CHAISE ROYALE
D« Ici (le grand Lama) tout eut sacré, de lui rien est immonde. Rots , princes , potentats, dominateurs du moode. Attendes que du jour l'astre majestueux Sèche de kb rajrons purs et respectueux Le rebut adoré des festins qn'il consomme, Qui trahit dans un dieu les vils Lesoins de l'homme : VoiU -vos ornemons ,.vos colliers, vos bijoux. Et Fexcrément divin vous enorgueillit tous. «
DBI.n.l>B, Imagination.
Je me promenais hier soir devant le palais du roi avec un jeune napolitain qui veut faire oublier son origine en disant beaucoup de mal de sa patrie : des soldats et un officier, escortant un grand fauteuil vide, entouré de flambeaux, attirèrent mon attention.
« Qu'est-ce? m *écriai-je, — Comment, vous Tignorez? répondit mon compagnon ; à quoi bon observer avec tant de détails nos mœurs et nos usages , si cette intéressante cérémonie
aoa CHAISE
qui se renouvelle sans cesse a échappé à votre inquisition? Ce qui frappe vos regards est digne d*être raconté aux races futures ; c'est le mot de l'énigme politique de ce beau pays, c'est le prototype de ses institutions , c'est la quintessence de sa civilisation. — C'est assez éperonner ma curiosité, expliquez -vous. — Devinez. — Eh bien! c'est le fauteuil sur lequel était assis le duc d'Anjou, frère de S* -Louis, lorsqu'il fit décapiter Con radin. — Vous n'en approchez pas, ce siège est plus pacifique. — Je comprends; il a servi à S*- Janvier, lorsqu'il arrêta les laves du Vésuve : cette montagne étant aujourd'hui en éruption , on promène cette relique pour prier le saint de ùe pas différer d'arrêter les ravages volcaniques, jusqu'à ce qu'ils aient atteint le pont de la Magdelaine. Arrêtez , dit le Napolitain, le Sphinx vous aurait dévoré. Aucun thaumaturge ne s'est assis dans ce fauteuil; c'est la chaise.... indispensable du roi des Deux-Siciles. Toutes les fois qu'il
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va au spectacle , un détachement armé de sa fidèle garde , transfère ce meuble dans sa loge , âna que sa majesté s'en serve selon son bon plaisir et son bon besoin.
Quelques novateurs, esprits remuans, ont réclamé contre cette coutume ; leurs raisons étaient assez plausibles , ce qui a donné lieu à une polémique savante. On a écrit des volumes, enfin la victoire est restée aux honnêtes gens, qui se décorent du beau titre de conservateurs.
Après les investigations les plus scrupuleuses, ils ont prouvé que Tusage en question se perd dans la nuit des temps ; qu'il est né avec la monarchie, et que partant il est de droit divin. — En voilà assez, repris-je, je n'aime pas les mauvaises plaisanteries; je ne vous crois pas. — Demandez donc à tout Israël. »
Je le quitte à l'instant, j'interroge une douzaine de personnes : unanimité dans les réponses; plus de doute : ce fauteuil est le Xxoue perce'