‹ Tableaux synoptiques de l'histoire du Canada [microforme]Chapitre 7 sur 48 · L'ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

L'ADMINISTRATION

{10 Famille : — les origines de la famille de Rigaud — auj. commune

de 450 âmes, dans les Alpes-Maritimes (ancien comté de Nice) — remontent au moyen-âge (879). — Alliée à la maison de Vaudreuil — Vaudreuille, auj. bourg de 212 hab., en Haute-Garonne (Languedoc), — elle se divisa en deux branches : l’une s'éteint en 1558, l’autre s’est perpétuée jusqu’à nos jours.

20 Antécédents : — son père, Jean-Louis, baron de Saint-Cornette, épousa Marie de Château-Verdun — auj. localité de 147 âmes, dans l'Ariège, — qui lui donna six filles et trois garçons. — L'une d'elles se maria à Adhémar de Lantagnac, qui se distingua au Canada. — Au décès de son père (1659), Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil, né en 1641, prit du service dans le corps des mousquetaires. — En 1676, il devenait bri ‘er et colonel. — En 1687, il est promu commandant d’un détache « de 800 hommes de la marine, destiné au Canada.—Il s’embarqua à bord de l’escadre de l'amiral d’Amblimont, qui franchit l’océan en 27 jours.

30 Premières campagnes : — le 4 juin 1687, il est à l’tle Sainte-Hélène, où M. de Denonville concentre ses troupes. — Le ler juillet, 2,000 guerriers sont rejoints à Cataracoui par 1,000 combattants des pays d'en haut. — Marche contre les Tsonnontouans. — M. de Vaudreuil n'eut pas l’occasion de donner avec ses effectifs, revint par Niagara aux quartiers d'hiver de Villemarie, — En 1688, il y est nommé commandant de place, — L'année suivante, il y créa une compagnie de 100 hommes, Les mousquetaires, qui défendent l’île, après le massacre de Lachine (5 août). — Au départ du marquis de Denonville, il est gouverneur intérimaire. — Le 15 oct. 1690, il contribue à la défense de Québec, attaqué par Phipps. — Le 8 novembre,

il y épouse Louise-Elisabeth Joybert de Marson et de Soulanges. —

| En 1691, il est au fort de Repentigny à la tête de 70 miliciens et de

40 sauvages ; puis aux Trois-Rivières. — En 1694, il commande un

Philippe de gros détachement qu'il doit diriger contre Boston, mais il relâche

à Sorel. — Promu capitaine de vaisseau, en 1695, il est décoré de la

Rigaud croix de l’Ordre de Saint-Louis. — Le ministre, le 21 avril 1697, lui

assigne le bremier rang après M. de Frontenac. — Néanmoins, en

nov. 1698, c’est M. de Callières qui succède au gouverneur défunt.

— Le 20 avril 1699, le roi l’appelle au poste de gouverneur de Montréal (1699-1703).

40 Son caractère, ses talents : — ‘’ Son activité, sa bonne mine, ses

marquis de | . .

14è gouverneur | manières nobles et aimables... le rendaient très propre à occuper

Vaudreuil,

un poste si élevé... Les évènements heureux de son gouvernement sont le fruit de sa vigilance, de sa fermeté, de sa bonne conduite. . .” (Charlevoix).— “ C’est avec justice que nous avons pleuré sa mort... Sous sa vigilante administration, le Canada a joui d’une prospérité jusque-là inconnue. Pendant 22 ans — il est mort le 10 oct. 1725, à l’âge de 84 ans — le cultivateur, le commerçant, le militaire n’ont eu également qu’à bénir son nom.” (Les Ursulines). — “ M. de Vaudreuil était connu et aimé de tous les Canadiens.” (Ferland). — “Il gouverna le pays avec sagesse et avec l’approbation du peuple, dont il fut sincèrement regretté.” (Garneau). — “ Distingué, actif et prévoyant, organisateur intelligent, il joignait à ces qualités une réelle valeur militaire, beaucoup d'expérience, une connaissance parfaite des affaires de la colonie. Aimé et redouté des sauvages, populaire parmi les soldats, il possédait l'estime et la confiance de la population. On reconnaissait en lui un administrateur et un général.” (Rochemonteix).

50 Ses descendants : — il eut 12 enfants, dont plusieurs meurent au berceau. — 1o Louis Philippe, comte de Vaudreuil, épousa (22 déc. 1723) Elisabeth Le Moyne, fille de Joseph de Sérigny ; — entré au service en 1698, il est capitaine de vaisseau en 1738, chef d’escadre en 1748, devient lieutenant général des armées navales, meurt en laissant 3 enfants (27 nov. 1763). — 20 Pierre-Antoine, baron de Vaudreuil, né le 30 mars 1693, devint colonel d'infanterie, périt au siège de Prague (5 sept. 1742). — 30 Jean de Rigaud, vicomte de Vaudreuil, né en 1695, épousa en 1759, Louise-Térèse de Fleurigny, parvint aussi aux grades les plus élevés dans l’armée. — 40 François-Pierre, marquis de Rigaud, né en 1703, épousa (1733) Louise-Térèse-Henriette de la Gorgendière, lieutenant (1724), chevalier de St-Louis (1738), vassa en France, après la conquête. — 50 Joseph-Hyacinthe de Vaudreuil, le plus jeune, naquit à Québec le 26 juin 1706 : il eut une brillante carrière aux Antilles. — 60 Pierre de Rigaud, marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Louisiane et dernier du Canada, le cinquième des enfants, né le 22 nov. 1698...

II° François de Beauharnais

7è intendant

10 Origine familiale : — ]a famille des Beauharnais était originaire

de l’Orléanais, illustre dans la magistrature et l’armée. — Guillaume, seigneur de Miramion et de La Chaussée, épousa Marguerite de Bourges (20 janvier 1390). — Leur fils aîné paraît comme témoin au procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc (1455). — Aignan de Beauharnaïs se maria à Marguerite de Choisy, et leur fils à Marie de Rudelles (1645). — Anne, sœur d’Aignan, devint en 1605 l'épouse de Paul Phélippeaux, seigneur de Pontchartrain. — François, père de l'intendant, chevalier, seigneur de la Boische, de la Chaussée, de Beaumont, de Beauville, épousa (1644) Marguerite Françoise Pyvart de

Chastullé, qui lui donna neuf enfants, dont plusieurs se signalèrent au Canada.

20 Frères de l’intendant : — 1. Claude, sieur de Beaumont, en 1703

commandait la Seine ; en 1729, devenu capitaine, obtint la seigneurie de Beauharnois ; en 1740, chevalier de St-Louis. — Son fils Claude, enseigne en pied (1739), commandant d'artillerie (1745), est à Détroit en 1747 sous le nom de chevalier de Beauharnais. — François, l'aîné de Claude, né en 1724, marquis de la Ferté-Beauharnais, devint gouverneur de la Martinique, eut trois enfants, dont le plus jeune était Alexandre-François: vicomte de Beauharnais. — Celui-ci, né en 1760, épousa (23 déc. 1779) Marie-Joséphine-Rose Tascher de la Pagerie, âgée de 17 ans, qui lui donne deux enfants, Eugène et Hortense : — divorce en 1783, réconciliation en 1788, décapitation du vicomte (21 juillet 1794), — mariage de Joséphine avec le général Bonaparte (1796). 2. Guillaume, chevalier de Beauville, servit 40 années dans la marine, mourut à Saint-Domingue, en 1741. — 3. Jeanne-Elisabeth épousa Michel Bégon, l’intendant du Canada.

30 Son œuvre (1702-06) : — François, né en 1665, chevalier, baron

de Beauville — auj. canton de 913 âmes, Lot-et-Garonne (Guyenne),— seigneur de La Chaussée, conseiller du roi, intendant des armées navales, est nommé, le er avril 1702, intendant de la Nouvelle-France. — Le 29 août, il débarque à Québec et se livre tout entier à l’accomplissement de sa tâche. — Maintien de l'alliance avec les tribus, amnistie et retour des coureurs de bois, répression de la fraude et du troc à Détroit, à Montréal, organisation de la pêche des marsouins, tracé du canal de Lachine, des routes longeant le fleuve, du cadastre des concessions en Acadie ; — équipement des corps expéditionnaires, essor de l'industrie textile, ravitaillement des postes les plus éloignés, exploitation des forêts pour le bois de mâture et d'équarrissage ; — attentif et zélé envers le clergé, les missionnaires, les communautés hospitalières et enseignantes, concorde et entente parfaite avec le gouverneur et le Conseil supérieur. — telle est son œuvre, qui révèle ses éminentes qualités.

40 Dernières années : — en 1704, le ministre lui notifie son rappel,

en le nommant à l’intendance générale de la marine ; — mais il exerça ses fonctions jusqu’au départ des derniers vaisseaux, en 1705. — Le

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