.
(10 Recherches de lord Dorchester : — en nov. 1786, il nomme un | Comité dans le Conseil, chargé de faire une sérieuse investigation des | causes de la stagnation commerciale et industrielle. — Appel aux né- | gociants des trois districts, et ‘rapport communiqué au gouverneur
(29 mai 1787).
20 Rapport du Comité : — durant 20 ans, le commerce a été limité presque à la seule Angleterre ; — il l’est encore présentement. — Quel- -ques échanges avec les Antilles : rhum, sucre, café, mélasse, épices, produits frappés de droits d'entrée s’ils viennent directement, exemptés en venant par Londres ! — D'ailleurs aux E.-U,. la distillation du rhum | le rend accessible aux plus pauvres : d’où contrebande facile sur une immense frontière sans douaniers. — (Le rhum passait, à l’époque, pour un produit essentiellement indispensable dans la colonie). | 30 Réclamations légitimes : — en conséquence, le Rapport concluait : — au libre passage en Angleterre des marchandises américaines traversant le Canada, à l’entrée libre du blé de l'Ouest, à la vente exclusive ! de la farine aux ports ces Provinces maritimes, au départ direct du Ca- | nada, sans toucher aux escales d'Angleterre, des vaisseaux marchands : de la métropole, commerçant avec la Péninsule hispanique et l’Europe | méridionale : — procédé avantageux aux navigateurs et aux négociants | de la colonie.
10 Instructions militaires : — on les a renforcées, au point que “ seuls
les voiliers de l'Etat ont le monopole du trafic sur les lacs de l'Ouest ” :
—— elles suppriment ainsi toute ingérence américaine, — Les marchands
se pl.ignent souvent de leur asservissement à ce monopole exclusif
du transport de leurs marchandises de troc, à époque et jour fixes. —-
D'ailleurs, le traité de 1783 règlait Le transport aux E.-U. des postes d'Oswego, de Niagara, de Détroit, de Michillimakinac.
20 Arrérages dûs aux Montréalais : —en 1787, le comité observe
avec raison que les négociants de Montréal ont dans l'Ouest des créances
| au montant de 300,000 liv. sterl., la moitié environ auprès des trafi-
3° quants de Cataracoui à Détroit, le reste au compte de ceux de Makinac et au-dessus. — Le remboursement exigeait bien deux années de crédit en plus.
30 Liberté du trafic avec les indigènes : —]a compétition conduit, comme jadis, à la vente à outrance des spiritueux, à la fraude, à la démoralisation, aux discordes. — Alexander Henry, les deux Frobisher, etc., s'associent alors entre eux pour améliorer cet état de choses, et préludent ainsi à la fondation de la Compagnie du Nord-Ouest (1783) : celle-ci traita de l'Ohio au lac Athabaska.
40 Plans de Mac Gill : — l’un des Associés en 1785, James Mac Gill, (1744-1813), Ecossais de Glasgow, frère d'André, membre de l’Assemblée, des Conseils législatif et exécutif, brigadier-général (1812), fondateur de l’Université qui porte son nom, — fait ressortir les avantages de voies fluviales et lacustres pour consolider le trafic de l'Ouest et son débouché sur le Saint-Laurent et l'Atlantique. — Ses prévisions se sont réalisées jusqu'à la construction du Canal Erié (1825), qui fa-
| vorisa aussitôt le trafic par les E.-U.
Trafic
des
pelleteries
{10 Impulsion à donner aux industries —le même Comité de 1787, outre l’idée de libération des restrictions vexatoires, spécifie l’encou- | ragement qu'il importe d’accorder aux diverses industries nationales : chanvre, lin, potasse, blé, farine, seigle et orge à distiller, bois de construction navale, — I] suggère l'érection de magasins publics ou entrepôts de blé, confiés à des commis habiles qui le font nettoyer et classer, soit en vue de la consommation, soit dans un dessein d'exportation. — Simcoe reprend le procédé dans la suite.
20 Chambre de Commerce : — Je Comité fait revivre le projet de | l’incorporation d’une Chambre de Commerce ; — elle serait dotée des pouvoirs d'arbitrage dans les litiges, de règlementation pour le développement du trafic, pour la navigation, pour les assurances. — Cette institution, ainsi conçue ei appliquée, cbviait aux atermoiements des | tribunaux et de l’Assemblée législative, en ce qui concernait les ma- 4° | tières économiques.
| 30 Rapprochement commercial : — les vigoureuses réclames du Comité font relâcher les liens d'exclusion du trafic américain. — En 1787 même, le Conseil de Québec légifère en faveur de l’importation du tabac, de la p-‘asse, par voie du lac Champlain et du Richelieu. — En 1788, nouvelle ordonnance pour les éch: nges par l'intérieur du pays — les | fourrures exceptées. — En 1790, la gueuse du fer est objet d'entrée. | 40 Traité de Jay (19 nov. 1794) : — John Jay (1745-1829), homme : d'Etat et juriste américain, négocie la première convention commer- | ciale entre les E.-U. et la Grande-Bretagne : — évacuation des postes | |
Acheminement
au
PC
libre échsnge
de l’Ouest en territoire de la République ; — libres relations entre les deux peuples, y compris les Indiens ; — libre navigation intérieure, même sur le Mississipi ; — marchandises non prohibées, échangées par ces voies intérieures, soumises à la douane de celles d'Europe ; — nulle
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Les Seigneurs |
{10 Le costume : — il consiste en un simple
| 20 Les mœurs et coutumes :
perceplion douanière sur les objets de trafic des
Indiens eux-mêmes :
le seul port d'entrée est celui de Saint-Jean du Richelieu, où l'on per-
cevra des droits douaniers. -- Des clauses additionnelles autorisent des modifications, après entente préalable. — En 1796, la législature de Québec concède au gouverneur le droit d'altérer les articles avec le :onsentement mutuel des contractants : — loi votée ensuite annuellement jusqu'en 1812.
10 Tenure seigneuriale : — }{ urray se montre favorable au système : — il se fait concéder la seigneurie de ln Malbaie — Murray Bay — et il engage ses officiers à s'en procurer en aval du fleuve ; — quelquesuns achètent de seigneurs retournés en France. — Carleton estime cette haute classe sociale, polie et instruite ; — il respecte l'institution établie, bien qu'il se refuse à créer une noutelle noblesse anglaise, avec privilèges et droits héréditaires.
20 Fonctionnaires : — lord Dorchester plaide à Londres, avec sincérité et émotion, l4 cause des seigneurs canadiens * l'exode des nobles en France a été fort exagéré, — Il leur manifeste par des faveurs sa reconnaissance, — Un groupe de seigneurs, satisfaits du nouveau régime, sollicite et obtient des emplois civils et militaires, — La plupart séjourne dans le domaine seigneurial. — M. de Lanaudière, aide-de-camp du gouverneur, propose au Conseil (1788) de déclarer les seigneurs pro-
priélaires absolus de leurs terres : sa proposition est écartée par tous ses congénères.
30 Fidélité et loyauté : — l'Invasion américaine se heurta à la loyauté
des seigneurs, bien que ceux-ci ne pussent déterminer le peuple à se désister en masse de la neutralité “ Ni la distance des lieux, ni la rigueur de la saison, écrit M. de Gaspé, n'empêchaient les anciens Canadiens, qui avaient leurs entrées au château Saint-Louis à Québec, de s'acquitter de ce devoir : les plus pauvres gentilshommes s’imposaient même des privations pour paraître décemment à la solennité.” — Quelques seigneurs fonctionnaires se montrèrent trop zélés en faveur des Anglais : on les surnomma Les Chouayens, ou déserteurs du nationalisme, par analogie aux transfuges dans l’attaque de Chouaguen (14 août 1756). (F. B. Sulte, Hist.. t. VIII, p. 30.)
surtout qu'ils couvrent, en hiver, d’un capot, retenu Par une ceinture de laine : — Ja tuque rouge
est en usage, mais est remplacée par un casque en pelleterie, — La coiffure cache les oreilles, le cou et même une partie du visage : -— sans compter les mitaines, les manchons, les chaussures appropriées au climat ou mocassins.— L'ensemble se complète par une courte pipe, qui ne quitte presque jamais la bouche.
— les manieres sont aisées et polies ; — le peuple canadien a conservé le caractère francais
: actif, brave, ardent, il est doué d'un bon sens naturel et d’une
forte clarté d’intel-