‹ Tablettes napolitainesChapitre 28 sur 37 · RAPSODES · texte numérisé non relu

RAPSODES

J'aperçois une réunion nombreuse en ligne circulaire , ouvrant toutes ses oreilles à la voix d'un portefaix lettré, qui récite des passages de l'Arioste et du Tasse. Les cous sont allongés par l'attention; le plaisir épanouit les visages; c'est ainsi qu'en débitant des fragmens d'Homère, les rapsodes enchantaient les viUes de la Grèce. Peu à peu le capucin perd son auditoire, qui, se rapprochant du rapsode napolitain , préfère Rodomont à S*-Pierre , et Clorinde à la chaste Suzanne. Bientôt le moine désappointé est obligé de se retirer pour ne pas prêcher absolument dans le désert.

Touché de sa déconvenue, je lui adresse quelques paroles consolantes et flatteuses; mais je m'aperçois qu'il ignore les vrais prin-

l8l LE JDDI DE BORL.

cipet de la capudnerie : c'eit un niais du métier, un capucin sans chaHatanisme , enfin un moine à montrer au doigt. Dieu le conduise ! il n'ira pas loin.

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