B. — NOTIONS PRÉLIMINAIRES
lo Les torys et les whigs (1680) : —en 1679, Charles II convoque un second Parlement, qui adopte le célèbre bill d'Habeas corpus : “ Tout individu arrêté doit être élargi ou jugé dans les 24 heures” ; c'est le droit au cautionnement. — En 1680, la nouvelle Chambre vote le Bill d'exclusion du trône du prince catholique Jacques IT, duc d'York. — Ce bill partage le pays en deux partis : l’un admet le principe monarchique d’hérédité, rejette le bill, est qualifié par les adversaires du nom insultant de Torys c'est-à-dire bri-
| gand irlandais catholique ; — l'autre, favorable à l'exclusion, est qualifié par le parti
| adverse du nom de Whigs, c.-à.-d. brigand écossais presbytérien. — Dans la suite, les
| Torys—conservateurs—furent les partisans de l'intervention prépondérante du roi dans le gouvernement ; — les Whigs — libéraux — de la supériorité du Parlement sur le roi. — Ami de Louis XIV, Charles II abjura l’anglicanisme à son lit de mort (1685).
20 Jacques IL (1685-88) : — en février 1685, il succède à son père sans nulle difficulté : il avait 52 ans. — Brave, loyal, franc, mais borné et têtu, il mécontente la nation par un zèle impolitique et imprudent à rétablir le catholicisme. — Les Assises sanglantes de son chancelier Jeffries condamnèrent à mort des centaines de personnes, à la prison des milliers. — Tous les protestants, torys et whigs, font appel à son gendre, Guillaume d'O-
| range, de Hollande.
Jo Révolution de 1688 : — la cause de cet appel fut la naissance de Jacques 111 (1688), futur héritier catholique, fils de la seconde femme du roi. — En octobre, Guillaume débarque avec 16,000 hommes en Angleterre ; — sa devise était : “ Je maintiendrai lu religion protestante et les libertés du royaume *” ! — Jacques 11 s'enfuit en France. — La révolution substitue au principe du droit dirin au trône le principe de la souveraineté nationale : — en 1690, le philosophe Locke écrit son Essai, où il affirme : La communauté peut établir le gouvernement qu'elle veut.
40 Déclaration des Droits (1689) : —le Parlement rédigen une déclaratiou qu'il fit signer à Guillaume et à Marie, son épouse.: — “ Le roi ne peut suspendre l'application des lois ; — ni percevoir un impôt, ni lever une armée en temps de paix, sans le consentement du Parlement. — Les élections, les discussions en Chambre seront libres, — ainsi que tous les cultes protestants. — Réunion fréquente des Chambres. — La justice sera pure et clémente
5o Evènements du règne : — le prince, maladif et faible de corps, mais d'une âme forte, impénétrable et tenace dans ses desseins, conçut, dès sa jeunesse, une haîne sans merci contre Louis XIV : — roi d'Angleterre, il adhère à la Ligue d'Augsbourg (1688-07). — Le roi de France s'efforce de rétablir Jacques IE sur le trône usurpé : celui-ci, débarqué en Irlande, son alliée catholique, avec 13 vaisseaux de troupes, échoue au siège de Londonderry, après quatre mois (1689). — Sur les bords de la rivière Boyne, non loin de Drogheda, le 12 juillet 1690, il subit une défaite que lui infligea le roi Guillaume : les Orangistes célèbrent cet anniversaire dans un esprit sectaire. — Louis XIV prépare aussitôt
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une descente en Angleterre ; rejoindre la flotte de l'amiral rieuse défaite de La Hogue (1 Lagos, où il bat l'amiral Ÿ près de La Haye,
| roi légitime d'An ues II |
ture hautaine, — Aussi, on le vit sé-
"à La Haye: “Il était roi en Hollande et stathouder en
Les Whigs lui reprochaient ses tendances autoritaires ; les Torys
neluipardonnaient point son usurpation:; le haut clergé anglican voyait à regret un pres-
bytérien-luthérien sur le trône. — I] mourut, en 1702, d’une chute de cheval ; — Marie II <
décédée en 1695, ne lui donna aucune postérité, et la couronne Passait à sa sœur, Anne Stuart. :
{ lo Ses antécédents : — fille cadette elle naquit en 1664, et régna du 18 murs 1702 au 10 ao .—Ù elle épousa, en 1683, le prince Georges de Danemark, lui do dont aucun ne lui survécut : avec elle s'éteint la branche régnante des Stuarts. — La bonne reine Anne se montra faible de caractère, bornée d'esprit ; — elle se laissa dominer par sa favorite, Lady Churchill «épouse du populaire général Marlborough. — Celui-ci, le ministre Godol phin et lord Sunderland, ses deux gendres, gouvernent avec les Whigs, jusqu'en 1710. — Elle fit continuer la guerre de la Succession d’Espagne. — “ Depuis 1688, la guerre contre la France
Il° semble être devenue un article de la Constitution ” (Macaulay). 2 Principaux évènements : — à l'extérieur, les vic staedt, Ramillies, Oudenarde, Malplaquet (1709) : Anne Stuart — Réunion, en 1707, de l'Angleterre et de l'Écosse e: un seul Parlement à Westminster, où l'Écosse a 16 pai (1702-14) à la Chambre des Communes.--A l’intérieur, agitat whigs : Bouvernement de Bolingbroke, règne est “ l'âge d'or de Jo Traité d'Utrecht
et tête aux assauts suc-
de ses plus cruels revers,
: c'est la raison
rt de ses colonies : Terre-
Neuve, Hudson, Acadi » et sa sœur Anne meurt désolée de n'avoir pu
lo Maison de Hanovre : —en vertu de l'Acte de succession (1701), Georges Ier de Hanotre, arrière-petit-fils de Jacques ler, Par sa mère Sophie, inaugure la dynastie, qui règne encore de nos jours. — Agé de 54 ans, ce pur Allemand est un prince entêté et violent, cruel et débauché, n'entend Pas un mot d'anglais, ne sait pas un article de ln Constitution qu'il jure d'observer : nt et ennemi de la, France. — Son fils Georges 11 comprendra | amais. — Tous deux restent Electeurs de Hanovre : dignité ur royauté.— Aussi, n'usant que du latin, ils évitent les — l'usage s'établit à In longue que “ Le roi règne et ne gou , rpétué jusqu'à Georges V. 20 8es ministres : i i érité le pouvoir ; — mais pluques II. — Le roi appelle aux H'ai pole ÿ fut longtemps (1714é le Chevalier de Saint-Georges,
aan te: dues m4. M. Le.
III° Georges Ier
IV° Georges II
sont battus (1415) par le duc d’Argyle, et le Prétendant va se cacher à Avignon, en France. — Le ministre, aidé de ses complices, riche propriétaire, inspira aux Anglais l'amour de l’or. — D'accord avec le cardinal Dubois, de concert avec !2 cardinal de Fleury, il est résolument pacifique et conciliant. — Ainsi, il favorise le développement du commerce et de l’industrie naissante : à Bristol, Liverpool, Manchester, Birming-
— Maquignon des consciences, il avoue sans pudeur “ qu’il connaissait le prix de chaque Anglais, parce qu’il n’y en avait point qu'il n’eût marchandé ou corrompu ”. — Pour réduire ses marchés avec les députés, il fait adopter par le Parlement la loi de septennalité, pour la durée de leur mandat. — 11 succomba sous les coups des Patriotes qui, en faveur du commerce, imposèrent la guerre contre l'Espagne (1739) et contre la France (1744).
30 Mort du roi : — époux infidèle, il accusa sa femme, Sophie Dorothée de Zell, d'une passion coupable pour le comte de K ænigsmarck : — il fit tuer le comte et renfermer la reine, durant 32 ans, dans une forteresse. — Il maltraita son fils, dont la popularité l'ombrageait. — Sa fille épousa Frédéric-Guillaume Ier, roi de Prusse. — Il mourut à Osnabruck (1727), en allant visiter son cher électorat. --- À la mort du roi et de Walpole, la Grande-Bretagne est submergée dans l'irréligion, l’ivrognerie, l'immoralité : avec un souverain autre que Louis XV, elle eût couru le risque des pires désastres. — William Pitt la couronna de gloire éclatante.
lo Ses antécédents : — il naquit en 1683, doué d'un tempérament irascible, ennemi de l'effort, d’un caractère étroit, avare quand il monta sur le trône. — Néanmoins, il s'était distingué sous Marlborough (1708) et ne tarda point à se laisser gouverner par ses inclinations.
20 Ses ministres : — il conserva le pouvoir à Robert Walpole, qu'il n’aimait point, et qui gouverna encore quinze ans (1727-42). — En 1739, il adopta, grâce au ministre, la création de la contersion des rentes ou du fonds d'amortissement de la dette publique. — La même année, la guerre est déclarée à l'Espagne, qui ferme ses ports d'Amérique à la contrebande anglaise. — En 1741, ministère de Lord Cartaret et du due de Newcastle, chefs de l'opposition. — Pour la première fois, un ministre quittait le gouvernement pour obéir à la majorité : — et le roi s'écria avec dépit : — “ Ce sont les ministres qui sont rois ! ”” — Engagé dans la guerre, il passe lui-même en Allemagne, où il livre la bataille indécise de Dettingen (1743) ; — mais son fils, le duc de Cumberland, perd la bataille de Fontenoy (1745). — En 1746, ce dernier bat à Culloden (Écosse) la vaillante poignée des Montagnards (Highlanders), qui défendaient la cause de Jacques III : c’est le coup de mort du parti jacobite. — Les Écossais, coupables de fidélité au dernier Stuart, se virent arracher les derniers vestiges de leur nationalité : le système des clans ox: tribus, le port du costume des aïeux, dont les carreaux variés distinguaient les clans : beaucoup vont dès lors s'expatrier en Amérique. — En 1747, la défaite du duc de Cumberland par le maréchal de Saxe, à Laufeld (2 juillet), (village du Limbourg hollandais), amène le roi à signer le traité d'Aiz-la-Chapelle (18 oct. 1748). — Mais bientôt, grâce au ferme caractère de W, Pitt, les armes anglaises triomphent aux Indes et au Canada.
3o William Pitt, lord Chatham (1708-78) : — né à Westminster (15 nov. 1708), entre dans l’armée (1731), au Parlement (1735) dans le parti patriotique opposé à Walpole, devient (1746) trésorier général des troupes de terre et de mer et se signale par son intègre probite. — De 1754 à 1756, son éloquence flagelle l'inefficace politique du duc de Newcastle, le rend populaire, le fait nommer Secrétaire d’État à la guerre. — Il enflamme le peuple contre la France, affirme que “ seul il peut sauver le pays ” ; “ Soyez un peuple, oubliez tout, excepté l'intérêt public.” — Du 29 juin au 5 oct. 1761, il dévoue toutes ses énergies aux armements contre la France par les expéditions maritimes : il est l'âme de la Guerre de Sept Ans et en mérite les succès. — Il a pour rival Henry For, en politique et en éloquence. — En 1766, il revient au ministère, avec le titre de comte de Chatham, et en est le chef (15 oct. 1768) : l'esprit fatigué, il dut se tenir à l'écart, bien qu’en 1770 il se montrât hostile à la politique de lord North.— Le 5 avril 1778, en prononçant un discours cotre l'Indépendance américaine, il tombe sans conuaissancc
et meurt le {1 mai suivant. — Les fils de Pitt et de Fox perpétuent leur rivalité sous le règne de Georges III. — Le roi meurt subitement (1760), laissant l'Angleterre victorieuse, maîtresse des mers, agrandie dans ses colonies, mais lasse des sacrifices de ses guerres : — il avait fondé le British Museum.
lo Son caractère : — né en 1738, il ét. fils de Frédéric, prince de Galles, lequel mourut en 1750. — Ce jeune pri::2. #!-vé par sa mère et Lord Bute, se montra pieux, doux, économe, chaste, mais faible d'esprit. — Il fut le premier roi vraiment anglais de sa dynastie. — Son precepteur tourna ses préférences vers les torys ; et le roi congédia le ministère Pitt (1761). Il aspire à ressaisir ses prérogatives royales. — En 1770, il y parvient et mène les ministères, dociles à ses volontés.
20 Ses ministres : —en 1761, ministère de John Stewart, IIIè duc de Bute (1713- 92), son favori et son commensal, qui perd sa popularité à la signature du traité de Paris ; — en 1763, ministère de lord Grenrille : — en 1765, ministère de lord Rockingham ; — en 1766, ministère de lord Chatham ; — en 1770, ministère de lord North, duc de Guilford (1732-92), qui gouverne avec le roi : il amène la guerre de l'Indépendance par l'augmentation des impôts aux États-Unis ; il se retire devant les revers multi-
V° pliés sur terre et sur mer : — en 1782, second ministère de Rockhingam et ministère de lord Shellburne , — en 1783, ministère de Charles Fox, qui propose un règlement des
Georges III affaires des Indes, attentatoires aux droits de la Couronne ; — en 1784, ministère de William Pitt, fils de lord Chatham (1759-1806), âgé de 25 ans, qui fomente la coalition contre la France.
(1760-1800) 3o Le gouvernement parlementaire : — la Chambre des Communes devient prépondérante : ses décisions à peu près souveraines, en matière financière ; — dans les questions graves, son vote maintient ou renvoie les ministres. — Eloquence parlementaire remarquable : les orateurs sont les ‘deux Pitt et Fox, Burke (1728-97), Sheridan (1751-1816), l'accusateur de Warren Hastings, gouverneur des Indes.
40 Les Partis et la presse : — le Parlement se compose de deux partis, les whigs ou libéraux, amis de la paix, de la liberté, de l'égalité, représentant les intérêts de la bourgeoisie industrielle, commerciale, des ouvriers et du peuple ; — les fories ou conservaleurs, ennemis des réformes et de l'étranger, incarnent l'aristocratie territoriale. Le respect des deux partis est inaltérable envers la Constitution et la dynastie régnante : leurs débats ne concernent que la direction politique à imposer au pouvoir exécutif. — A cette époque, les clubs, les meetings, les journaux, les pamphlets agitent l'opinion pu-
{ blique. — Le député de Londres Wilkes obtient, en 1774, la liberté de /a Presse.