‹ Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane, ecclésiastique et civile (volume 2)Chapitre 2 sur 270 · PRÉLIMINAIRE. III · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE. III

» juste jugement de la postérité et dissiper le nuage » épais que forme autour d'eux le vain fantôme de » leur grandeur et l'enivrement de leur fortune ?

» Elle ne peut leur rendre ces services si impory> tans et si nécessaires que par le secours de l'his- » toire 9 qui seule est en possession de leur parler avec » liberté et qui .porte ce droit jusqu'à juger souve-

» rainement des actions des rois mêmes C'est

» l'histoire qui imprime aux actions véritablement belles » le sceau de l'immortalité et qui flétrit les vices d'une » . note d'infamie que tous les siècles ne peuvent effacer j » c'est par elle que le mérite méconnu pour un temps » et la vertu opprimée, appellent au tribunal incor- » ruptibîe de la postérité , qui leur rend avec dcdcm- » magement la justice que leur siècle leur a quelquer » fois refusée, et qui sans respect pour les personnes » et sans crainte d'un pouvoir qui n'est plus , condamne » avec une sévérité inexorable l'abus, injuste de l'au- » torité. • . . L'histoire est une école de morale pour D tous les hommes. Elle décrie les vices , elle démasque » les fausses, vertus v elle détrompe des erreurs et des » préjugés populaires , elle dissipe le prestige enchan- » teur des richesses et de tout ce vain éclat qui éblouit » les hommes ,,et. démontre par mille exemples plus ». persuasifs que tous les raisonnemens , qu'il n'y a 3> de grand et de louable que l'honneur et la probité. » De l'estime et de l'admiration que, les plus corroni- » pus ne peuvent refuser aux grandes et belles actions » qu'elle leur présente , .elle fait conclure que la vertu » est doi;c le véritable bien de l'homme , et qu'elle

iy Discours

» seule le rend véritablement grand et estimable } elle » apprend à respecter cette vertu et à en démêle/ » la beauté et i'éclat à travers les voiles de la pau- » vreté, de l'adversité, de Tobscunté, et même quel x> quefois du décri et de l'infamie j comme au contraire » elle n'inspire que du mépris et de l'horreur pour ie » crime, fut-il revêtu de pourpre, tout brillant de » lumière et placé sur le trône. »

On peut dire en général que l'histoire. "est particulièrement utile aux souverains et aux magistrats qui sont à la tête des nations ; c'est à eux qu'elle fournit Jes plus importantes leçons, car c'est d'eux plus que du commun des hommes dont elle s'occupe habituellement ; elle est encore dune utilité particulière aux personnes qui se vouent à de certaines branches des arts et des sciences } elle leur en fait connoître l'origine et la marche, et leur indique souvent par ce moyen la route à suivre pour y faire de nouveaux progrès ; elle leur enseigne des détails historiques dont la connaissance leur est utile et quelquefois même nécessaire. Mais, si l'histoire a quelques objets particuliers d'utilité , elle est d'un grand intérêt pour tous les hommes.

Les faits dont elle s*occupe , sont curieux par euxmêmes. , et présentent de continuels rapprochemens avec les événemens qui se passent sous nos yeux , ou au moins de nos jours ; en montrant les peuples dans tous les degrés qu'ils ont parcourus pour s'élever depuis l'état sauvage jusqu'à la civilisation , elle donne occasion ^'étudier avec soin leurs moeurs 5 leurs coutumes , lem

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