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de Ferdinand IV. Je le confesse : malgré mes sentimens monarchiques , malgré mon admiration pour cet illustre monarque^, malgré mom heureuse disposition native à bannir tout examen loin du sanctuaire de Tautel et du trône , je ne pus me défendre de trouver étrange qu'on assimilât un prince catholique au grand Lama. N'est-ce pas pousser trop loin l'amour des reliques? ne dégrade-t-on pas les soldats de la couronne en leur faisant porter les armes devant une 'garde-robe ambulante? L'officier qui , l'épée nue à la main, conduit ce singulier trophée , comment repousserast-il l'agression étrangère, comment défendra-t-il sa patrie et son souverain ? Et le peuple qui salue ce fauteuil, qui ne saluera-t-il pas? Y aurait-il un défi entre le roi et ses sujets, sur la questioi^^ie savoir s'il poussera plus loin le mépris , qu'eux l'avilissement?
£h quoi ! une constitution généreuse enflamme les orateurs du parlement, et tâche
R OT A L E. !ÉOS
de relever les Napolitains au niveau de la dignité humaine. Aujourd'hui, même j'ai vu leur roi , la main étendue sur les saints évangiles, jurer d*être fidèle au nouveau pacte social ; je l'ai entendu appeler sur le parjure toutes les vengeances du ciel et de la terre , et c'est aujourd'hui qu'il permet encore et que la nation tolère encore l'usage ignominieux que je viens de signaler !
« Que de chaleur de beaux sentimens exhalée en pure perte ! me dit froidement un misanthrope ; pour moi , je trouve que les rois traitent leiu*s sujets avec trop de bonté, trop d'égards. Voilà pourquoi Louis XIV est le souverain selon mon cœur ; j'aime à le voir, environné d'une foule de concubines et de bâtards, méditant sans cesse de nouveaux adultères; déshonorer royalement les premières familles de son royaume , et jeter en prison les maris ■ qui osaient prendre le deuil
• ' Le marquis deMontespan, par exemple.
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de la vertu de leurs femmes. J*aime à voir œ grand roi , au sortir des bras de ses maîtresses, tomber aux genoux de ses confesseurs , ordonner Tinoendie du Palatinat, les dragonnades , révoquer Tédit de Nantes et les libertés de Téglise gallicane ; j'aime à le voir, changeant la crosse de Bossuet en caducée , charger cet orateur funèbre d'un billet amoureux pour M™* de Montespan , etc. , etc. .
Voilà ce qui s'appelle régner ; car enfin , qu'est-ce qu'un roi, sinon un grand consommateur ; et vous êtes surpris de la coutume napolitaine, laquelle va au-devant des* résultats de cette consommation! Sachez que cet usage est sanctifié par notre saint père le pape; lorsque ce vicaire de Jésus -Christ déploie toute la pompe de sa maison militaire, on aperçoit dans le cortège , brillant d'or et de diamans, qui l'environne, un officier à cheval , ayant aux arçons de sa selle deux espèces de timballes couvertes d'un beau drap violet. Cet oiScier est un maître de la gar-
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de-robe pontificale; les timballes sont.... Son infaillibilité s'en sert quand sa digestibilité en a besoin.
Tout cela est dans Tordre et parfaitement ortodoxe , et il ne serait pas juste de refuser au saint père les prérogatives du grand Lama, dont Delille a dit :
De lui tout est sacre', de lui rien n'est immonde.
— A ce raisonnement , appuyé à la fois sur le trône et l'autel, je n'ai rien à répliquer. »
Je terminerai ici le cours de mes observations sur les mœurs napolitaines : le lecteur a dû souvent s'apercevoir qu'elles sont comme le complément des mœurs de Rome.
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