MENDICITÉ
Vestibnlum «1116 ipsum , prunisi{u« in fancibus orci , Luetofl •€ Uitrices posuire cubilia cnra ; FallenleaquB habitant Morbi , IristMque Senactus ; EtMetu* , et malÀ •oadaFaincii » ac turpiM^Mfesla^,
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D«Tant le -vestibule aux portes du tartare , Habilenl les Remords et la Vieillesse avare ; La pAle Maladie et la Crainte et la Faim , Kt û Btendicit^, qui toujours tend la main.
Ce n'est pas sans motif que Vii^ile a placé dans le vestibule des enfers la mendicité à coté des fléaux qui tourmentent Fespèce humaine ; ce n'est pas sans motif qu'Homère l'a si bien flétrie dans le personnage d'Irus. H est impossible de ne pas être frappé des vues profondes de ces deux poètes philosophes , en promenant des regards explorateurs sur la ville de Naples, qui est comme lequartier-général de la mendicité. Cette lèpre^
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lorsqu'elle ne s'attache qu'aux derniers individus de la société , accuse et Tincurie du gouvernement efFégoïsme national, et le degré d'avilissement ou de misère des citoyens. Mais lorsque cette maladie envahit le milieu de la population , lorsqu'elle s'identifie, pour ainsi dire, avec les arts industriels et avec les plus nobles professions, elle devient un des thermomètres les plus sûrs de la dégradatioA politique. »
A Naples , tout le monde tend la main :
entrez dans une église pour en examiner la stiucture ou les tableaux, à l'instant s'élancent de la sacristie , des confessionnaux , de tous les coins et de tous les trous , des portesoutanes qui, des yeux, du geste et de la voix sollicitent l'auniône. Aujourd'hui )'ai été visiter l'église S*-Paul , bâtie sur les. ruines du temple de Castor et Pollux; à peine étais-je entré , qu'une espèce de sacristain , vêtu de crasse*, usurpe près de moi les fonctions de Cicérone ; |e le laisse faire , )e l'é-
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conte ou non , comme il me convient ; un second animal de la même espèce se joint à lui , puis un troisième ; escorté de ce briUant cortège , j'achève mon examen , je leur distribue la honna mano et je sors ^ je franchis la grande porte , je suis atteint sur le perron par des diacres , des sous-diacres , des enfans de chœur accourus en surplis sur mes pas et demandant /a nda buona grazia^ c'est-à-dire la^«harité. Je leur fais observer que je me suis déjà acquitte de ce devoir : nouvelles instances de leur part ; alors je prends les airs du métier, j'appelle Boileau à mon secours , et de mes doigts saintement allongés^ je leur donne ma bénédiction , qui les a mis en fuite comme les chantres du Lutrin.
Souriez , en vous promenant, à un homme du peuple dont la physionomie est plaisamment grotesque ; il démonte à l'instant son visage et interpelle votre bourse. Un paysan sur son âne passe près de moi dans la grotte de Pausilippe ; les voûtes retentissent de ses
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joyeux acoens , je Itfi adresse quelques parolesr flatteuses sur son harmonie, il interrompt sa chanson et prend le ton lamentable d'unquéteur. ÂUez-vous au spectacle , le buraliste à qui vous payez votre billet vous demande la diarité. Est-ce une représentation à bénéfice , vous trouvez Tactrice vêtue de ses habits de reine , et , toute flamboyante de faux brillans, assise entre deux bougies devant la porte d'entrée, tenant à la main un plat d'argent sur lequel sont éparses quelques pièces. Si le plat d'argent, si sa figure coloriée conune un tableau ne vous touchent pas , elle vous sourit, et vous ne pouvez payer ce sourire moins de cinquante centimes, c'est le pW * juste prix.
Si vous demandez l'indication d'une rue, ou quelqu'autre information, prenez la fuite aussitôt la réponse , sinon l'individu interrogé vous réclamera le salaire de son obligeance ; tournez la tête lorsque vous êtes éloigné de cinquante pas^ et vous voyez votre persûi>-
nage, le oou tendu , dans uneattitude piteuse et famélique.
Un homme très-bien vêtu , étalant un vastejabot, ayant par précaution, car il ne pleut pas , un parapluie neuf à la main , m'accoste en plein jour au milieu de la rue de Tolède; j*en veux à ma mémoire de ne pas le'reoonnaitoe , je le salue profondément , je lui fais mes. «cuses d'ignorer son nom , je crains qu'il ne me taxe d'étourderie , il a tout l'aie d'un personnage distingué , sa figure ne m'est pas étrangère , je soupçonne l'avoir vu à l'académie des nobles*^ c'est un mendiant*
Cllomme si ce n'était pas assez de trouver dans ce pays la mendicité sous Thabit bourgeois, en costume Aéâtral, en costume ecdénastique, il faut encore la rencontrer vêtue de l'uniforme militaire. Qui le croirait? la sentinelle, l'arme au bras gauche , tend vers vous le bras, droit pour obtenir quelquea^ centimes de votre pitié ou de votre mépris^ peu lui importe. >
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£$t<9e avee un bras ainsi prostitué qu'elle repoussera les armées étrangères? qu'elle défendra le nouveau pacte constitutîcmnel? J'ai assisté au Oiamp-de^Mars à une grande revue des troupes napolitaines : par leur marche irréguUère , leur tenue molle et efféminée , par leur défaut d'ensemble et de précision dans le maniement des armes et les manœuvres , elles avaient l'air de quêter la liberté et de mendier la glc»re.
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