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L INSOLENT

francs, soit dix-sept. Ce soir, Monsieur le comte a été plus réservé, aussi n'en a-l-il que pour quatorze francs.

Le comte. — Cela fait beaucoup d'argent à la fin du mois !

RicuARD. — Je n'ai accepté ce contrat que parce que j'ai deux enfants, mais je vois bien que mes collègues me méprisent. Je leur dis : « Monsieur le comte est si bon garçon que je lui passe tout ! » Cela n'empêche pas qu'on se moque de moi. Aussi je suis prêta résilier.

Le COMTE. — Non, non, voici ton argent. Si je changeais de ton, je perdrais tout mon prestige !

RicnARD. — Je préviens d'ailleurs Monsieur le comte que, s'il renonçait à notre traité, au premier mot qui lui échapperait, j'aurais le regret de lui flanquer une paire de gifles !

LA CArSSE DES BAISERS

A Londres, dans Somerset-House, où sont conservées les archives anglaises, on montre aux curieux, pour la modeste somme d'un shilling, le tableau complet des nuits d'amour conjugal de la reine Victoria avec le prix de revient de chaque baiser. Les souverains n'ont pas d'alcôve ; ils aiment en vertu de la Constitution et selon l'e'tiquette. Leur intimité appartient à l'histoire. Les feuilles officielles annoncent la grossesse des reines, qui accouchent devant témoins, ambassadeurs et hauts fonctionnaires désignés par le protocole.

Quand le prince Albert devait passer la nuit chez la reine son épouse, la décision en était signifiée avant le dîner à la grande-maîtresse des robes par la reine et à un chambellan de service par l'époux.

Des ordres étaient donnés au personnel des appartements. Vers huit heures, le chambellan se présentait chez la souveraine et remettait à la grande-maîtresse une petite valise contenant le linge de nuit, chemise, bonnet de soie, caleçon, mouchoirs, plus un bon représentant la valeur d'un citron, d'une bouteille de soda et de quelques morceaux de sucre pour la limonade que le prince consort avait coutume de boire la nuit. Au matin, la grande-maîtresse faisait retourner la valise et présenter le bon au trésorier du mari qui l'acquittait.

Ce sont ces comptes de limonade que l'Etat conserve à Somerset- House.

L'histoire y relèvera quelque jour qu'en 1840, première année du mariage, il n'en coûta que cinquanle-deux citrons, un par semaine, pour perpétuer en Angleterre la dynastie de la maison de Hanovre. Celle lésincrie aboutit à la naissance d'une fille qui devait plus tard épouser le prince royal de Prusse et ne régner que cinq mois sur l'Empire allemaud. L'année suivante voit doubler le nombre des limonades ; résultat : le prince de Galles. Le chambellan avait délivré plusieurs fois des bons de deux citrons pour une seule nuit.

Le prince d'Edimbourg a nécessité une dépense de trente-deux francs de limonade. Douze citrons ont suffi pour le duc d'Albany qui naquit avec une seule peau et mourut de froid à Cannes, au

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